Nvidia DLSS 5 sur Mario Odyssey, et si c’était juste du bidouillage inutile

Un bidouilleur a fait tourner le DLSS 5 de Nvidia sur Super Mario Odyssey sans émulateur. Une prouesse technique ? Ou juste un coup de com’ déguisé en exploit ? On décrypte ce que ça cache vraiment, et pourquoi ça ne changera rien pour vous.

Publié le 2 septembre 2026 à 08:01
Nvidia DLSS 5 sur Mario Odyssey, et si c’était juste du bidouillage inutile

Le bidouilleur qui a fait croire à un miracle technique

Un type a branché une Switch à un PC, balancé du DLSS 5 dessus, et hop : Super Mario Odyssey tourne en 4K avec des effets de ouf. Sauf que non, pas vraiment. Le jeu reste une Switch, le signal passe par une carte de capture, et le DLSS, c’est juste un filtre qui gonfle les pixels après coup. Le bidouilleur en question, c’est @emilwojcik94 sur Twitter, un gars qui a passé trois jours à trifouiller des drivers et des câbles pour pondre une démo qui fait le buzz. Mais derrière le "wow" des réseaux, y’a un truc qui cloche : personne ne joue comme ça. Personne.

Pourquoi ? Parce que c’est lent. Très lent. Le DLSS 5, c’est une tech Nvidia qui booste les FPS en générant des images intermédiaires via l’IA. Sauf que là, le jeu tourne déjà sur une Switch, donc le PC doit d’abord récupérer le flux vidéo, le traiter, et le renvoyer. Résultat : du lag, des artefacts, et une expérience de jeu qui ressemble plus à un diaporama qu’à du Mario en 60 FPS. Emil lui-même le reconnaît dans un tweet : "C’est pas jouable, c’est juste pour la démo." Bref, un coup d’épée dans l’eau.

Et pourtant, les médias ont foncé. "DLSS 5 sur Switch !", "Nvidia révolutionne le gaming portable !", "La Switch devient une bête de guerre !". Sauf que non. C’est du vent. Une démo technique, rien de plus. Le genre de truc qui fait rêver les geeks, mais qui n’a aucun impact concret. Parce que pour jouer à Mario en DLSS 5, il faudrait que Nintendo et Nvidia bossent ensemble. Et ça, c’est une autre paire de manches.

Le DLSS, c’est bien, mais c’est pas magique

Le DLSS, c’est la tech phare de Nvidia. Elle permet de faire tourner des jeux en haute résolution sans cramer votre carte graphique. Comment ? En utilisant l’IA pour générer des images intermédiaires. Au lieu de calculer chaque pixel, le GPU devine une partie de l’image, ce qui libère de la puissance pour autre chose. C’est malin, c’est efficace, et c’est surtout un argument marketing en or.

Sauf que le DLSS, ça marche uniquement sur des jeux qui le supportent nativement. Et là, c’est le drame : Super Mario Odyssey, comme 99% des jeux Switch, n’a pas été conçu pour ça. Donc même si Emil a réussi à bidouiller un truc, c’est comme mettre un moteur de Ferrari sur une Twingo. Ça fait du bruit, ça attire les regards, mais ça roule pas mieux.

Pire : le DLSS 5, c’est la dernière version de la tech, et elle est encore plus gourmande que les précédentes. Elle nécessite des cartes graphiques récentes, des drivers à jour, et surtout, des jeux optimisés. Or, la Switch, c’est une console de 2017. Son GPU, c’est un Tegra X1, une puce qui a déjà du mal à faire tourner les jeux en 1080p natif. Alors le DLSS 5… Autant demander à un vélo de faire le Tour de France.

Nintendo et Nvidia, deux mondes qui ne se parlent pas

Si cette démo était vraiment révolutionnaire, Nintendo et Nvidia auraient déjà signé un partenariat. Sauf que non. Pourquoi ? Parce que Nintendo, c’est le roi du contrôle. Ils veulent tout gérer : le hardware, le software, les mises à jour, les accessoires. Ils ont même refusé de bosser avec AMD pour la Switch, alors que les Radeon, c’était une option moins chère et tout aussi puissante.

