La flamme olympique traverse le Sénégal oriental

Entre Niokolo-Koba et Kédougou, la flamme des JOJ Dakar 2026 a révélé une région méconnue, où la nature et les tensions sociales se heurtent. Une étape qui pose plus de questions qu’elle n’en résout.

Publié le 19 octobre 2026 à 16:01
La flamme olympique traverse le Sénégal oriental

La flamme olympique traverse le Sénégal oriental, et personne ne s’y attendait vraiment

Le 16 octobre, à Kédougou, le Stade Régional Mamba Guirassy était plein à craquer. Pas pour un match de football, ni pour une fête locale, mais pour la flamme olympique des Jeux de la Jeunesse de Dakar 2026. Une étape qui, sur le papier, aurait pu passer inaperçue. Pourtant, quelque chose a claqué. Pas l’enthousiasme habituel des grands événements sportifs, mais une énergie brute, presque nerveuse, comme si cette flamme avait enfin trouvé un territoire à sa mesure : le Sénégal oriental, ce bout de pays où la savane rencontre les montagnes et où les routes se terminent souvent avant les promesses.

Pourquoi Kédougou, et pas ailleurs ?

La réponse est simple : personne n’y pense jamais. Le Sénégal oriental, c’est l’oubli organisé. Les médias s’y intéressent quand il y a une crise, comme en 2021, quand des affrontements intercommunautaires ont fait des dizaines de morts près de la frontière guinéenne. Sinon, c’est le silence. Pourtant, c’est là que la flamme a choisi de s’arrêter, après avoir traversé Niokolo-Koba, ce parc national classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, où les lions et les éléphants cohabitent avec des villages peuls et malinkés. Une zone où le tourisme est une vue de l’esprit, où les écotouristes se comptent sur les doigts d’une main, et où les gardes-forestiers luttent contre le braconnage avec des moyens dérisoires.

Le parc national, un miroir des contradictions sénégalaises

Niokolo-Koba, c’est l’exemple parfait de ce qui ne marche pas. Le parc est immense, près de 9 000 km², soit plus que le Luxembourg. Mais en 2022, le rapport du WWF Sénégal soulignait que seulement 12 % des recettes touristiques revenaient aux communautés locales. Le reste part en frais de gestion, en salaires de fonctionnaires à Dakar, ou s’évapore dans des circuits opaque. Résultat : les villageois, eux, continuent de défricher pour cultiver, les éleveurs peuls poussent leurs troupeaux vers les zones protégées, et les braconniers, eux, n’ont jamais été aussi actifs. La flamme olympique est passée entre deux feux, celui des incendies de brousse et celui des tensions foncières.

Mais ce jour-là, personne n’en parlait. Pas de discours sur la préservation de la biodiversité, pas de cérémonie solennelle. Juste des enfants qui couraient derrière le relais, et des adultes qui regardaient, sans sourciller, comme si cette flamme était une évidence, alors qu’elle est avant tout un symbole importé.

Les cascades de Dindéfélo, ou l’art de faire croire à l’authenticité

Entre Niokolo-Koba et Kédougou, il y a Dindéfélo et ses cascades. Un site touristique ? À peine. Un lieu mythique ? Pour qui ? Les guides locaux vous diront que c’est

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie
La flamme olympique traverse le Sénégal oriental | R Galaxie