Just Eat licencie 700 employés en Suisse, la livraison de repas en crise

La plateforme de livraison de repas Just Eat annonce des suppressions massives en Suisse après sa scission avec Takeaway.com. Un plan social qui révèle les failles d’un modèle économique basé sur la précarité des livreurs et des employés. Et si la transition vers l’indépendance était un échec avant même d’avoir commencé ?

Publié le 23 octobre 2026 à 10:05
Just Eat licencie 700 employés en Suisse, la livraison de repas en crise

700 postes en moins, un modèle qui s’effondre ?

Just Eat Suisse vient d’annoncer un plan social sans précédent : 700 suppressions de postes, soit près de 20 % de ses effectifs. Officiellement, c’est la transition vers l’indépendance qui justifie ces licenciements. Officieusement, c’est l’échec d’un modèle qui mise sur l’exploitation des livreurs et des employés pour gonfler ses marges. Et ça, personne n’en parle vraiment.

Pourtant, les chiffres sont là. En 2023, Just Eat a enregistré un bénéfice net de 120 millions d’euros en Europe, mais en Suisse, les pertes s’accumulent. Pourquoi ? Parce que le marché est saturé, que la concurrence (Uber Eats, Deliveroo) grignote des parts, et que les coûts (salaires, régulations) explosent. La solution ? Licencier.

Mais qui paiera le prix ? Pas les actionnaires. Pas les dirigeants. Les employés.

La Suisse, terrain d’expérimentation pour un modèle toxique

Just Eat a toujours été une machine à cash. En 2022, la plateforme a généré 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Europe, avec des marges qui frôlent les 30 %. Sauf qu’en Suisse, les règles sont différentes. Les salaires sont plus élevés, les protections sociales aussi.

Résultat : les coûts de structure sont trop lourds. La direction a donc décidé de réduire la voilure en supprimant des postes administratifs et logistiques. Problème : ces emplois ne sont pas ceux qui rapportent. Ceux qui rapportent, ce sont les livreurs, sous-payés et sans statut.

Just Eat mise sur un écosystème de précarité : des livreurs indépendants (ou presque), des restaurants qui paient des commissions exorbitantes, et des employés en CDD ou intérim. Le modèle tient… tant que les salaires restent bas et que les régulations sont faibles.

Sauf qu’en Suisse, les salaires ne baissent pas. Et les régulations, elles, se durcissent. En 2023, le Parlement helvétique a renforcé les protections des livreurs, les obligeant à être considérés comme des employés dans certains cas. Just Eat a perdu un bras de fer qu’elle n’aurait jamais dû engager.

L’indépendance, une fausse bonne idée ?

Just Eat se sépare de Takeaway.com pour devenir une entité autonome. Une bonne idée en théorie. En pratique, ça ressemble à une fuite en avant.

Pourquoi ? Parce que l’indépendance coûte cher. Il faut réorganiser les équipes, renégocier les contrats, gérer une nouvelle structure. Et quand on n’a pas les moyens, on licencie.

Sauf que licencier ne résout pas le problème. Ça le masque. Just Eat continue à dépendre d’un modèle qui use ses employés et ses partenaires.

Prenez les restaurants : ils paient jusqu’à 30 % de commission sur chaque commande. 30 %, c’est énorme. Assez pour que beaucoup d’entre eux se retournent contre Just Eat.

Et les livreurs ? Ils sont toujours sous-payés, toujours précaires. La seule différence, c’est que maintenant, ils ont un peu plus de droits. Mais pas assez pour que le modèle tienne.

Ce que les actionnaires ne veulent pas voir

Just Eat coté en Bourse, avec une valorisation qui flirte avec les 10 milliards d’euros. Les actionnaires ne veulent pas entendre parler de crise.

Pourtant, les signes étaient là :

  • La baisse des commandes en Suisse (-8 % en 2023).
  • L’augmentation des coĂ»ts (salaires, rĂ©gulations).
  • La fuite des partenaires (certains restaurants passent directement Ă  la concurrence).

La direction a choisi la facilité : licencier. Pas investir. Pas innover. Pas changer de modèle.

Le résultat ? Une plateforme qui saigne, des employés qui trinquent, et un marché qui se serre.

Et après ? La fin du rêve livraison à tout prix

Just Eat n’est pas la seule dans ce pétrin. Uber Eats et Deliveroo galèrent aussi. Le modèle de la livraison de repas est en crise.

Pourquoi ? Parce que les consommateurs commencent à se lasser. Parce que les coûts montent. Parce que la précarité des livreurs devient insupportable.

La Suisse montre la voie. Si Just Eat ne change pas, elle va couler. Pas dans un an. Pas dans deux ans. BientĂ´t.

La question n’est pas de savoir si les licenciements vont continuer. La question, c’est : qui va payer la note ?

Pas les actionnaires. Pas les dirigeants.

Vous, peut-ĂŞtre.

Parce que quand une plateforme licencie, c’est souvent le consommateur qui trinque après.

  • Moins d’emplois = moins de pression sur les salaires… mais aussi moins de services.
  • Moins de concurrence = plus de commissions pour les restaurants… et donc des prix qui montent.
  • Un modèle qui s’essouffle = des livraisons moins rapides, moins fiables.

Bref, tout le monde perd.

Sauf Just Eat. Eux, ils ont déjà gagné. Ils ont externalisé les risques. Ils ont licencié. Ils continuent à encaisser.

Le reste, c’est votre problème.

La vraie question : et si on arrĂŞtait de jouer ce jeu ?

La livraison de repas, c’est pratique. Mais à quel prix ?

700 emplois supprimés en Suisse, c’est une tragédie.

Des milliers de livreurs sous-payés, c’est une honte.

Des restaurants qui ferment, c’est une catastrophe économique.

Et nous, on continue à commander comme si de rien n’était.

Pourquoi ?

Parce qu’on n’a pas le choix. Parce que les alternatives sont pires.

Parce que personne ne veut assumer les conséquences.

Alors on attend.

On attend que Just Eat coule.

On attend qu’un autre géant prenne sa place.

Et on recommence.

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R Galaxie Rédaction

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