- ça arrive. Et dans ces moments-là, c’est la réputation qui trinque.
Angel, qui s’occupe de la cuisine, assume : « On n’est pas parfaits. Mais on fait de notre mieux pour que ce soit frais et bon. » Sauf que le « de notre mieux », ça ne suffit pas toujours. À Bruxelles, certains Makizoku ont déjà été pointés du doigt pour des problèmes d’hygiène ou des poissons pas assez frais. La franchise mise sur un turnover rapide, mais à Namur, avec une clientèle locale et pas seulement des passants, la pression est différente.
Le vrai défi : faire bouger un marché figé
Leur plus gros risque ? Devenir un Makizoku comme les autres. Ceux qu’on oublie dès qu’on a fini de manger. Ceux qui ne marquent pas les esprits. Ceux qui disparaissent au bout de six mois parce que le business plan ne tient pas.
Pourtant, Marvin et Angel ont une carte à jouer : l’âge. À 21 et 20 ans, ils ne sont pas des entrepreneurs classiques. Ils ne viennent pas du milieu de la restauration. Ils ne connaissent pas les codes des franchises. Et c’est justement ça, leur force. Ils ne cherchent pas à faire comme tout le monde. Ils veulent casser la routine.
Leur stratégie ? Miser sur les réseaux sociaux. Instagram, TikTok, Facebook : ils postent des vidéos de leur cuisine, des stories « behind the scenes », des offres spéciales. « On essaie de créer du lien avec les clients, pas juste de leur vendre un menu », explique Angel. Résultat ? Une page Instagram qui grossit, des messages privés qui affluent, des clients qui reviennent.
Mais attention : les réseaux, ça ne paie pas les loyers. Et à Namur, le bouche-à-oreille a ses limites. La ville n’est pas une capitale. Les gens ne se déplacent pas pour un restaurant. Ils y vont parce qu’il est là, sous leur nez.
Ce que ça change (et ce que ça ne change pas)
Leur ouverture, c’est un signe. Un signe que les sushis ne sont plus réservés aux restaurants chics ou aux touristes. Que les jeunes générations veulent du japonais, mais pas à n’importe quel prix. Que les franchises low-cost ont encore de l’avenir, même en Belgique.
Sauf que le vrai problème, c’est le reste du marché. Les Makizoku qui coûtent une fortune à ouvrir, ceux qui misent sur le luxe plutôt que sur l’accessibilité, ceux qui oublient que le client moyen n’a pas envie de payer 25 euros pour un menu qui se mange en dix minutes.
Marvin et Angel, eux, ont compris une chose simple : si vous voulez que les gens viennent, il faut leur donner une raison. Pas une raison de dépenser, mais une raison de revenir. Du poisson frais, des prix clairs, une ambiance décontractée. Rien de révolutionnaire. Juste ce qu’on aurait aimé avoir quand on était étudiants.
Et c’est peut-être ça, leur plus belle victoire : prouver que même à 20 ans, on peut encore faire bouger les lignes.
Leur dernier mot ? « On ne cherche pas à devenir les rois des sushis. On veut juste que les gens mangent bien, sans se ruiner. Point. »