Macron abandonne la France aux émeutiers

Les scènes de chaos du 17 octobre ont sidéré l’étranger. Entre stupéfaction et incompréhension, les médias internationaux pointent un pays qui bascule. Mais derrière les barricades, une question simple : et maintenant ?

Publié le 20 octobre 2026 à 06:08
Macron abandonne la France aux émeutiers

L’Allemagne regarde avec un mélange de dégoût et de peur

Les médias allemands n’ont pas mis longtemps à sortir leur arme favorite : la comparaison. « Paris ressemble à Berlin en 2013, quand les émeutes avaient suivi la mort de Michael Brown aux États-Unis », a écrit Der Spiegel dans un ton sec, presque méprisant. Sauf que Berlin, en 2013, avait au moins une excuse : la police avait tué un jeune Noir. La France, elle, n’a pas de cadavre à montrer. Juste des rues transformées en champ de bataille par des milliers de personnes qui, officiellement, manifestent contre la réforme des retraites.

Tagesschau, la chaîne publique, a titré sans détour : « La France en pleine crise sociale, le gouvernement perd le contrôle ». Pas une analyse, un constat. Et le détail qui a fait mouche : les images de policiers en retraite, appelés en renfort, filmés en train de charger des jeunes avec des matraques. « On dirait une dictature », a lâché un commentateur sur Twitter. Sauf que la France n’est pas une dictature. Elle est pire : un pays où l’État, même mal aimé, a encore les moyens de faire peur… mais pas assez pour éviter le chaos.

Le chiffre qui résume tout : selon Le Monde, plus de 3 500 interpellations en une journée. En Allemagne, pour comparaison, les émeutes de Stuttgart en 2020 avaient fait « seulement » 1 200 arrestations. La France a battu son propre record. Et personne, à l’étranger, ne comprend pourquoi.

Les États-Unis : « C’est pire que ce qu’on imaginait »

À Washington, on a d’abord ri. « Oh, les Français encore… » Puis on a regardé les images. Et là, plus de sourire. The New York Times a publié un article sous ce titre glaçant : « France’s Riots Expose a Country at War With Itself ». Pas une métaphore. Une réalité. Le journal cite un expert en sécurité intérieure français, anonyme bien sûr, qui résume : « On est dans une logique de guerre civile low-cost. »

Ce qui a choqué les Américains, ce n’est pas la violence. Ils en voient tous les jours, entre les fusillades et les émeutes urbaines. Non, ce qui les sidère, c’est l’échec total de l’État. À Paris, les transports en commun ont été paralysés. Les hôpitaux ont dû évacuer des blessés sous bonne garde. Les écoles ont fermé. Et le gouvernement ? Silence radio. « Macron agit comme s’il était déjà en campagne pour 2027 », a twitté un analyste du Washington Post. Traduction : il attend que ça passe.

Le détail qui en dit long : aux États-Unis, quand une ville brûle, le FBI intervient. En France, la préfecture de police a dû demander des renforts à la gendarmerie. « C’est comme si la NSA et la police municipale de New York se partageaient la sécurité nationale », a écrit un journaliste. Sauf que la NSA n’existe pas pour gérer des émeutes de retraités en colère.

L’Algérie et le Maroc : « On vous l’avait dit »

Là-bas, on n’a pas été surpris. El Watan, un quotidien algérien, a titré : « La France paie le prix de son mépris ». Pas pour les retraites. Pas pour le pouvoir d’achat. Non, pour des décennies de colonisation culturelle. « Les Français croyaient que leur modèle social était intouchable. Résultat : ils découvrent aujourd’hui que leur pays est gérable comme un État bananier », a écrit un chroniqueur.

Au Maroc, Hespress a été encore plus direct : « Macron a perdu la France. Point. » Le journal rappelle que, depuis 2018, la France est un pays où 40 % des jeunes considèrent que voter ne sert à rien (source : INSEE, baromètre 2022). « Quand un quart de la population pense que le système est pourri jusqu’à la moelle, les cocktails Molotov, c’est la conséquence logique », résume un sociologue cité anonymement.

Le symbole qui résume tout : à Alger, on a sorti les archives. Les images des émeutes de 1961 (la répression du 17 octobre… par la police française) ont été partagées en masse. « La France a toujours eu deux visages : celui du touriste à la tour Eiffel, et celui du flic qui tabasse », a commenté un utilisateur. Coïncidence ? Le 17 octobre 1961, c’était la répression d’une manif algérienne. En 2023, c’est une manif française qui se fait réprimer. Même date, même violence. Même sentiment d’humiliation.

Ce que personne ne dit à l’étranger

Les médias internationaux ont une question qui les turlupine, mais qu’ils n’osent pas poser clairement : pourquoi la France en est arrivée là ?

  • La rĂ©forme des retraites ? Trop facile. C’est le dĂ©clencheur, pas la cause. Les États-Unis ont augmentĂ© l’âge de la retraite sans Ă©meutes. L’Allemagne aussi.
  • Le pouvoir d’achat ? Oui, mais pas que. En 2022, l’inflation a grignotĂ© 3,5 % du salaire moyen des Français (INSEE). En Allemagne, c’était 2,8 %. Moins, mais pas de barricades.
  • Macron ? Bien sĂ»r. Mais les Allemands ont aussi un chancelier impopulaire. Et les Italiens un gouvernement de clowns.

Le vrai problème, personne ne l’explique.

La France est un pays où l’État a perdu le monopole de la violence légitime. Pas parce que les gens veulent renverser le gouvernement. Non, parce que ils n’y croient plus. En 2023, 68 % des Français pensent que leur pays est mal gouverné (Ifop, septembre 2023). Pas « un peu ». « Mal ». Comme un hôpital en ruine. Comme une ville abandonnée.

Et quand un pays en arrive là, les cocktails Molotov ne sont plus un choix. C’est une évidence.

Et maintenant ?

Les médias étrangers ont une certitude : le macronisme est mort. Pas demain. Aujourd’hui. Pas parce que Macron va démissionner. Parce que son projet a échoué. Pas seulement sur les retraites. Sur tout.

  • En Allemagne, on parle dĂ©jĂ  d’un « effet domino » sur l’Europe. « Si la France craque, qui sera le prochain ? »
  • Aux États-Unis, on se demande si l’OTAN va devoir envoyer des casques bleus Ă  Paris. (Spoiler : non.)
  • En AlgĂ©rie, on sourit. « Enfin, ils voient ce que ça fait de vivre dans un pays oĂą l’État ne contrĂ´le plus rien ».

La vraie question, personne ne la pose.

Pas « Comment en est-on arrivés là ? ». Non. « Et après ? »

Parce que les émeutes, ça se calme. Les réformes, ça passe. Mais la défiance, elle, reste. Et quand un pays ne fait plus confiance à ses institutions, même les plus belles promesses ne servent à rien.

Macron a cru que la France était un pays de raison. Il avait tort. La France est un pays de rage. Et la rage, ça ne se négocie pas.

La dernière image : celle d’un policier, filmé en train de pleurer devant les dégâts de la nuit. Pas de colère. Juste de la tristesse. Parce qu’il sait une chose que personne ne veut admettre : la France n’est plus à lui. Elle est à ceux qui ont décidé de tout casser.

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R Galaxie Rédaction

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