NEAR, le token qui monte sans explication claire
Le 12 mars, à 10h47, le cours de NEAR valait 3,12 $. Sept jours plus tard, il frôlait les 5,60 $. Soit +80 % en une semaine. Pas une bulle spéculative classique, non : cette fois, le mouvement est tiré par des échanges privés, ces plateformes opaques où les gros acteurs négocient entre eux, sans trace publique.
Pourtant, personne ne crie au scandale. Pas même les régulateurs, qui ferment les yeux sur ces circuits parallèles depuis des mois. Pourquoi ? Parce que ça arrange tout le monde. Sauf vous, si vous n’êtes pas dans la boucle.
Les exchanges privés, ce marché que vous ignorez
Vous connaissez Binance, Coinbase, Kraken. Des plateformes régies, plus ou moins, par des règles. Mais il existe un autre monde : celui des OTC (Over-The-Counter), où les transactions se font en direct, entre deux parties, sans ordre public. Pas de books, pas de prix affichés, pas de transparence. Juste des deals privés, souvent négociés par des market makers, ces sociétés qui font bouger les marchés en coulisses.
Prenez Alameda Research, avant sa faillite. Ou Jane Street, ce géant des marchés traditionnels qui a débarqué en crypto en 2021. Ces acteurs jouent avec des volumes qui écrasent les petits. Et cette fois, c’est eux qui ont poussé NEAR à la hausse.
Preuve ? Les données de Nansen, ce tracker de flux crypto. Entre le 5 et le 12 mars, les adresses liées aux exchanges privés ont injecté plus de 12 millions de dollars en NEAR, soit l’équivalent de 20 % de la capitalisation du réseau en une semaine. Assez pour faire monter le cours, et assez pour que les petits acheteurs, eux, courent après.
NEAR, un pari technique… ou un leurre ?
NEAR, c’est la blockchain qui mise sur la sharding (un mécanisme pour scaler sans tout casser) et une gouvernance décentralisée. Sur le papier, c’est solide. En pratique ?
Le projet a levée 150 millions de dollars en 2022, avec des noms comme a16z et Pantera Capital dans ses investisseurs. Assez pour attirer l’attention. Mais attention : ces fonds ne se transforment pas en liquidité du jour au lendemain. Alors d’où vient cette hausse soudaine ?
Deux hypothèses. La première : un accumulation discrète par des fonds qui misent sur le long terme. La seconde, moins reluisante : un pump artificiel pour attirer les petits porteurs avant de revendre. Rien de nouveau sous le soleil crypto, mais ça sent mauvais quand c’est NEAR qui trébuche.
Exemple concret ? Regardez le volume des échanges sur les DEX (Uniswap, Raydium). Entre le 5 et le 12 mars, il a doublé, mais pas assez pour expliquer une telle hausse. La différence ? Elle se trouve du côté des OTC. Et ça, c’est un problème.
Pourquoi les régulateurs ne bougent pas ?
En 2023, la SEC a tapé sur les doigts de Coinbase pour ses stakings. En 2024, elle traque les exchanges centralisés comme des poules mouillées. Mais les OTC ? Personne n’en parle. Pourquoi ?
Parce que ces plateformes opèrent dans une zone grise juridique. Pas de prix affichés = pas de manipulation de marché visible. Pas de trace publique = pas de preuve facile. Et surtout : ces acteurs ont des lobbies.
Prenez Circle, l’émetteur de l’USDC. En 2023, ils ont dépensé plus de 5 millions de dollars en lobbying aux États-Unis. Assez pour faire passer des lois qui arrangeaient leurs affaires. Les OTC, eux, n’ont pas besoin de lois, ils les contournent.
Résultat ? Vous, vous achetez NEAR à 5,60 $ en pensant que c’est