Québec refuse la visio aux citoyens, malgré l’engouement

La Ville de Québec rejette les questions virtuelles en conseil municipal, sous prétexte de complexité. Pourtant, les citoyens sont prêts, et les autres villes bougent. Pourquoi cette réticence ? Et surtout, à quel prix ?

Publié le 20 octobre 2026 à 12:02
Québec refuse la visio aux citoyens, malgré l’engouement

Le conseil municipal de Québec tourne le dos à la modernité, et les citoyens paient le prix fort

En 2023, 42 % des Québécois avaient déjà utilisé Zoom pour un rendez-vous officiel, médecin, avocat, employeur. Pourtant, quand il s’agit de poser des questions à leurs élus, la Ville de Québec leur ferme la porte. Non pas par manque de moyens, mais par peur du changement. La preuve ? Le refus catégorique d’instaurer une période de questions virtuelle en conseil municipal, sous le prétexte que ça « complexifierait » les séances. Un argument aussi faible qu’hypocrite.

Pourtant, à Montréal, Sherbrooke et même dans des municipalités plus petites comme Gatineau, les élus ont déjà franchi le pas. Pourquoi pas à Québec ? La réponse ? Parce que la Ville préfère jouer les conservateurs, même quand les citoyens sont en avance.

La peur de perdre le contrôle, pas celle de la technologie

Quand on écoute les arguments avancés par la Ville, on a l’impression d’entendre un disque rayé. « Trop compliqué », « risque de cyberattaques », « perte de la spontanéité ». Des excuses.

D’abord, la « complexité » : depuis quand une webcam et un micro posent-ils problème ? Les élus utilisent déjà des outils numériques pour leurs réunions internes. Alors pourquoi les citoyens devraient-ils se contenter de moins ? Ensuite, les cyberattaques : si la Ville craint tant les piratages, elle devrait peut-être investir dans des solutions sécurisées, au lieu de se cacher derrière des peurs mal placées. Et la spontanéité ? Les questions en visio sont souvent mieux préparées, plus ciblées. Moins de blabla, plus d’efficacité.

Mais le vrai problème, c’est autre chose. La Ville de Québec a peur de perdre la main. Quand les citoyens peuvent interagir directement avec leurs élus en ligne, les questions deviennent plus directes, moins filtrées. Et ça, ça dérange.

Les autres villes ont déjà fait le pas, Québec reste à la traîne

À Montréal, le conseil municipal a testé les questions virtuelles pendant la pandémie. Résultat ? Moins de désistements, plus de participation. Sherbrooke, elle, a carrément intégré une période de questions hybrides (présentiel + visio) depuis 2022. Pourquoi Québec s’entête à rester en arrière ?

La réponse est simple : parce que la Ville préfère le statu quo. Moins de transparence, moins de pression, moins de risques que les élus se fassent griller en direct. Le confort avant l’intérêt public.

Et puis, il y a ce détail qui en dit long : personne ne demande aux citoyens leur avis. On leur impose des règles, on leur explique pourquoi c’est « trop compliqué », mais on ne leur propose même pas un essai. Une démocratie à sens unique.

Ce que ça signifie pour les Québécois : moins de voix, moins de pouvoir

Quand on refuse aux citoyens un outil aussi basique qu’une visio pour poser des questions, on leur envoie un message clair : « Vous n’êtes pas prioritaires. »

À Québec, seulement 12 % des citoyens participent régulièrement aux conseils municipaux. Pourquoi ? Parce que c’est long, parce que c’est compliqué, parce que les horaires ne correspondent pas à tout le monde. Et maintenant, on leur enlève aussi l’option la plus simple.

Les jeunes, les travailleurs, les parents, ceux qui habitent loin du centre-ville : ils sont déjà exclus. La visio aurait pu être une porte d’entrée. Au lieu de ça, la Ville leur ferme la dernière.

La vraie question : qui décide, vraiment ?

Quand une municipalité refuse une innovation sous prétexte de « complexité », il y a deux possibilités. Soit elle ment. Soit elle cache autre chose.

Ici, c’est les deux. La Ville de Québec n’a pas peur de la technologie. Elle a peur de la transparence. Peur que les citoyens ne posent des questions trop directes. Peur que les élus ne se fassent challenger en direct.

Le pire ? Personne ne les forcera à changer. Les citoyens n’ont pas les moyens de faire pression. Les médias ne creuseront pas assez. Alors la Ville continuera à décider à leur place.

Et vous, vous serez encore là, à vous demander pourquoi votre voix compte si peu.

La conclusion qui dérange

Québec se prive d’une participation citoyenne plus large, et ce n’est pas un hasard. C’est un choix. Un choix politique, un choix de pouvoir. La modernité, ça se décrète, mais ça ne s’impose pas. Et tant qu’on laissera les municipalités décider seules, elles continueront à jouer les gardiennes du statu quo. Le vrai débat, ce n’est pas « la visio, c’est bien ou mal ? » C’est : « À quel point on accepte qu’une ville nous traite comme des citoyens de seconde zone ? »

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R Galaxie Rédaction

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