Le prix affiché à l’écran clignote : 199,99 €. C’est le tarif du dimanche 13 septembre, et Krups ne joue pas à la loterie. La machine à grains EA815070 n’est pas une promo de fin de série, ni un gadget pour early adopters en mal de gadgets. Elle est là pour une raison simple : elle fait du café comme une machine à café doit le faire. Sans capsules. Sans compromis. Sans vous prendre pour des idiots en vous vendant du marc en sachet sous prétexte que c’est « pratique ».
Pourtant, 68 % des Français utilisent encore des capsules (source : étude CSA pour la Fédération Française du Café, 2023). Krups, avec cette machine, leur tend un miroir. Un miroir qui reflète une vérité simple : si vous voulez un café qui ressemble à quelque chose, il faut accepter de faire un effort. Pas grand-chose. Juste trier vos grains, les peser, les moudre, les tasser. Et attendre. Pas plus de 3 minutes. Mais il faut attendre.
C’est ça, le vrai problème. Les capsules ont gagné parce qu’elles ont tué l’attente. Krups, avec cette machine, la ramène. Elle vous dit : « Vous voulez un café qui a du corps ? Qui sent le grain torréfié ? Qui ne goûte pas le plastique ? Alors assumez le processus. »
Elle écrase tout sur son passage
La EA815070 n’est pas une machine à café. C’est une mini-usine à café. Elle a un moulin intégré, oui, mais pas n’importe lequel. Un moulin en céramique qui broie les grains juste avant l’extraction, comme dans les cafés pros. Résultat : pas de rancissement, pas de goût de grain mort. Krups mise sur la pression, aussi. 19 bars, calibrés au millimètre près. Assez pour extraire les huiles sans brûler l’amertume. Assez pour que votre espresso ait la densité d’un café de comptoir, pas celle d’un décaf’ dilué.
Mais voici le truc : ça marche seulement si vous utilisez des grains de qualité. Pas des clopinettes à 5 € le kilo. Krups ne le dit pas explicitement, mais c’est sous-entendu. Si vous mettez du grain de supermarché, vous aurez un café médiocre. Point. La machine ne fait pas de miracles. Elle révèle.
Et c’est là que ça devient intéressant. Parce que Krups, avec cette machine, force le consommateur à se positionner. Soit vous acceptez de payer 12-15 € le kilo de grain (un prix juste, soit dit en passant), soit vous restez sur votre capsule à 0,30 € la dose, avec le goût de carton recyclé en bonus.
Le prix serré cache un calcul
199,99 €, c’est 30 % de moins que le modèle haut de gamme de Krups (la XE61, à 289 €). Pourquoi cette baisse ? Deux raisons. D’abord, la concurrence des machines à capsules : Krups ne peut plus se permettre de laisser 200 € sur la table. Ensuite, la guerre des grains : depuis que Nespresso a lâché ses brevets sur les capsules, les marques low-cost pullulent. Krups doit riposter en misant sur le vrai café, même si ça implique de faire peur aux gens.
Mais attention : cette machine n’est pas un cadeau. Elle coûte cher à l’usage. Un kilo de grain à 12 €, c’est 0,12 € la dose. Une capsule Nespresso, c’est 0,25-0,30 €. À volume égal, la machine à grains coûte 40 % moins cher. Mais il faut acheter un kilo de grains. Et là, beaucoup reculent.
Pourtant, les chiffres sont têtus. Une étude de l’ADEME (2022) montre que les machines à capsules génèrent 20 kg de déchets par an et par utilisateur. Krups, elle, vous vend du café sans déchet. Juste du marc, que vous compostez ou jetez. Rien de plus.
Le vrai piège : l’espace et le temps
La EA815070 prend de la place. 20 x 30 cm, c’est plus qu’une Nespresso. Et elle demande de l’attention. Vous ne pouvez pas la laisser allumée en mode veille en espérant un café instantané. Il faut moulin, dose, tassement, extraction. Trois minutes de votre vie, volées à votre paresse.
C’est ça, le vrai défi. Les capsules ont gagné parce qu’elles ont supprimé l’étape la plus pénible : choisir. Krups, elle, vous la ramène. Elle vous dit : « Vous voulez un café qui a du sens ? Alors assumez les étapes. »
Mais est-ce que tout le monde est prêt à le faire ?
Ce que Krups ne dit pas
La machine est silencieuse. Trop silencieuse, presque. Elle ne fait pas de bruit de moulin bruyant, de vapeur qui siffle. Elle travaille en silence, comme un professionnel. C’est rassurant, mais aussi un peu froid. On s’attend à ce qu’une machine à café fasse du bruit, non ? Comme un rite.
Et puis, il y a l’entretien. Les filtres, les résidus de café, l’huile qui s’accumule dans le groupe. Krups fournit un kit de nettoyage, mais personne n’aime nettoyer sa machine à café. C’est comme laver sa bouilloire : on oublie. Et puis un jour, ça coince.
Enfin, il y a la question des recettes. Krups propose des programmes pré-réglés (espresso, lungo, etc.), mais personne ne boit du café comme un robot. Vous voulez un café plus corsé ? Moins amer ? Il faut ajuster la dose, le temps, la pression. C’est un apprentissage. Et Krups ne vous prend pas la main.
Alors, ça vaut le coup ?
Oui. Si vous en avez quelque chose à faire.
- Vous êtes un buveur de café exigeant ? Cette machine est faite pour vous. Elle vous donnera un espresso qui a du corps, du goût, et qui ne vous fera pas honte devant un barista.
- Vous êtes écologiste ? Vous gagnerez en déchets, et en conscience.
- Vous êtes pressé ? Passez votre chemin. Les capsules restent plus rapides.
Le problème, c’est que Krups mise sur les convaincus. Ceux qui savent déjà ce qu’ils veulent. Pas sur les indécis. Pas sur ceux qui hésitent entre le confort et la qualité.
Cette machine n’est pas une révolution. C’est un retour en arrière. Un retour à l’époque où le café se méritait. Où l’on acceptait de mettre la main à la pâte, même si c’était un peu salissant.
Et c’est peut-être pour ça qu’elle marche si bien. Parce que, aujourd’hui, le café est devenu une commodité. Krups, avec cette machine, rappelle que c’en est une autre. Une nécessité. Pas un luxe.
Alors, vous êtes prêt à payer le prix ?