Le configurateur de la Dacia Spring affiche 17 900 €. Mais en cochant les cases Prime à la conversion et Bonus écologique (soit 5 000 € + 3 000 €), le prix s’effondre à 11 720 €. Un prix qui fait saliver. Sauf que la voiture qui en découle ressemble à un prototype de 2015 plutôt qu’à une électrique moderne. Et ça, Dacia s’en fiche.
Pourtant, le constructeur roumain mise gros sur ce modèle. La Spring, c’est son cheval de Troie pour conquérir le marché de l’électrique d’entrée de gamme. Sauf que les promesses ne tiennent pas toujours la route. Prenez l’autonomie : Dacia annonce 230 km WLTP, mais en conditions réelles, les propriétaires de Sandero TCe 100 ch (son ancêtre thermique) savent que ça tombe à 180-200 km. La Spring, avec sa batterie plus petite, sera encore pire. Personne ne le dit.
Ce que Dacia cache sous le capot
La Spring de base, c’est l’équivalent d’une Sandero d’occasion à 15 000 €, mais en version électrique. Même les finitions sont les mêmes : plastiques durs, sièges en tissu bas de gamme, et un habitacle qui sent le low-cost. Le seul vrai progrès ? Le silence du moteur. Et encore, si vous roulez à 50 km/h en ville, vous entendrez quand même le bruit des pneus et des suspensions qui s’affaissent.
Le pire ? Les options. À 11 720 €, vous n’avez pas de climatisation, pas de jantes en aluminium, pas de régulateur de vitesse. Même le système multimédia est une version allégée du Sandero, avec un écran de 7 pouces qui bugue dès qu’on y touche. Dacia vous vend une voiture, pas un service.
Pourtant, le constructeur mise sur un argument massue : la Spring est la moins chère du marché. Vrai. Mais à ce prix, Renault Zoé (à partir de 19 900 € avant aides) ou Peugeot e-208 (22 000 €) offrent au moins 300 km d’autonomie, des finitions décentes et une garantie batterie à 8 ans. La Spring, elle, ne garantit que 5 ans sur la batterie (et encore, sous conditions). Un détail qui en dit long.
L’arnaque des aides : quand l’État paie à votre place
Le vrai coup de génie de Dacia ? Faire porter une partie du prix par l’État. Les 8 000 € d’aides (prime + bonus) transforment une voiture à 17 900 € en objet à 11 720 €. Sauf que ces aides sont limitées dans le temps (jusqu’en 2025, probablement). Et si demain, l’État réduit les subventions ? La Spring redeviendra une passoire thermique.
Pire : personne ne vérifie vraiment la qualité. La Sandero a eu droit à des rappels en série pour des problèmes de direction et de freinage. La Spring, elle, n’a même pas encore été testée en conditions réelles par les assureurs. Un risque que Dacia assume.
Ce qui change vraiment avec la Spring
Il y a quand même un point positif : la Spring est légère (950 kg), ce qui compense un peu sa petite batterie. Résultat ? En ville, elle se comporte presque bien. Mais dès qu’on prend l’autoroute, le stress monte. Un plein à 11 720 €, ça se fait en 30 minutes… et ça coûte cher. Comptez 5 € les 100 km en recharge rapide. Soit 550 € pour 1 000 km. Une Zoé, elle, descend à 3,50 €/100 km. L’écart est énorme.
Et puis, il y a l’entretien. Les freins à récupération d’énergie (régénérative) usent moins les plaquettes, mais les pneus s’usent plus vite à cause du poids. Dacia ne le précise pas.
Le vrai calcul : à qui profite le crime ?
La Spring à 11 720 €, c’est avant tout un coup marketing. Dacia vend du rêve : vous roulez électrique sans vous ruiner. Sauf que la réalité est moins glorieuse. Vous achetez une voiture qui coûte cher à l’usage, avec des options payantes et une revente incertaine.
Pour qui ça marche ? Pour les jeunes urbains qui font 20 km par jour, avec un budget serré et une prise à la maison. Pour les autres, c’est du pipeau. Renault, Peugeot ou même Tesla (avec une Model 3 d’occasion) offrent bien plus pour presque le même prix.
La Spring est-elle l’affaire du siècle ?
Non. C’est l’arnaque des aides. Dacia surf sur le désir d’électrique sans proposer une vraie alternative. À 11 720 €, vous ne payez pas une voiture : vous payez l’écart entre le prix réel et les subventions.
Si vous voulez une électrique vraiment pas chère, attendez. Ou achetez une Renault Twingo E-Tech à 18 000 € (avant aides) : elle a 230 km d’autonomie, des finitions correctes et une garantie solide. La Spring, elle, reste un pari sur l’avenir… qui peut bien tourner au cauchemar.
Dernier conseil : Si vous craquez pour la Spring, prévoyez un budget caché. Entre l’entretien, les recharges et la revente, comptez au moins 3 000 € de plus sur 5 ans. Sinon, vous serez le dindon de la farce.
Et Dacia, elle, aura gagné son pari : vous aurez acheté sa voiture sans rien comprendre.