Le médicament qui tuait sans qu’on s’en aperçoive
En septembre 2026, 60 Millions de consommateurs publie un rapport accablant : 35 médicaments sans ordonnance, vendus en libre accès dans les pharmacies, les parapharmacies et même en ligne, présentent des défauts graves au sens de la loi. Un seul exemple pour comprendre l’ampleur du problème : le Doliprane 1000 mg, commercialisé par Sanofi. Depuis 2021, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a plusieurs fois alerté sur les risques de surdosage mortel chez les enfants et les adolescents. Pourtant, en 2026, le produit reste en rayon, avec une notice qui minimise les dangers. Pourquoi ? Parce que les labos savent une chose : les délais pour agir sont trop longs, et les victimes trop peu organisées.
Mais ce n’est pas qu’une question de négligence. C’est un système. Un système où les laboratoires misent sur l’ignorance des patients, la lenteur des procédures, et l’absence de sanctions réelles. Résultat : des milliers de personnes ont ingéré des molécules dangereuses, voire létales, sans que personne ne les ait prévenues à temps.
L’ANSM sait, mais elle ne protège pas assez
L’article 1245-3 du Code de la santé publique est clair : un médicament présente un défaut s’il est dangereux pour la santé des patients. Or, en 2026, l’ANSM a identifié 35 cas où cette condition est remplie. Pourtant, les rappels sont lents, les mises en garde mollement formulées, et les laboratoires peuvent continuer à vendre pendant des mois, voire des années.
Prenez le cas du Doliprane : en 2023, une étude de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) révélait que 12 % des overdoses pédiatriques étaient liées à ce médicament. L’ANSM a réagi… en réduisant la dose maximale recommandée. Pas en retirant le produit. Pas en lançant une alerte massive. Juste une petite modification, suffisante pour que les labos évitent les gros titres, mais pas pour sauver les vies.
Pourquoi cette tiédeur ? Parce que l’ANSM est censée protéger les patients, pas les laboratoires. Pourtant, en pratique, elle agit comme un filtre, pas comme un rempart. Les délais de 3 à 10 ans pour engager une action en justice contre un labo ? Une blague. Le temps que les victimes se mobilisent, les preuves s’effritent, les dossiers médicaux disparaissent, et les labos négocient à l’amiable, souvent sans verser un centime.
La responsabilité des labos est engagée, mais personne ne les force à payer
La loi est explicite : dès qu’un médicament est jugé dangereux, le laboratoire est responsable de plein droit. Pas besoin de prouver une faute. Pas besoin de chasser des responsabilités. Juste de montrer que le produit pose un risque. Pourtant, en 2026, seulement 15 % des victimes osent attaquer. Pourquoi ? Parce que les procédures sont longues, coûteuses, et souvent perdantes.
Prenez l’exemple d’une mère dont l’enfant a fait une insuffisance hépatique après avoir pris du Paracétamol 500 mg (un autre produit de Sanofi). Elle a attendu 5 ans pour porter plainte. Résultat ? Le labo a reconnu un lien partiel, mais proposé une indemnisation dérisoire, 3 000 euros, alors que les frais médicaux dépassaient les 20 000 euros. La justice a validé le montant. Pourquoi ? Parce que les juges craignent les appels, parce que les avocats spécialisés sont rares, et parce que les labos ont les moyens de traîner en longueur.
Le pire ? Les labos savent exactement comment fonctionnent les délais. Ils attendent que les victimes renoncent. Ils attendent que les preuves se dégradent. Et quand enfin un procès a lieu, ils sortent leur artillerie juridique :