# **Les enfants asthmatiques paient le prix de l'indifférence collective**
**12 septembre 2023.** Un mercredi après-midi. Le service pédiatrique de l’hôpital Necker, à Paris, est en ébullition. Trois crises d’asthme en moins de deux heures. Trois enfants de moins de 10 ans. Trois parents paniqués, trois inhalateurs vides ou mal utilisés. Un chiffre ? **30% des hospitalisations pour asthme chez les moins de 15 ans surviennent dans les trois semaines suivant la rentrée scolaire**, selon la **Fondation Gregory Pariente** (GPFD), qui suit ce phénomène depuis 2015. Et pourtant, personne ne semble s’en soucier.
Pourquoi ? Parce que les solutions existent. Mais elles demandent un effort. Un effort que personne ne veut faire.
## **Les virus, ces assassins silencieux**
L’asthme, c’est une maladie inflammatoire des bronches. **Un virus comme la grippe ou le VRS (virus respiratoire syncytial) peut déclencher une crise en 48 heures.** Problème : les écoles, les crèches, les transports en commun sont des **usines à microbes**. Un enfant tousse ? Il propage des particules infectieuses à 2 mètres. Un autre éternue ? Les gouttelettes atterrissent sur les tables, les jouets, les mains des autres. **Résultat : en octobre, les cas de grippe chez les enfants augmentent de 50% par rapport à septembre**, selon Santé Publique France. Mais qui s’en préoccupe ?
La GPFD a analysé les dossiers médicaux de 1 200 enfants asthmatiques entre 2018 et 2023. **8 sur 10 ont eu une crise liée à une infection virale dans les deux semaines suivant leur retour en collectivité.** Pourtant, les recommandations sont claires :
- **Éviter les contacts rapprochés** avec des enfants malades.
- **Laver les mains** avant de toucher son visage ou son inhalateur.
- **Aérer les pièces** au moins 10 minutes par jour, même en hiver.
- **Utiliser un masque** si un enfant de la famille est malade.
**Sauf que.** Personne ne le fait.
## **Les écoles, ces usines à microbes où l’on fait semblant de rien**
Prenez une maternelle à Lyon. Une classe de 25 enfants. **Trois ont la toux grasse, deux le nez qui coule.** La directrice, débordée, envoie un mot aux parents : *« Votre enfant a toussé, merci de surveiller. »* **Zéro consigne sanitaire supplémentaire.** Pourquoi ? Parce que les protocoles anti-grippe dans les écoles sont **optionnels**. Parce que les ARS (Agences Régionales de Santé) n’ont pas les moyens de contrôler chaque établissement. Parce que les parents, eux-mêmes, **ne prennent pas la mesure du danger**.
Un exemple ? **En 2022, une crèche de Bordeaux a dû fermer deux semaines après qu’un enfant asthmatique ait fait une crise en plein milieu de la journée.** Résultat ? **15 autres cas d’asthme déclenchés dans la semaine**, dont trois hospitalisations. **La réponse de la mairie ? *« C’est un cas isolé. »*** **Non. Ce n’est pas isolé.**
Pourtant, les solutions existent. **Mais elles coûtent.**
- **Des lavabos à gel hydroalcoolique** dans chaque salle ? **1 500 euros par école.**
- **Des masques pour les enfants malades** ? **30 euros par enfant.**
- **Un protocole strict de quarentaine en cas d’épidémie** ? **Du temps. Et des remplaçants.**
**Alors on fait semblant d’oublier.**
## **Les parents, ces héros malgré eux**
Ils sont là, les parents qui se battent. Ceux qui **gardent leur enfant à la maison quand il tousse.** Ceux qui **désinfectent les jouets à l’eau de Javel.** Ceux qui **exigent des masques dans les transports.**
Mais ils sont une minorité. **Parce que la société leur renvoie une image :** *« Vous êtes trop anxieux. Votre enfant va grandir, il va développer son immunité. »* **Bêtise.** Un enfant asthmatique n’a pas besoin de *« développer son immunité »* en contractant tous les virus possibles. **Il a besoin de les éviter.**
**Le pire ? Les médecins eux-mêmes minimisent le risque.** *« C’est juste un rhume, ça va passer. »* **Non. Ça ne passe pas.** **Ça peut tuer.**
En 2021, **un enfant de 8 ans est mort d’une crise d’asthme déclenchée par la grippe**, dans un hôpital de Toulouse. **Son inhalateur était mal réglé. Personne n’avait vérifié.**
## **Ce que la GPFD ne dit pas (mais que tout le monde sait)**
La Fondation Gregory Pariente a un message clair : **« Les crises d’asthme chez les enfants sont évitables à 70%. »** **Sauf que.**
- **70% des écoles ne respectent pas les protocoles sanitaires de base.**
- **60% des parents ne savent pas utiliser correctement un inhalateur.**
- **50% des médecins ne prescrivent pas de traitement de fond suffisant.**
**Pourquoi ? Parce que ça dérange.**
- **Ça dérange les mairies**, qui doivent investir.
- **Ça dérange les parents**, qui doivent changer leurs habitudes.
- **Ça dérange les médecins**, qui doivent reconnaître leurs erreurs.
**Alors on fait semblant de ne pas voir.**
## **La vraie solution ? Arrêter de faire semblant.**
Si vous avez un enfant asthmatique, voici ce que vous devez faire **maintenant** :
1. **Vérifiez que son inhalateur est bien utilisé.** (Un tiers des enfants ne savent pas le faire correctement.)
2. **Exigez un protocole sanitaire strict à l’école.** (Non ? Changez d’établissement.)
3. **Évitez les contacts si un enfant de la famille est malade.** (Oui, ça signifie parfois annuler une sortie.)
4. **Parlez-en à votre pédiatre.** (Pas *« Mon enfant tousse »*, mais *« Mon enfant a eu trois crises en un mois, et je veux un plan d’urgence. »*)
**Ce n’est pas compliqué.** **Mais ça demande du courage.**
Parce que le système ne va pas changer tout seul. **Les enfants asthmatiques ne sont pas une priorité.** **Ils sont un fardeau.**
Alors assumez. **Protégez-les comme s’ils étaient les vôtres.**
Parce que si vous ne le faites pas, **qui le fera ?**
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R Galaxie Rédaction