Votre lycée sera-t-il encore ouvert mardi ?

141 établissements fermés vendredi, 4% des lycées. Une nouvelle journée d'action est prévue mardi, mais les lycéens jouent avec un jeu dangereux : l'usure. Voici ce qui se passe quand le mouvement s'essouffle sans victoire.

Publié le 9 octobre 2026 à 22:06
Votre lycée sera-t-il encore ouvert mardi ?

Le lycée Henri-Wallon, à Paris, est toujours fermé ce vendredi. Pas de cours, pas de profs, juste des élèves qui tournent en rond dans la cour ou qui squattent les salles de permanence. Certains ont organisé des débats, d'autres regardent des films. Personne ne sait encore ce qu'il adviendra mardi, quand une nouvelle journée d'action est prévue. Mais une chose est sûre : la mobilisation perd du terrain. 141 établissements fermés sur 3 800, soit moins de 4%. Un chiffre qui parle tout seul. Et qui pose une question simple : à quoi bon continuer si presque personne ne suit ?

Le mouvement qui s’épuise sans but clair

Les lycéens ont obtenu des choses, oui. Un peu plus de moyens pour les infirmières scolaires, quelques promesses sur les conditions de vie dans les internats. Mais rien qui ne ressemble à une victoire nette. Et c’est ça, le problème. Quand un mouvement n’a pas d’objectif précis, il finit par devenir une habitude, puis une corvée. Les élèves du lycée Victor-Hugo, à Lyon, en parlent entre eux : « On fait grève, mais on sait pas pour quoi. » Une phrase qui résume l’état d’esprit. Les syndicats étudiants, eux, ne lâchent rien. Ils appellent à la mobilisation pour mardi, mais sans plan B. Sans menace crédible. Sans même une vraie négociation en cours.

Ce que les chiffres cachent vraiment

4%. C’est le taux de lycées fermés vendredi. Un chiffre qui semble faible, mais qui est en réalité un signe d’essoufflement. Parce que les établissements fermés, ce sont souvent ceux où les élèves sont les plus déterminés. Ceux où les profs sont solidaires. Ceux où les parents ne bronchent pas. Le reste du pays, lui, continue comme si de rien n’était. Les cours ont lieu, les examens aussi. La vie scolaire, elle, ne s’arrête pas.

Et puis, il y a l’effet d’aubaine. Certains lycées ferment parce que les élèves sont trop nombreux à faire grève. D’autres, parce que les profs refusent de venir. Mais la plupart ? Ils restent ouverts, tout simplement parce qu’ils peuvent. Le ministère de l’Éducation nationale, lui, ne panique pas. Dans un communiqué, on peut lire : « Nous restons en contact avec les représentants des élèves. » Traduction : « On vous ignore, mais on est là au cas où. »

Le vrai danger : l’usure

Les lycéens jouent avec le feu. Ils savent que plus ils font grève, moins les gens les écoutent. Et moins les gens les écoutent, moins ils obtiennent. C’est un cercle vicieux. Pourtant, ils continuent. Parce que faire grève, c’est aussi une façon de se sentir exister. De montrer qu’on compte. Mais à quel prix ?

Prenez l’exemple du lycée Louis-le-Grand, à Paris. Fermé vendredi. Les élèves ont organisé des ateliers, des discussions. Certains ont même fait des pétitions. Mais au fond, à quoi ça sert ? Les décisions se prennent ailleurs. Au ministère. En conseil des ministres. Pas dans les lycées.

Ce que personne ne dit

Il y a une chose que personne n’ose avouer : ce mouvement est en train de perdre sa raison d’être. Les lycéens ont fait entendre leur voix. Ils ont obtenu quelques miettes. Maintenant, ils sont coincés. Soit ils lâchent prise, soit ils continuent à faire grève pour rien.

Et puis, il y a la question des examens. Le bac approche. Les élèves qui font grève aujourd’hui seront ceux qui devront passer les épreuves dans quelques mois. Est-ce qu’on va leur accorder des dispenses ? Des reports ? Personne n’en parle. Parce que c’est trop compliqué. Parce que ça coûterait trop cher. Parce que, au fond, personne ne veut vraiment régler le problème.

Mardi, et après ?

Mardi, les lycéens seront de nouveau dans la rue. Ou pas. Parce que 4% des établissements fermés, c’est déjà un signe de fatigue. Et que 4%, c’est aussi un chiffre qui ne fait pas peur à personne.

Le vrai problème, c’est que personne ne sait plus où on va. Les lycéens veulent être entendus. Le gouvernement veut faire semblant d’écouter. Mais au final, rien ne change.

Alors oui, mardi, il y aura peut-être une nouvelle journée d’action. Mais après ? Après, il faudra bien choisir : soit on continue à faire grève sans rien obtenir, soit on arrête et on se résigne.

Et c’est ça, la vraie question. Pas celle des cours fermés. Pas celle des promesses non tenues. Mais celle de savoir si les lycéens ont encore les moyens de se battre.

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R Galaxie Rédaction

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