Nvidia, de son côté, a tout intérêt à pousser le DLSS. C’est leur tech, c’est leur avantage concurrentiel, et c’est ce qui justifie le prix exorbitant de leurs cartes graphiques. Mais ils savent aussi que Nintendo ne lâchera jamais le contrôle de sa console. Donc un partenariat, c’est mort. Et sans partenariat, pas de DLSS natif sur Switch. Point.

Alors oui, Emil a réussi un joli coup de com’. Il a montré que techniquement, c’était possible. Mais techniquement, c’est aussi possible de faire tourner Crysis sur un grille-pain. Ça ne veut pas dire que c’est une bonne idée.

Le vrai problème : l’obsession du "plus" à tout prix

Ce qui est fascinant dans cette histoire, c’est pas la prouesse technique. C’est l’obsession du gaming moderne pour le "plus". Plus de pixels, plus de FPS, plus de détails, plus de techno. Peu importe si c’est utile ou pas. Peu importe si ça améliore vraiment l’expérience de jeu.

Super Mario Odyssey, c’est un jeu conçu pour la Switch. Il est optimisé pour tourner en 900p, avec des effets stylisés, des couleurs vives, et un gameplay fluide. Le DLSS 5, ça ajoute des détails, des ombres, des reflets. Mais est-ce que ça rend le jeu meilleur ? Est-ce que ça change quelque chose à l’expérience ? Non. Mario reste Mario, avec ou sans DLSS.

Et c’est ça, le vrai problème. On est dans une course au "plus", sans se demander si c’est nécessaire. Les constructeurs poussent des techs toujours plus gourmandes, les joueurs achètent des cartes graphiques à 2000 balles, et au final, tout le monde est perdant. Sauf Nvidia, bien sûr, qui vend ses cartes.

Pourquoi cette démo ne changera rien pour vous

Vous voulez jouer à Mario Odyssey en 4K avec du DLSS 5 ? Très bien. Voici ce qu’il vous faut :

  • Une Switch.
  • Un PC avec une RTX 4090 (1800 euros minimum).
  • Une carte de capture haut de gamme (300 euros).
  • Trois jours de bidouillage pour configurer le tout.
  • Et surtout, l’envie de jouer avec du lag et des artefacts.

Ou alors, vous pouvez juste brancher votre Switch sur une télé 4K et jouer normalement. Le jeu sera moins "beau" sur le papier, mais au moins, il sera jouable. Et c’est ça, le plus important, non ?

Cette démo, c’est du bruit. Du buzz. Un truc qui fait rêver les geeks, mais qui n’a aucun impact concret. Parce qu’au final, ce qui compte, c’est pas le nombre de pixels ou les FPS. C’est de s’amuser. Et pour ça, une Switch et une télé basique, c’est largement suffisant.

Le vrai gagnant de cette histoire ? Nvidia

Derrière cette démo, y’a une stratégie bien huilée. Nvidia a tout à gagner à ce que les gens croient que le DLSS 5 peut tout faire, même sur une Switch. Parce que ça justifie l’achat de leurs cartes graphiques. Et ça, c’est leur vrai business.

Le DLSS, c’est une tech géniale, mais c’est aussi un argument marketing. Nvidia le sait, et ils en jouent. Ils poussent des démos techniques, des benchmarks, des vidéos YouTube qui montrent des jeux tournant en 8K avec des effets de malade. Sauf que dans la vraie vie, personne ne joue comme ça. Personne n’a besoin de tout ça.

Mais peu importe. L’important, c’est que les gens achètent. Et cette démo, c’est un coup de pub gratuit pour Nvidia. Un coup de pub qui coûte trois jours de travail à un bidouilleur, et qui ne change rien pour les joueurs.

Conclusion : arrêtez de courir après le "plus"

Cette histoire, c’est un symptôme. Le symptôme d’une industrie qui a perdu de vue l’essentiel. On nous vend du rêve : plus de pixels, plus de FPS, plus de techno. Mais au final, est-ce que ça rend les jeux meilleurs ? Est-ce que ça améliore l’expérience ?

Super Mario Odyssey, c’est un chef-d’œuvre du game design. Un jeu qui a été conçu pour être joué sur une Switch, avec une manette, sur un canapé. Pas sur un PC à 3000 euros avec du DLSS 5. Et c’est très bien comme ça.

Alors la prochaine fois que vous voyez une démo technique qui fait le buzz, demandez-vous : est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Est-ce que c’est utile ? Ou est-ce que c’est juste du bruit ?

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R Galaxie Rédaction

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