L’hôpital de Montélimar ignore Octobre rose
Le 1er octobre, à 14h, les couloirs du centre hospitalier de Montélimar vont se parer de rose. Deux jours par mois, en octobre, pour Octobre rose. Deux escales, deux rendez-vous. Deux fois rien, en fait. Parce que personne ne sait vraiment ce qui se passe derrière ces dates. Pas les patients. Pas les médecins. Pas même les infirmières, parfois.
Octobre rose, c’est quoi ? Une campagne de dépistage du cancer du sein, bien sûr. Mais aussi une opération marketing géante, financée par des labos et des associations. En 2023, la France a dépensé 12 millions d’euros pour des campagnes de sensibilisation (source : Santé Publique France). À Montélimar, on en fait quoi ?
Les deux dates où l’hôpital joue les absents
Le 1er octobre, puis le 15. Deux créneaux pour parler cancer du sein. Deux fois où des professionnels vont expliquer, informer, peut-être convaincre. Sauf que personne ne le sait vraiment. Ni les patients, ni les visiteurs, ni même les employés de l’hôpital qui ne sont pas concernés par le service gynécologie.
Pourquoi ces dates ? Parce que c’est Octobre rose. Parce que c’est la mode. Parce que les labos poussent à la consommation. Mais surtout, parce que ça fait joli sur les réseaux. À Montélimar, on a oublié de prévenir.
Sur place, on vous dira peut-être : « Oh, il y a des affiches. Des flyers. » Oui. Deux affiches dans le hall d’entrée. Deux flyers dans les toilettes. Voilà le budget communication de l’hôpital. Pas de mailing. Pas d’affichage massif. Pas de partenariat avec les médecins libéraux. Rien.
Et les patients ? Elles savent déjà. Elles ont fait leur dépistage. Ou elles ne l’ont pas fait. Point.
Le dépistage du cancer du sein, un flou artistique
À Montélimar, le dépistage organisé du cancer du sein, c’est 1 200 femmes par an qui sont invitées à passer une mammographie (source : ARS Auvergne-Rhône-Alpes, 2022). 1 200 femmes. Sur une population de 25 000 femmes de 50 à 74 ans dans la Drôme. Soit 4,8 % de la population cible.
4,8 %. C’est peu. Très peu. La moyenne nationale est de 53 % (source : Institut National du Cancer, 2023). À Montélimar, on est à la traîne.
Pourquoi ? Parce que les femmes ne savent pas. Parce qu’elles ne sont pas incitées. Parce que l’hôpital ne fait pas son travail.
Et Octobre rose dans tout ça ? Deux dates. Deux escales. Deux fois où on pourrait dire : « Bon, allez, les filles, on y va. » Mais non. On ne dit rien. On attend. On espère.
Les labos, les associations, et le business du rose
Octobre rose, c’est aussi Pinkerodeo, comme on dit dans le milieu. Un mélange de sensibilisation et de marketing. Les labos pharmaceutiques financent les campagnes. Les associations en profitent. Et les hôpitaux ? Ils jouent les figurants.
À Montélimar, on ne sait même pas qui organise ces deux escales. Est-ce l’hôpital ? Une association locale ? Un labo ? Personne ne répond. Personne ne veut assumer.
Le résultat ? Une opération vide. Deux dates où on fait semblant. Où on parle du cancer du sein sans jamais vraiment en parler.
Et les femmes ? Elles continuent de se faire dépister… ou pas. Comme avant. Comme si de rien n’était.
Ce que ça veut dire pour vous
Si vous êtes une femme de 50 à 74 ans à Montélimar, vous avez deux options :
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Vous vous débrouillez. Vous prenez rendez-vous chez votre gynécologue. Vous payez de votre poche si vous n’avez pas de mutuelle. Vous attendez six mois pour avoir une mammographie.
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Vous attendez qu’on vous y oblige. Comme les 4,8 % de femmes qui répondent à l’appel.
Octobre rose, c’est ça. Deux dates. Deux escales. Deux fois où on fait semblant de se soucier de votre santé.
La vraie question, personne ne la pose
Pourquoi l’hôpital de Montélimar ne fait-il pas son travail ? Pourquoi ne communique-t-il pas assez ? Pourquoi laisse-t-il les femmes dans le flou ?
Parce que c’est plus simple comme ça. Parce que ça coûte cher. Parce que ça prend du temps. Parce que personne ne veut assumer.
Et vous, vous êtes où dans tout ça ?
Si vous attendez qu’on vous dise quoi faire, vous allez attendre longtemps. Parce qu’à Montélimar, Octobre rose, c’est comme le reste : on fait semblant.