La cour d’assises suspend l’audience pendant que Oualane affiche son pouvoir.

Amine Oualane, figure de la DZ Mafia, a braqué l’audience en menaçant les parties civiles. La justice tente de garder le contrôle, mais le procès de l’assassinat de 2020 vire au bras de fer. Derrière les portes closes, c’est une guerre sans fin qui se joue.

Publié le 20 octobre 2026 à 12:02
La cour d’assises suspend l’audience pendant que Oualane affiche son pouvoir.

La scène qui résume tout : un geste, une menace, une audience gelée en plein milieu du procès de l’assassinat de trois personnes, dont le demi-frère d’Amine Kessaci. Le président de la cour d’assises a dû suspendre la séance, le temps de calmer les esprits. Sauf que les esprits, ici, ne sont pas à calmer. Ils sont à écraser. Ou à dominer. Comme toujours, dans ce milieu-là.

Amine Oualane, 28 ans, considéré comme l’un des principaux leaders de la DZ Mafia, ce réseau criminel qui écume les quartiers nord de Marseille et bien au-delà, a sorti un couteau de sa poche. Pas un vrai, probablement, mais assez pour que les parties civiles, déjà sous tension, sentent le danger. Assez pour que le président de la cour se lève, le visage fermé, et lance : « Assez. Ça suffit. » Assez ? Non. Parce que dans ce genre de procès, « assez » n’existe pas. Il n’y a que des rounds, des coups bas, et des règles qui volent en éclats quand la pression monte.

2020, trois morts, un procès qui traîne. Et derrière, une guerre de clans qui ne demande qu’à éclater.

Le procès qui n’en est pas un

On pourrait croire que les assises, c’est l’endroit où la justice reprend le dessus. Où les avocats, les juges, les parties civiles finissent par avoir le dernier mot. Sauf que non. Ici, on est dans un autre monde. Celui où les règles du jeu sont écrites à la hache. Où un regard en trop peut valoir une balle dans la tête. Où un procès, c’est d’abord une bataille d’influence.

Amine Oualane est accusé d’avoir participé à l’organisation de l’assassinat de trois personnes en 2020, dont Mehdi Kessaci, le demi-frère du militant associatif Amine Kessaci. Un meurtre qui, selon les enquêteurs, s’inscrirait dans une série d’affrontements entre gangs. Mais dans ce milieu, les frontières sont floues. Un meurtre, c’est souvent une vengeance. Une vengeance, c’est un signal. Et un signal, ça se répond par un autre signal.

Le parquet a requis 18 ans de réclusion contre Oualane. Mais qu’est-ce que 18 ans, quand on parle de narcotrafic et de règlements de comptes ?

La menace qui pèse sur les parties civiles

Ce qui s’est passé hier, c’est simple : Oualane a sorti un couteau. Pas pour se défendre. Pas pour menacer le tribunal. Pour intimider les parties civiles. Ceux qui osent porter plainte. Ceux qui osent témoigner. Ceux qui, surtout, osent demander justice.

« On vous a prévenus », c’est ce que son geste signifiait. « Vous jouez avec le feu ». Dans ce milieu, les témoins disparaissent. Les familles se taisent. Les avocats reculent. Parce que la loi, ici, c’est la peur. Et la peur, elle se paie en sang.

La justice a suspendu l’audience. Mais la menace, elle, reste.

Pourquoi ce procès est une mascarade

On pourrait se dire que la justice va enfin frapper fort. Que cette fois, les réseaux criminels vont comprendre qu’ils ne sont pas au-dessus des lois. Sauf que non. Parce que quand vous avez des témoins qui ont peur de venir déposer, des familles qui se terrent, et des accusés qui jouent les caïds en plein tribunal, vous n’êtes plus dans un procès. Vous êtes dans un spectacle.

Un spectacle où les juges font semblant de croire qu’ils maîtrisent la situation. Où les avocats de la défense jouent les durs pour impressionner. Où les parties civiles, elles, tremblent.

Le vrai problème, c’est que personne ne veut vraiment que ce procès aboutisse.

  • Les flics ? Ils manquent de preuves solides. Parce que dans ce milieu, les téléphones sont jetés, les messages effacés, les témoins achetés ou menacés.
  • Les politiques ? Ils préfèrent fermer les yeux. Parce que parler de narcotrafic, c’est parler de quartiers sensibles. Et parler de quartiers sensibles, c’est risquer des émeutes.
  • Les médias ? Ils en parlent, mais sans jamais creuser. Parce que creuser, ça veut dire nommer des noms. Et nommer des noms, ça veut dire des menaces.

Résultat : un procès qui traîne, des accusés qui rigolent, et des victimes qui attendent.

La DZ Mafia, un réseau qui résiste à tout

La DZ Mafia, c’est l’un des réseaux criminels les plus puissants de France. Stupéfiants, trafics d’armes, règlements de comptes, ils sont partout. Et ce qui est pire, c’est qu’ils sont protégés. Par qui ? Par des complicités internes. Des flics corrompus ? Peut-être. Des politiques qui ferment les yeux ? Sans doute. Des juges qui hésitent à frapper trop fort ? Certainement.

En 2022, un rapport de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) estimait que les réseaux maghrébins contrôlaient entre 60 et 70 % du trafic de drogue en France. 60 à 70 %. Pas des petits poissons. Des requins.

Et devant ça, la justice ? Elle est à genoux.

Ce que ce procès révèle : une justice impuissante

Ce qui s’est passé hier, ce n’est pas un incident. C’est la preuve que la justice a perdu le contrôle. Que dans certains quartiers, certaines rues, certaines audiences, les règles du jeu ne sont plus les mêmes.

Oualane a menacé les parties civiles. Il a joué les caïds. Il a montré à tous ceux qui osent s’opposer à lui ce qui les attend. Et personne n’a osé le toucher.

Pourquoi ? Parce que la justice, ici, n’a plus les moyens de ses ambitions. Parce que les témoins ont peur. Parce que les juges hésitent. Parce que les politiques reculent.

Ce procès, vous savez ce qu’il va donner ? Rien. Ou presque.

Quelques années de prison pour Oualane. Un peu de bruit dans les médias. Et après ? On passera à autre chose. Parce que la machine à trafic, elle, elle ne s’arrête jamais.

La vraie question : et après ?

Alors oui, la cour d’assises a suspendu l’audience. Oui, Oualane a été menotté et emmené. Oui, les parties civiles ont eu peur.

Mais dans trois mois, six mois, un an, qu’est-ce qui changera ?

Rien.

Parce que tant que les réseaux criminels seront plus puissants que la justice, tant que les témoins auront peur, tant que les politiques fermeront les yeux, les procès comme celui-là ne serviront à rien.

Ce qui s’est passé hier, ce n’est pas un accident. C’est la preuve que la guerre est perdue d’avance.

Et personne ne veut en parler.

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R Galaxie Rédaction

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