Le Paraguay destitue son président après une crise bancaire
R Galaxie Rédaction · 7 novembre 2026 à 12:01 · 2 min de lecture
Santiago Peña, président du Paraguay depuis 2023, a été démis de ses fonctions par le Sénat pour sa responsabilité dans une crise financière majeure. Son vice-président, Pedro Alliana, lui succède. Les conséquences pour les épargnants et l’économie restent incertaines.
Une procédure constitutionnelle rare en Amérique latine
La destitution de Santiago Peña par le Sénat paraguayen s’inscrit dans un cadre juridique strict, défini par la Constitution de 1992. Selon l’article 224, le président peut être mis en accusation pour « mauvaise gestion » ou « violation des devoirs constitutionnels », à l’initiative de la Chambre des députés. Le Sénat, en tant que juridiction politique, statue ensuite à la majorité absolue. Dans le cas de Peña, la décision unanime des 44 sénateurs présents, sur 45, marque une rupture avec les procédures habituellement plus clivées. Aucun président paraguayen n’avait été destitué depuis 1989, date à laquelle le général Andrés Rodríguez fut renversé après un coup d’État militaire. Cette fois, la légalité du processus est incontestée, mais son opportunité politique divise.
Qui paiera les conséquences de la crise bancaire ?
Les épargnants et les petits déposants ont été les premiers touchés, avec des retraits bloqués ou des pertes partielles sur certains comptes. Cependant, les détails précis des pertes individuelles et des mécanismes de compensation restent flous. Les associations de consommateurs dénoncent un manque de transparence sur les montants exacts versés aux victimes, tandis que le gouvernement assure que les procédures de remboursement se poursuivent.
Un successeur sans majorité claire
Pedro Alliana, vice-président depuis 2023, succède à Peña sans avoir été élu directement. Son profil, moins médiatisé que celui de son prédécesseur, pourrait compliquer la gouvernance dans un contexte de méfiance envers les institutions. Le nouveau président hérite d’un Parlement fragmenté : aucun parti ne détient de majorité absolue, et les alliances entre les groupes politiques sont précaires. Alliana devra rapidement arbitrer entre les demandes de réformes économiques, portées par les secteurs libéraux, et les revendications sociales, amplifiées par la crise bancaire. Son premier défi sera de relancer la confiance dans le système financier, sans pour autant s’engager dans des mesures qui aggraveraient la dette publique, déjà élevée.
Quelles leçons pour les autres pays d’Amérique du Sud ?
Le cas paraguayen interroge sur la résilience des systèmes politiques et financiers en Amérique latine, région où les crises bancaires et les coups de force institutionnels ne sont pas rares. En 2001, l’Argentine avait connu un défaut de paiement suivi d’une récession brutale, tandis qu’en 2019, le Venezuela avait vu son système bancaire s’effondrer sous le poids de l’hyperinflation. La destitution de Peña pourrait servir d’avertissement : dans un contexte de mondialisation des flux financiers, la responsabilité des chefs d’État en cas de crise systémique est de plus en plus scrutée. Cependant, les mécanismes de protection des épargnants restent inégaux. D’autres pays, comme le Brésil ou le Chili, ont des systèmes plus protecteurs, mais leur application dépend souvent de la stabilité politique.
Que peuvent faire les épargnants et les citoyens concernés ?
À l’international, les ressortissants étrangers peuvent contacter leur ambassade pour obtenir une assistance juridique.
Photo : Jan Pešula User:Sapfan, CC BY-SA 2.5, via Openverse.
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