Sauf que les données de l’ECHA montrent que 35 % des incendies liés aux batteries lithium-ion en Europe concernent des véhicules produits après 2023. Mercedes n’est pas cité dans le rapport, mais ce n’est qu’une question de temps. Le constructeur mise sur des matériaux innovants pour réduire les risques, mais les tests en conditions réelles n’ont pas encore été menés à grande échelle. Une omission qui pourrait coûter cher si un incendie se produit en pleine démonstration au salon.
Le vrai enjeu : la guerre des prix avec Tesla
Le SUV électrique de Mercedes n’est pas le seul modèle à faire parler. La marque présentera aussi une berline 100 % électrique à moins de 60 000 euros, un prix qui frôle celui des Tesla Model 3 d’entrée de gamme. Pourquoi cette descente en gamme ? Parce que Mercedes a perdu 15 % de parts de marché sur le segment des berlines premium face à Audi et BMW depuis 2022. La raison ? Ses modèles hybrides, trop chers et trop gourmands. La solution ? Baisser les prix en misant sur l’électrique. Sauf que Tesla et BYD ont déjà verrouillé ce créneau.
Prenez le BYD Seal, qui propose 500 km d’autonomie pour 45 000 euros. Ou le Tesla Model 3, avec 450 km d’autonomie et une recharge plus rapide. Mercedes arrive en retard sur un marché où les règles ont changé. Son atout ? L’image de marque. Son talon d’Achille ? Les délais de livraison. En 2023, un client qui commandait un Mercedes EQE avait une attente moyenne de 18 mois. En 2026, ce délai pourrait dépasser les 24 mois, selon des sources du secteur. Une stratégie risquée quand les clients veulent leurs voitures maintenant.
Ce que personne ne dit sur l’avenir de l’électrique
Mercedes mise sur l’hydrogène pour ses gros véhicules utilitaires, mais abandonne clairement le segment des petits SUV électriques. Pourquoi ? Parce que les coûts de R&D sur l’hydrogène sont astronomiques, et que les ventes ne suivent pas. En 2023, seulement 1 % des ventes de véhicules lourds en Europe étaient des modèles hydrogène. Un échec que Mercedes assume mal.
Pendant ce temps, BYD et Tesla investissent massivement dans les batteries solides, une technologie qui pourrait doubler l’autonomie des véhicules d’ici 2028. Mercedes en est encore au stade des prototypes. Le risque ? Se faire distancer sur un marché où l’innovation prime.
La conclusion qui dérange
Mercedes arrive au salon de Paris avec un arsenal de premières mondiales, mais son vrai combat se joue ailleurs : dans les usines, les coûts, et la capacité à rattraper un retard de cinq ans sur Tesla et BYD. Le SUV électrique à 85 000 euros est beau, mais il ne changera pas la donne. Ce qui compte, c’est ce que les clients verront dans les concessions : des prix alignés, des délais raisonnables, et des batteries qui tiennent leurs promesses. Sur ce terrain, Mercedes a encore du chemin à parcourir.