Luc Ferry alerte l'Éducation nationale sur un désastre annoncé

Les étudiants trichent massivement avec l’IA, les profs ferment les yeux, et le système scolaire refuse de voir l’urgence. Luc Ferry, lui, ne mâche pas ses mots. Voici pourquoi le plus gros scandale éducatif du siècle se joue aujourd’hui, sans que personne ne bronche vraiment. Et ce que ça signifie pour vos enfants.

Publié le 23 septembre 2026 à 20:21
Luc Ferry alerte l'Éducation nationale sur un désastre annoncé

L’IA a déjà gagné. L’école, elle, est en retard de dix ans, et personne ne veut l’admettre encore.

Un étudiant en master de philosophie à Paris 1 Panthéon-Sorbonne me raconte, sans fierté, comment il a fait son mémoire en trois jours. Pas en trois semaines. Trois jours. Avec des prompts qu’il a copiés sur Reddit, des sources générées par Perplexity, et une IA qui lui a même suggéré des citations de Foucault presque crédibles. Résultat : 85 pages, notes excellentes, jury impressionné. Personne n’a vérifié. Personne ne vérifie jamais.

90 % des mémoires de master sont bricolés à l’IA, selon les estimations de Luc Ferry. Pas des rumeurs, pas des approximations : des chiffres qu’il balance comme des gifles. Et le pire ? Ce n’est pas un problème technique. C’est un problème culturel. L’école française a perdu la partie avant même que le combat commence.

Pourtant, quand Ferry parle de gamins de 14 ans qui savent déjà que leur devoir sera noté sur DeepL ou Bard, il ne fait pas une prédiction. Il décrit une réalité. Une réalité que les enseignants connaissent, mais qu’ils refusent d’affronter.

Pourquoi les profs font semblant de rien

Un professeur de lettres en lycée parisien m’a dit un truc simple, un soir de mai : « On sait tous que c’est la merde. Mais si on crie trop fort, on va se faire virer ou pire : on va devoir changer les règles du jeu. Et ça, personne n’en a envie. »

Pourquoi ? Parce que l’IA, ce n’est pas qu’un outil. C’est un miroir.

  • D’abord, ça révèle l’inutilité de 80 % des devoirs. Si un élève peut générer un commentaire de texte en 10 minutes avec ChatGPT, c’est que le commentaire de texte n’a jamais servi à rien. Sauf à occuper les profs.
  • Ensuite, ça force à admettre que le système récompense la triche bien plus que le travail. Un étudiant qui passe 500 heures sur un mémoire a les mêmes chances de réussir qu’un autre qui a payé 200 euros à un ghostwriter. La seule différence ? Le premier a perdu son temps, le second a gardé son temps et son diplôme.
  • Enfin, ça oblige à regarder en face l’échec de l’école française : elle n’a pas su former des esprits critiques, seulement des paresseux bien notés.

Les profs le savent. Les recteurs le savent. Même les ministres, quand ils daignent écouter. Mais personne ne bouge.

Pourquoi ? Parce que réformer l’école, c’est avouer qu’elle était déjà pourrie.

Et avouer ça, ça fait mal.

Le chiffre que personne ne veut commenter

En 2022, une étude de l’Observatoire des Usages Numériques en Éducation (OUNE) a révélé que 68 % des lycéens français utilisaient des outils d’IA pour leurs devoirs. 68 %. Pas 10 %. Pas 30 %. Deux tiers.

Le rapport mentionne aussi que seulement 12 % des établissements ont mis en place des protocoles de détection de l’IA. Les autres ? Rien. Zéro. Ils attendent que ça passe. Comme une grippe.

Pourtant, ce n’est pas une grippe. C’est un tsunami.

L’IA ne va pas disparaître. Elle ne va pas devenir moins puissante. Elle va juste devenir plus accessible, plus discrète, plus intégrée. Et dans cinq ans, quand vos enfants seront au lycée, ils ne tricheront même plus avec l’IA. Ils travailleront avec. Parce que l’IA sera leur stylo, leur calculatrice, leur traducteur, leur correcteur.

Sauf que le problème, c’est que l’école n’est pas prête.

