GénéralLa ligne Mascouche du REM progresse mais reste en deçà des attentes
R Galaxie Rédaction · 4 novembre 2026 à 22:04 · 3 min de lecture
Depuis son intégration au Réseau express métropolitain, la fréquentation des trains de Mascouche augmente, mais elle n’atteint pas les niveaux visés. Les raisons de ce décalage et ses conséquences pour les usagers restent à éclaircir.
La réouverture de la ligne Mascouche au sein du Réseau express métropolitain (REM) a suscité des espoirs après des années de déclin. Pourtant, malgré une hausse de la fréquentation, les résultats ne correspondent pas aux prévisions. Ce constat soulève des questions sur les attentes initiales, les obstacles persistants et l’avenir d’une infrastructure conçue pour désengorger les transports en commun.
Pourquoi la fréquentation a-t-elle augmenté ?
L’intégration de la ligne Mascouche au REM, opérationnelle depuis plusieurs mois, a permis une amélioration tangible de son service. La connexion directe avec le centre-ville de Montréal et les autres corridors du réseau a simplifié les trajets pour les habitants de la région.
Cependant, cette hausse reste limitée. Les raisons en sont multiples : certains voyageurs, habitués à d’autres modes de transport, n’ont pas encore adopté le train, tandis que d’autres secteurs de la ligne, moins bien desservis, peinent à attirer un public régulier. Par ailleurs, le coût et la complexité perçus du système pourraient décourager une partie de la population, notamment les travailleurs occasionnels ou les étudiants.
Quels sont les objectifs initiaux et pourquoi ne sont-ils pas atteints ?
Lors de sa conception, le REM visait à attirer un nombre significatif de passagers supplémentaires sur la ligne Mascouche, en s’appuyant sur une meilleure ponctualité, des fréquences accrues et une intégration fluide avec les autres réseaux. Les projections tablaient sur une croissance rapide, notamment grâce à l’effet d’entraînement avec les autres corridors du REM et les projets d’urbanisation en périphérie.
Or, ces objectifs butent sur des réalités concrètes. D’abord, la demande potentielle reste inférieure aux estimations, en partie parce que les zones résidentielles et économiques autour de Mascouche ne sont pas aussi dynamiques qu’anticipé. Ensuite, les coûts pour les usagers, abonnements, correspondances, tarifs, peuvent représenter un frein, surtout pour les ménages modestes ou les travailleurs précaires. Enfin, la concurrence des voitures individuelles et des services de transport adaptés (VTC, covoiturage) limite mécaniquement la part modale du train.
Qui décide des ajustements et comment ?
En cas de décalage entre les prévisions et les résultats, plusieurs leviers peuvent être actionnés : modifier les tarifs, adapter les horaires, ou encore renforcer la communication pour inciter à une utilisation plus large. Cependant, ces décisions dépendent de contraintes budgétaires et politiques, ce qui peut ralentir les correctifs.
Par ailleurs, les municipalités locales, comme celle de Mascouche, jouent un rôle dans l’attractivité de la ligne. Leur capacité à développer des pôles d’emploi ou des équipements publics autour des gares influence directement la fréquentation. Une coordination insuffisante entre les échelons territorial et régional peut ainsi freiner les progrès.
Quelles conséquences pour les usagers ?
Pour les habitants de Mascouche et des communes environnantes, les retards initiaux avaient déjà érodé la confiance dans le service. Même si la situation s’améliore, le fait que la ligne ne remplisse pas ses objectifs peut se traduire par des services moins fréquents ou des investissements différés. À terme, cela pourrait décourager une adoption plus large, surtout si les alternatives (voiture, bus) restent perçues comme plus pratiques.
Pour les contribuables, le décalage entre les coûts engagés et les résultats obtenus pose aussi la question de la rentabilité sociale du projet. Si le REM justifie son existence par des gains en termes de fluidité et d’environnement, son succès dépend en partie de sa capacité à attirer un nombre suffisant d’usagers pour équilibrer les comptes.
Un désaccord persistant sur les priorités
Les promoteurs du REM défendent l’idée que les progrès, même modestes, confirment la pertinence du projet et que le temps est nécessaire pour atteindre la maturité.
À l’inverse, les critiques estiment que les objectifs initiaux étaient surévalués et que les ressources auraient pu être mieux utilisées ailleurs. Ils pointent aussi le manque de transparence sur les raisons précises du sous-achalandage, ce qui rend difficile toute mesure corrective ciblée.
Malgré ces divergences, un point fait consensus : la ligne Mascouche ne peut se contenter d’une amélioration lente. Son avenir dépendra autant des ajustements techniques que de la capacité à convaincre une partie de la population, encore réticente, de lui accorder sa confiance.
Photo : Aubrey, CC BY 4.0, via Openverse.
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