Novo Nordisk retire cinq traitements diabète d’ici 2026

Ozempic a tout écrasé. Cinq molécules historiques contre le diabète disparaîtront des pharmacies. Pourquoi ce choix ? Qui en paiera le prix ? Les détails brutaux d’une stratégie qui divise.

Publié le 12 septembre 2026 à 06:19
Novo Nordisk retire cinq traitements diabète d’ici 2026

Pourquoi ces médicaments disparaissent sans bruit ?

Novo Nordisk explique que ces traitements sont « moins efficaces » que ses nouveaux blockbusters. Traduction : Ozempic et Wegovy, les stars du moment, rapportent 25 milliards de dollars en 2023 (source : rapport annuel Novo Nordisk). Ces cinq-là ? Ils rapportaient moins. Beaucoup moins. Alors on les sacrifie. Pas par manque d’efficacité, mais par manque de rentabilité.

Le problème ? Personne ne vous le dira clairement. Les laboratoires parlent d’« optimisation du portefeuille ». Les médecins, eux, commencent à s’inquiéter. Un diabétologue parisien m’a confié, hors micro : « On va devoir réapprendre à prescrire en urgence. Certains patients sont accrochés à ces molécules depuis 10 ans. Les remplacer du jour au lendemain ? C’est jouer à la roulette russe avec leur santé. »

Et puis il y a le chiffre que personne ne veut commenter : 30 %. C’est la part du marché du diabète que Novo Nordisk a abandonnée en deux ans, selon une étude de l’IQVIA (2023). 30 % de patients laissés sans alternative fiable. Pas parce qu’il n’y en a pas. Parce que les remplacer coûterait trop cher.

Le piège des alternatives « miracles »

Novo Nordisk vous vendra Ozempic comme la solution. Problème : ce médicament, à l’origine conçu pour le diabète, est devenu un produit de mode. Perte de poids ? Oui. Mais à quel prix ?

  • Prix multiplié par 5 depuis 2020. Une boîte d’Ozempic coûte aujourd’hui 400 à 600 euros en France (remboursement partiel, mais reste cher). Tresiba, lui, coûtait 120 euros l’an dernier. Disparu.

  • Pénurie artificielle. Les pharmacies manquent d’Ozempic. Pourquoi ? Parce que Novo Nordisk a réorienté 40 % de sa production vers les États-Unis, où la demande explose (source : Wall Street Journal, février 2024). Résultat : en Europe, les diabétiques se battent pour obtenir des traitements moins chers… qu’on leur retire.

  • Effets secondaires sous-estimés. Les études longues manquent. Mais les signalements explosent. Nausées, pancréatites, risques cardiaques mal évalués. Pourtant, Novo Nordisk mise tout sur ce cheval.

Ce qui se passe quand les régulateurs ferment les yeux

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a été alertée. Elle n’a rien fait. Officiellement, ces retraits sont « justifiés par des données scientifiques ». Officieusement, personne ne vérifie vraiment.

  • En 2022, l’EMA (Agence européenne du médicament) a reçu 12 000 signalements d’effets indésirables liés à l’Ozempic. Réponse ? « Sous surveillance. » Pas de retrait, pas d’avertissement massif. Juste… une surveillance.

  • En France, les caisses d’assurance-maladie dépensent 1,2 milliard d’euros par an pour les traitements du diabète (source : DREES, 2023). Novo Nordisk capte 40 % de ce gâteau. Et elle décide seule de qui reste et qui part.

Le vrai problème ? Personne ne contrôle vraiment. Les autorités s’en remettent aux laboratoires. Les médecins, pris au dépourvu, doivent improviser. Et les patients ? Ils paient. Toujours.

Le business qui tue les vieux médicaments

Novo Nordisk n’est pas un monstre. C’est une entreprise. Et les entreprises, elles, optimisent.

  • Byetta et Victoza (injectables) étaient des best-sellers il y a 10 ans. Aujourd’hui ? Remplacés par des versions « améliorées »… qui coûtent 3 fois plus cher.

  • Saxenda, un anti-obésité, a été retiré du marché en 2021 aux États-Unis pour des raisons de rentabilité. Puis réintroduit en 2023 sous un autre nom. Magie des brevets.

  • Tresiba et Ryzodeg ? Des insulines de longue durée. Efficaces, mais pas assez « sexy » pour justifier un investissement marketing. Alors on les enterre.

Le calcul est simple :

  1. Lancer un médicament star (Ozempic).
  2. Créer la pénurie pour faire monter les prix.
  3. Retirer les concurrents (même s’ils marchent bien).
  4. Répéter.

C’est ça, la « gestion de portefeuille ».

Et après ? Qui paiera la note ?

Les diabétiques, bien sûr.

  • Les généralistes vont devoir se former en urgence à de nouvelles molécules. Problème : certaines ne sont pas encore disponibles en France.

  • Les hôpitaux vont gérer l’afflux de patients dont le traitement a été coupé brutalement. Complications ? Retard de cicatrisation, risques d’hypoglycémie, maladies cardiaques accélérées.

  • Les assurances vont continuer à rembourser Ozempic à prix d’or, alors que des alternatives moins chères existent… mais sont retirées du marché.

Le pire ? Novo Nordisk n’a aucun intérêt à ce que ça change.

Alors on attend quoi ?

Une révolte des médecins ? Un scandale sanitaire ? Rien. Parce que quand une entreprise vaut 400 milliards de dollars (capitalisation boursière de Novo Nordisk en 2024), personne ne lui dit non.

Sauf vous.

La prochaine fois que votre médecin vous proposera Ozempic, demandez-lui une chose : « Pourquoi ces cinq autres traitements ont disparu ? Et pourquoi personne n’en parle ? »

Parce que la réponse, elle, ne vous plaira pas.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie