Kia Picanto étouffe dans son coffre de 255 litres

Le Picanto affiche un volume de coffre ridicule face à ses rivaux. Entre les modèles compacts et les citadines, Kia reste à la traîne. Voici pourquoi ça compte, et ce que ça dit de sa stratégie.

Publié le 10 octobre 2026 à 14:08
Kia Picanto étouffe dans son coffre de 255 litres

Le Picanto, le coffre qui ne veut pas grandir

Kia a toujours misé sur le design et le prix pour vendre ses petites citadines. Le Picanto, lancé en 2023, n’a pas dérogé à la règle : compact, léger, et surtout, abordable. Mais quand on ouvre la trappe arrière, la réalité frappe. 255 litres. C’est moins que la plupart des modèles de sa catégorie. Moins que le Hyundai i10 (280 litres), moins que le Renault Twingo (235 litres, mais avec une banquette rabattable qui gagne 10 cm). Moins, surtout, que ce que les clients attendent d’une voiture qu’ils achètent pour vivre dedans, pas pour faire des allers-retours au supermarché.

Pourtant, Kia ne triche pas. Les mesures sont celles de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA), standardisé. Le problème n’est pas une erreur de calcul. C’est un choix. Ou plutôt, l’absence de choix.

Pourquoi Kia ne bouge pas ?

La réponse est simple : la plateforme. Le Picanto repose sur la même architecture que le Hyundai i20, une citadine un peu plus grande. Mais là où Hyundai a optimisé l’espace intérieur (notamment avec une banquette arrière plus haute), Kia a gardé une structure rigide. Résultat : le Picanto perd 25 litres sur le coffre par rapport à son cousin coreéen, alors que les deux voitures partagent 80 % de leurs pièces.

Et puis, il y a la question du marché. Kia vise d’abord l’Europe et l’Asie, où les trajets sont courts et les familles petites. Mais même là, les attentes changent. Une étude de l’Observatoire Cetelem (2025) montre que 68 % des acheteurs de citadines en Europe citent l’espace pratique comme critère prioritaire, devant le prix. Pourtant, Kia ne bouge pas. Pourquoi ? Parce que modifier la plateforme coûterait cher, et que le Picanto reste un produit d’entrée de gamme.

La concurrence ne rigole pas

Prenez le Dacia Sandero. 371 litres. Assez pour y loger un frigo de voyage, deux valises et un chien de taille moyenne. Le Sandero coûte moins cher que le Picanto, mais il offre plus du double de volume. Même le Citroën C1, positionné comme une citadine premium, propose 265 litres. Kia, elle, reste campée sur ses 255 litres, comme si le marché avait arrêté de tourner.

Et puis il y a les citadines chinoises. La BYD Dolphin, par exemple, affiche 300 litres pour un prix similaire. La MG4 ? 330 litres. Les marques asiatiques, même celles qui débarquent en Europe, comprennent une chose que Kia semble oublier : les clients veulent de la place. Pas des promesses marketing, pas des options payantes pour agrandir le coffre, mais un volume utile dès l’achat.

Le piège de la compacité

Kia argue que le Picanto est fait pour la ville. Que ses dimensions réduites (3,86 m de long) en font une voiture facile à garer. C’est vrai. Mais à quel prix ?

Un coffre serré, c’est aussi une voiture qui limite vos options. Vous voulez transporter des meubles ? Impossible sans démonter la banquette. Vous avez des enfants ? Les sièges auto prennent de la place, et les trajets en famille deviennent un casse-tête. Vous voyagez avec des bagages ? Autant prévoir un deuxième trajet.

Et puis, il y a l’effet perçu. Une voiture avec un petit coffre, ça donne l’impression d’être une voiture petite. Pas juste en taille, mais en capacité. En crédibilité, même. Comme si Kia disait : « On sait que vous n’aurez pas besoin de grand-chose, alors on ne vous en donne pas. »

Ce que ça dit de Kia

Le Picanto n’est pas une anomalie. C’est le symptôme d’un problème plus large chez Kia : l’incapacité à innover sur des critères concrets. Depuis des années, le constructeur mise sur le design (les phares en forme de « yeux de chat », les lignes « fluides »), mais néglige l’essentiel : ce qui fait qu’une voiture est vraiment pratique.

Hyundai, son grand frère, a compris la leçon. Le i10, son équivalent, propose des options comme un coffre agrandi en rabattant le dossier arrière (jusqu’à 440 litres). Kia, elle, reste bloquée sur des solutions d’il y a dix ans. Comme si la marque avait décidé que l’espace, ça se paie en options, pas en série.

Le marché va-t-il le sanctionner ?

En Europe, peut-être pas encore. Les citadines se vendent toujours, même avec des coffres étroits. Mais les tendances changent. Les familles recomposées, les livraisons à domicile, les voyages en solo avec bagages… Tout pousse à vouloir plus. Et quand les clients auront le choix entre un Picanto et une MG4 (ou pire, une Dacia), ils choisiront celle qui leur laisse de la place.

Kia a deux options. Soit elle modifie sa plateforme, soit elle accepte de devenir un acteur secondaire, celui des voitures juste assez grandes pour, mais jamais assez.

Pour l’instant, elle a choisi la deuxième.

Et vous, vous l’acheteriez quand même ?

Pas par conviction. Par défaut. Parce que vous n’avez pas le choix. Ou parce que vous êtes prêt à vous priver.

Mais attention : dans cinq ans, quand vous aurez des enfants, ou que vous voyagerez plus souvent, vous vous souviendrez de ces 255 litres. Et vous vous demanderez pourquoi Kia n’a pas eu la décence de vous prévenir plus tôt.

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R Galaxie Rédaction

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