Ce que propose Ferry, et pourquoi ça fait peur

Luc Ferry ne veut pas juste interdire l’IA. Il veut réinventer l’école. Voici ce qu’il propose, en gros :

  1. Supprimer les devoirs inutiles. Plus de dissertations sur des sujets morts. Plus de fiches de lecture où l’élève recopie ce que l’IA a déjà résumé. À la place : des débats, des projets concrets, des enquêtes où l’IA est un outil parmi d’autres, mais pas la seule.

  2. Former les profs à l’IA, oui, mais pas pour la détecter. Pour l’utiliser. Pour enseigner avec. Parce que si un prof ne maîtrise pas les outils que ses élèves utilisent, il n’est plus qu’un gardien de notes.

  3. Arrêter de noter la forme. Si un élève écrit mal, qu’il ait une idée claire. Si l’IA corrige sa syntaxe, qu’il explique pourquoi son raisonnement tient. L’école doit évaluer la pensée, pas la calligraphie.

  4. Accepter que l’IA change la notion de plagiat. Un mémoire écrit à 90 % par une IA, c’est du plagiat ? Oui. Un mémoire où l’élève a utilisé l’IA pour affiner ses arguments, mais où la réflexion reste la sienne ? Non. Il faut distinguer la fraude de l’innovation.

Le problème, c’est que tout ça, ça demande du courage.

  • Courage pour avouer que les programmes sont dépassés.
  • Courage pour former des profs qui ont peur de ce qu’ils ne maîtrisent pas.
  • Courage pour dire aux parents que leur enfant ne sera pas jugé sur sa capacité à réciter Baudelaire, mais sur sa capacité à comprendre le monde.

Et surtout : courage pour admettre que l’école française est en train de perdre la bataille de l’intelligence.

Le vrai scandale n’est pas l’IA. C’est l’hypocrisie.

Le pire, ce n’est pas que les élèves trichent. C’est que personne ne fait semblant de s’en offusquer vraiment.

  • Les recteurs parlent de « vigilance accrue ». Traduction : on va ajouter une case dans les rapports de stage pour dire « L’élève a-t-il utilisé l’IA ? » (réponse attendue : « Non, Monsieur. »).
  • Les ministères sortent des communiqués lisses sur « l’éthique de l’IA ». Traduction : on va organiser des ateliers pour apprendre aux profs à repérer les mémoires écrits par des robots. Comme si c’était une partie de cache-cache.
  • Les parents ? La plupart s’en foutent. Tant que leur gosse a son bac, ils ne demanderont pas comment il l’a eu.

L’IA n’est pas le problème. L’inaction est le problème.

Ce qui se passe quand on ferme les yeux

Prenez le cas de l’université de Strasbourg. En 2023, un tiers des mémoires de master en droit ont été détectés comme suspects par des outils anti-plagiat. Résultat ? L’université a refusé de sanctionner les étudiants. Pourquoi ? Parce que « le jury doit pouvoir évaluer le travail rendu », a expliqué le doyen. Traduction : « On sait que c’est de la merde, mais on va faire comme si de rien n’était. »

À quoi ça sert, un diplôme si on ne sait pas ce qu’il vaut ?

Prenez maintenant les entreprises. Une étude de l’APEC (2024) montre que 42 % des recruteurs ont déjà écarté un candidat parce que son CV ou sa lettre de motivation semblaient trop parfaits, signe qu’ils avaient été générés par une IA. 42 %. Et ce chiffre va monter.

Vos enfants vont se retrouver avec des diplômes qui ne valent rien. Parce que personne n’a eu le courage de changer les règles du jeu.

La vraie question n’est pas « Comment détecter l’IA ? » Mais « Pourquoi l’école refuse-t-elle de se réinventer ? »

Luc Ferry a raison sur un point : l’IA n’est pas un bug. C’est un symptôme.

Le symptôme d’une école qui ne forme plus des esprits, mais des consommateurs de notes.

Le symptôme d’un système qui préfère mentir à ses élèves plutôt que d’avouer qu’il est obsolète.

Le symptôme d’une société qui croit encore que la connaissance se mesure en nombre de pages recopiées.

La solution ? Arrêter de courir après l’IA pour la punir et commencer à courir avec elle pour l’utiliser.

Mais ça, personne n’en a envie.

Parce que changer l’école, c’est admettre qu’elle était déjà morte. Et ça, même Ferry n’a pas les mots pour le dire sans que ça fasse mal.

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R Galaxie Rédaction

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