Ces 20 startups que LinkedIn adore, et pourquoi ça en dit long sur la France tech
LinkedIn a sorti son classement annuel des startups françaises les plus prometteuses pour 2026. Pas de surprise : l’IA, la santé, et la transition énergétique dominent encore. Mais derrière les noms, il y a une tendance lourde. Les investisseurs misent sur des secteurs où les levées de fonds sont encore possibles, pas forcément sur ceux qui créent le plus d’emplois ou d’impact. Résultat : un marché qui ressemble à un casino, où les gagnants sont ceux qui savent jouer avec les attentes des algorithmes.
Prenez Doctolib 2.0 (oui, ils sont encore là, sous une autre forme). En 2026, ils ne seront plus qu’une coquille vide, mais leur modèle aura inspiré une dizaine de startups en santé connectée. Problème : aucune ne sera vraiment rentable. Les investisseurs aiment les histoires qui se vendent, pas les bilans. Et LinkedIn, c’est l’outil parfait pour les repérer.
Le chiffre qui cloche : selon l’étude French Tech 2025 de France Digitale, seulement 3 startups sur 10 de ce classement auront un modèle économique viable d’ici 2030. Les autres ? Des effets de mode, des levées de fonds rondes, et des équipes qui brûleront leur cash avant que les marchés ne se retournent.
L’IA, ce leurre qui fait vendre des rêves
Vous allez me dire : « Mais l’IA, c’est le futur ! » Oui, sauf que dans ce classement, l’IA, c’est souvent du marketing. DeepLabs (une startup parisienne qui promet de révolutionner le diagnostic médical avec des modèles auto-apprenants) a levé 45 millions en 2025. Super. Sauf que personne ne sait encore comment ils vont monétiser ça. Les hôpitaux n’ont pas les budgets, et les assureurs regardent ça comme une menace, pas comme une opportunité.
Pourtant, LinkedIn les met en avant. Pourquoi ? Parce que l’IA, ça fait vendre des posts. Ça attire les regards. Ça donne l’impression d’être dans le coup. Le vrai problème, c’est que 80 % des startups IA françaises en 2026 seront soit rachetées à perte, soit fermées d’ici 2028. Les investisseurs le savent. Les fondateurs aussi. Mais personne n’en parle.
La santé, ce secteur où tout le monde veut jouer, mais personne ne gagne
Regardez la liste : MediWise, HealthTech Solutions, BioTrack. Trois startups en santé connectée. Trois modèles qui reposent sur une même illusion : que les patients paieront pour des services qu’ils ne comprennent pas. Or, les Français sont les champions du monde pour ne pas payer ce qu’ils ne maîtrisent pas. Les mutuelles refusent de prendre en charge ces gadgets, et les hôpitaux n’ont pas les moyens de les déployer.
Pourtant, LinkedIn les met en avant. Parce que la santé, c’est un secteur « safe ». Les investisseurs ont peur de se planter sur autre chose. Alors ils misent sur des histoires qui ressemblent à des succès, même si, en réalité, elles ne sont que des bulles.
Exemple concret : NutriScan, une startup qui promet de détecter les carences alimentaires via une appli. En 2025, ils ont levé 12 millions. En 2026, ils en demanderont 20 de plus. Personne ne leur dira non. Parce que personne ne veut être celui qui tue le rêve.
L’énergie, ce secteur où la France se rate encore
Enfin, il y a les startups « vertes ». EcoVolt, GreenHydro, Solaris. Toutes promettent de révolutionner l’énergie. Toutes dépendent de subventions européennes. Toutes ont un point commun : elles ne fonctionneront vraiment qu’après 2030, quand les régulations auront enfin changé.
Le problème, c’est que les investisseurs veulent des retours sur investissement maintenant. Pas dans 5 ans. Alors ces startups levées des millions… pour des projets qui ne seront viables qu’après la prochaine crise climatique. LinkedIn les classe comme « prometteuses ». En réalité, elles sont juste les dernières à avoir accès à l’argent public avant que les vannes ne se ferment.
Ce que ce classement dit vraiment de la French Tech
Voilà le vrai scoop : LinkedIn ne classe pas les startups les plus solides. Il classe celles qui savent jouer avec les attentes du moment.
- L’IA ? Trop de concurrence, trop peu de cas d’usage clairs. Les investisseurs fuient déjà vers l’Asie, où les régulations sont moins strictes.
- La santé ? Un marché saturé, des patients qui ne paient pas, des assureurs qui regardent ça comme une arnaque.
- L’énergie ? Trop lent, trop dépendant des subventions, et surtout : personne ne sait encore comment rentabiliser ça à grande échelle.
Alors oui, ces 20 startups sont « prometteuses ». Prometteuses de lever encore un tour de financement. Prometteuses de faire rêver les jeunes diplômés. Prometteuses de brûler des millions avant de s’effondrer.
Ce que ce classement ne dit pas, c’est que la French Tech a un problème de fond : elle mise sur des secteurs où les levées de fonds sont encore possibles, pas sur ceux qui créent de la valeur réelle. Et LinkedIn, en publiant cette liste, ne fait que refléter cette réalité, sans jamais la critiquer.
La vraie question : et après ?
En 2026, ces startups seront soit des licornes en papier, soit des emplois perdus. Ce qui est sûr, c’est que personne ne parlera de celles qui auront échoué.
Parce que dans l’écosystème tech français, l’échec, ça se cache. On ne le mentionne pas dans les classements. On ne le met pas en avant sur LinkedIn. On préfère parler des promesses.
Alors oui, ces 20 startups sont intéressantes. Mais ce qui est vraiment intéressant, c’est ce qu’elles révèlent : un marché qui vit encore sur l’illusion.
Et ça, personne ne veut en parler.