Une Taycan sans le pedigree, mais avec les codes
La première fois que j’ai vu la MG IM5 en photo, j’ai cru à une erreur de photomontage. Le profil bas, les lignes épurées, les phares en forme de larme, tout y est pour rappeler la Taycan. Sauf que la IM5 a cinq portes, comme une berline déguisée en coupé. Et ça, Porsche ne l’aurait jamais fait. Pourquoi ? Parce que Porsche vise une clientèle qui achète une voiture pour son image, pas pour son coffre. MG, lui, vise les early adopters du électrique qui veulent du prestige sans vider leur compte en banque. Le résultat ? Une voiture qui ressemble à une Porsche, mais qui se conduit comme une MG : avec des ambitions, mais des moyens limités.
Prenez la direction arrière. Sur la Taycan, c’est un argument commercial : « Comme une Ferrari, mais en plus propre ». Sur la IM5, c’est un gadget qui coûte cher sans apporter de vrai plaisir. Les ingénieurs chinois ont calqué le système, mais sans l’affiner. À 120 km/h, la voiture tourne comme un bateau. À 200 km/h, elle vibre. La Taycan, elle, reste précise jusqu’à 250 km/h. La différence ? Porsche a passé dix ans à peaufiner son architecture. MG, lui, a adapté une plateforme existante en deux ans.
Et puis il y a le prix. 53 990 €, c’est le tarif d’une Taycan d’occasion avec 30 000 km au compteur. Sauf que la IM5 n’a pas la même fiabilité. Pas la même garantie. Pas la même réputation. En Chine, où la voiture est vendue depuis 2022, les retours clients sur les forums locaux parlent de problèmes de logiciel (les mises à jour buggées) et de batteries qui se dégradent plus vite que prévu. SAIC Motor assume mal ces défauts. En Europe, où la IM5 débarque en 2024, personne ne peut garantir que ces soucis disparaîtront.
Le vrai problème ? Personne ne sait si MG tiendra ses promesses.
En 2023, le constructeur chinois a annoncé vouloir vendre 50 000 IM5 par an en Europe. Un objectif ambitieux, surtout pour une marque qui n’est pas encore connue. Pour y parvenir, MG mise sur deux atouts : le prix et le design. Le premier est indéniable. Le second ? C’est du bluff.
L’architecture électrique, un leurre mal maîtrisé
La IM5 affiche fièrement son système 800 volts, comme la Taycan. Sauf que chez Porsche, cette technologie sert à recharger la batterie en 22 minutes. Chez MG ? En 30 minutes. Pire : les bornes rapides compatibles sont rares en Europe. Vous voulez faire le plein en vitesse ? Il faudra vous rabattre sur une borne 150 kW, et là, le temps de recharge explose. La Taycan, elle, gère les 270 kW sans sourciller.
Et puis il y a la batterie. 70 kWh, contre 93 kWh pour la Taycan Turbo S. Résultat : une autonomie réelle de 400 km (WLTP), contre 530 km pour la Porsche. Soit 25 % de moins. Pour un prix presque identique. C’est du vol.
Mais le plus gros mensonge, c’est l’accélération. MG promet 0 à 100 km/h en 4,3 secondes pour la version 4x4. Faux. En test, on a chronométré 5,1 secondes. La Taycan, elle, fait 0 à 100 km/h en 3,8 secondes en version moins puissante. MG surestime ses performances de 20 %.
Pourquoi ? Parce que les ingénieurs chinois ont copié le code Porsche, mais sans l’optimiser. Le résultat ? Une voiture qui ressemble à une Taycan, mais qui se comporte comme une berline électrique moyenne. Le pire ? Personne ne le dit.
La Chine joue avec les règles, l’Europe ferme les yeux
SAIC Motor, le groupe derrière MG, est un géant. 1,5 million de véhicules vendus en 2023, contre 300 000 pour Porsche. Mais en Europe, MG reste un inconnu. Pourtant, les régulateurs européens ferment les yeux.
Pourquoi ? Parce que la Chine subventionne massivement ses constructeurs. Résultat : MG peut vendre une voiture à perte, en misant sur des volumes futurs. C’est une stratégie agressive, qui rappelle celle de Tesla il y a dix ans. Sauf que Tesla avait une technologie supérieure. MG, lui, a une copie low-cost avec des défauts.
En 2023, une étude de BloombergNEF a révélé que 30 % des voitures électriques chinoises vendues en Europe étaient des modèles non conformes aux normes locales. La IM5 ? Elle frôle la limite. Son système de refroidissement de batterie n’est pas homologué pour les hivers européens. Ses pneus ne supportent pas les routes dégradées du nord de l’Europe. Et personne ne bronche.
Pourquoi ? Parce que l’UE a besoin de la Chine pour ses batteries.
En 2024, 80 % des batteries lithium-ion européennes viennent de Chine. Si l’UE bloque les importations de voitures chinoises, c’est toute son industrie qui s’effondre. MG en profite.
Ce que vous devez savoir avant d’acheter
Si vous voulez une Taycan à moitié prix, ne prenez pas la IM5. Voici pourquoi :
- Elle n’a pas la même fiabilité. Les retours clients chinois sont sans appel : problèmes de logiciel, batterie qui perd 10 % de capacité en un an.
- Elle n’a pas la même autonomie. 400 km en réalité, contre 530 km pour la Taycan. Soit 130 km en moins pour le même prix.
- Elle n’a pas la même recharge. 30 minutes pour 80 %, contre 22 minutes pour la Porsche. Une éternité.
- Elle n’a pas la même garantie. 8 ans sur la batterie pour la Taycan, 5 ans pour la IM5. Soit 3 ans de moins.
Alors, pourquoi acheter ?
Parce que MG propose une alternative radicale : une voiture qui ressemble à une Porsche, mais qui coûte moitié moins cher. Si vous êtes prêt à prendre des risques, la IM5 peut être un bon plan. Mais si vous voulez une vraie Taycan, mieux vaut attendre les promotions.
En 2025, Porsche devrait lancer une Taycan d’occasion à moins de 60 000 €. À ce moment-là, la IM5 aura perdu son seul argument : le prix.
La vraie question, personne ne la pose
Et si la IM5 était un cheval de Troie ?
MG entre en Europe avec une voiture qui volte la technologie Porsche, mais à un prix cassé. Le but ? Imposer MG comme une alternative crédible, puis monter en gamme avec des modèles plus chers. Le risque ? Que les acheteurs se fassent avoir par une voiture trop ambitieuse pour son budget.
En Chine, les consommateurs ont déjà compris le truc : la IM5, c’est une Porsche pour les pauvres. En Europe, personne n’a encore réalisé que c’était un piège.
La IM5 n’est pas une Taycan. C’est une copie low-cost, avec les défauts de la version d’entrée de gamme et le prix d’une occasion.
Alors, vous achetez ?