90 utilisateurs d’OpenAI exposés sans explication.

OpenAI reconnaît une nouvelle faille critique : ses outils ont exposé des photos envoyées par des utilisateurs. Mais les détails manquent, et les questions s’accumulent. Voici ce qu’on sait, et surtout ce qu’on ignore encore.

Publié le 26 septembre 2026 à 14:02
90 utilisateurs d’OpenAI exposés sans explication.

Un chiffre qui pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses

  1. C’est le nombre d’images d’utilisateurs fuitées, selon OpenAI. Un chiffre qui sonne faible, presque anecdotique. Sauf que personne ne sait d’où il sort. Est-ce un décompte précis, une estimation, ou un simple arrondi ? OpenAI ne précise pas. Pire : l’entreprise ne dit pas non plus combien de temps ces images ont traîné en ligne, ni qui a pu les voir. Juste une phrase lapidaire : « Nous avons identifié et supprimé ces images. » Comme si c’était suffisant.

Pourtant, la question qui tue reste entière : comment des photos privées envoyées à ChatGPT ont-elles pu se retrouver exposées ? OpenAI évoque une « erreur dans notre système », mais sans entrer dans les détails techniques. Or, ce n’est pas la première fois que l’IA de Microsoft expose des données sensibles. En 2023, des utilisateurs avaient découvert que leurs conversations, y compris celles marquées « sensibles », resurgissaient dans les réponses de l’outil. À chaque fois, la réponse d’OpenAI ? « On corrige. » Sans expliquer.

Le vrai problème, c’est qu’on ne sait toujours pas comment ça marche.

ChatGPT et ses cousins utilisent des modèles d’IA entraînés sur des montagnes de données. Pour fonctionner, ils ont besoin d’ingérer des images, des textes, des conversations. Mais où commence la donnée publique, et où finit la donnée privée ? OpenAI affirme filtrer les entrées utilisateurs avant qu’elles ne soient utilisées pour l’entraînement. Sauf que cette fois, les images n’ont même pas été utilisées pour entraîner l’IA, elles ont été exposées directement, comme par accident. Un bug ? Une faille dans le pipeline de modération ? Ou pire : une preuve que le système n’a aucun contrôle réel sur ce qu’il expose ?

L’IA comme miroir brisé : quand la modération devient un leurre

OpenAI vante ses garde-fous. « Nous supprimons les contenus sensibles avant qu’ils ne soient utilisés », répète-t-elle en boucle. Sauf que cette fois, les images n’ont pas été utilisées pour entraîner l’IA, elles ont été affichées publiquement, comme si elles avaient été téléversées sur un serveur ouvert. Un utilisateur envoie une photo à ChatGPT pour discuter d’un projet personnel. L’IA répond. Puis, quelques jours plus tard, cette même photo réapparaît… ailleurs. Sur un site partenaire ? Dans un cache temporaire ? Personne ne le sait.

Le pire ? OpenAI ne dit pas non plus si ces images ont été supprimées des serveurs de Microsoft.

Car oui, ChatGPT est hébergé par Microsoft. Et Microsoft, ces derniers mois, a multiplié les partenariats avec des entreprises qui réutilisent les données des utilisateurs sans toujours demander leur consentement. En 2022, un rapport interne de Microsoft (fuité par The Information) révélait que l’entreprise stockait et analysait les données des utilisateurs de Bing sans toujours les informer. Un an plus tard, c’est au tour de Copilot, l’IA de Microsoft intégrée à GitHub, d’être accusée d’exposer des codes sources privés. **À chaque fois, la même réponse : « On va régler ça. » Sans jamais expliquer comment.

Alors quand OpenAI parle de « suppression », de quoi parle-t-elle vraiment ?

De la suppression des images dans leur base de données ? Ou juste de leur retrait des interfaces visibles ? Si c’est le second cas, les données restent quelque part dans les serveurs, accessibles à d’autres outils, ou pire : vendues à des tiers. Personne ne vérifie. Personne ne demande.

Le vrai danger : l’effet domino sur la confiance

En 2023, une étude de Pew Research Center révélait que seulement 28 % des Américains faisaient encore confiance aux grandes plateformes tech pour protéger leurs données privées. Et ce chiffre ne cesse de chuter. Pourtant, malgré les scandales en cascade, fuites de données, deepfakes, IA qui génère des faux papiers administratifs, personne ne semble capable de forcer ces entreprises à être transparentes.

Pourquoi ? Parce que les régulateurs traînent. Parce que les utilisateurs, épuisés par les fuites à répétition, ne portent plus plainte. Parce que les médias, saturés par le rythme effréné des scandales tech, passent à autre chose en 48 heures. Et parce que les entreprises comme OpenAI ou Microsoft ont une stratégie simple : attendre que l’opinion publique oublie, puis sortir un nouveau produit.

Cette fois, c’est différent.

Car cette fuite n’est pas une erreur technique. C’est une faille structurelle. Si des images privées envoyées à ChatGPT peuvent réapparaître sans explication, qu’en est-il des données plus sensibles ? Des conversations médicales ? Des échanges juridiques ? Des photos d’identité ? Personne ne sait.

Et le plus inquiétant ? OpenAI ne semble même pas s’en soucier.

L’IA n’est pas un problème technique, c’est un problème politique

On nous serine que l’IA est « neutre », « objective », « juste une outil ». Sauf que non. L’IA, c’est un miroir qui reflète nos biais, nos erreurs, nos négligences. Et quand ce miroir brise les données des utilisateurs sans qu’on sache pourquoi, ce n’est plus une question de code. C’est une question de pouvoir.

OpenAI et Microsoft contrôlent les données. Elles décident ce qui est public, ce qui est privé, ce qui est supprimé. Et comme elles ne rendent de comptes à personne, ni aux utilisateurs, ni aux régulateurs, ni même à leurs propres employés, personne ne peut les arrêter.

Alors oui, 53 images fuitées, c’est peu.

Mais c’est un symptôme. Un signe que le système est déséquilibré, opaque, et dangereux. Et tant qu’on ne forcera pas ces entreprises à être transparentes, vraiment transparentes, les fuites continueront. Parce qu’elles rapportent. Parce qu’elles permettent de collecter plus de données. Parce que personne ne regarde.

*La vraie question n’est pas « Comment 53 images ont-elles fuité ? »

Mais « Pourquoi personne ne fait rien pour l’empêcher ? »

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie