L'ISEG en liste noire : une école qui ne veut pas plier sous les accusations sans preuve
Le communiqué tombe comme un couperet. L’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (ISEG) dénonce des « accusations diffamatoires » après son placement sur la liste noire de la Direction générale de l’enseignement supérieur (DGES). Une décision qui vise officiellement les écoles « non conformes » aux critères de qualité. Sauf que l’ISEG, elle, n’a rien à se reprocher. Ou alors, la DGES a oublié de vérifier ses dossiers avant de classer.
Pourtant, l’ISEG n’est pas la seule. Depuis 2022, plus de 1 200 établissements (sur près de 5 000) ont été épinglés par le ministère. Un tiers des écoles privées, selon les chiffres de la Conférence des grandes écoles (CGE). Mais là où les autres baissent les yeux, l’ISEG, elle, contre-attaque. Et ça, ça dérange.
La liste noire, c’est quoi ? Un outil ou une arme ?
Officiellement, cette liste est censée protéger les étudiants. Écoles sans diplôme reconnu, formations bidon, arnaques aux frais d’inscription… La DGES veut nettoyer le secteur. Sauf que dans les faits, beaucoup de ces écoles sont des cibles faciles. Pas assez de moyens ? Trop de plaintes d’anciens élèves ? Un audit qui coince ? Hop, sur la liste.
L’ISEG, elle, a un problème de taille : elle coûte cher. 10 000 euros par an pour un master, c’est le tarif. Pas donné. Alors quand la DGES lui colle une étiquette « non conforme », ça fait mal. Pas seulement pour l’image, mais pour le portefeuille. Des étudiants qui fuient, des partenariats qui se barrent, des profs qui démissionnent.
Et le pire ? Personne ne sait vraiment pourquoi. La DGES refuse de détailler les motifs. Trop compliqué ? Trop politique ? Ou simplement parce qu’ils n’ont pas les preuves ?
L’ISEG attaque : un recours qui pourrait tout faire basculer
L’école a décidé de saisir la justice. Pas pour se plaindre, non. Pour faire annuler la décision. Et là, ça devient intéressant.
D’abord, parce que l’ISEG a des arguments. Elle clame que les contrôles ont été biaisés, que des écoles bien plus douteuses que la sienne ne sont pas sur la liste. Ensuite, parce que si elle gagne, ça pourrait ouvrir une boîte de Pandore. Combien d’autres écoles vont suivre ? Combien de listes noires vont être contestées ?
Et puis, il y a le business. L’ISEG, c’est une école privée qui marche bien. Pas de subventions, pas d’aides de l’État. Juste des étudiants prêts à payer. Si la DGES peut la sanctionner comme ça, quelle école est en sécurité ?
Derrière la liste noire, une guerre silencieuse
Ce qui se joue ici, c’est bien plus qu’un conflit entre une école et l’État. C’est la guerre entre le public et le privé.
D’un côté, les écoles publiques, souvent protégées par des syndicats et des lobbies puissants. De l’autre, les privées, qui doivent se battre pour exister. La liste noire, c’est un peu leur guillotine.
Et l’ISEG, avec son recours, envoie un message clair : « On ne va pas se laisser faire. »
Mais attention, ça ne veut pas dire que l’ISEG est blanche comme neige. Elle a ses faiblesses. Comme cette fois où un ancien étudiant a porté plainte pour frais de scolarité exorbitants (le tribunal lui a donné raison). Ou quand des profs ont dénoncé des programmes trop légers pour le prix.
Alors oui, l’ISEG a des problèmes. Mais est-ce une raison pour la mettre sur une liste sans explication ?
Et les étudiants dans tout ça ?
C’est le vrai problème. Parce que quand une école est sur la liste noire, les étudiants paient les pots cassés.
- Ils ne peuvent plus bénéficier des bourses (même s’ils ont payé leur scolarité).
- Leurs diplômes sont mis en doute par les entreprises.
- Ils doivent souvent tout recommencer ailleurs, avec des crédits ECTS perdus.
La DGES parle de protection. Mais protéger de quoi, au juste ?
De l’arnaque ? Peut-être. Mais en sacrifiant des écoles qui fonctionnent, ils risquent de créer plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.
Ce que ça change pour les autres écoles privées
Si l’ISEG gagne son procès, ça pourrait tout faire bouger.
- Moins de sanctions arbitraires.
- Plus de transparence dans les contrôles.
- Une pression accrue sur la DGES pour justifier ses décisions.
Mais si elle perd ? Les autres écoles vont se taire. Parce que personne n’a envie de se retrouver sur la liste.
Et c’est ça, le vrai danger. Une liste noire qui devient un outil de répression, pas de régulation.
La DGES a-t-elle les moyens de ses ambitions ?
La Direction générale de l’enseignement supérieur a un budget serré. Selon les chiffres du ministère, elle dépense moins de 5 millions d’euros par an pour contrôler 5 000 établissements.
5 millions. Pour 5 000 écoles.
Ça fait 1 000 euros par école, par an.
Vous vous rendez compte ?
Avec ça, vous pouvez à peine vérifier les diplômes des écoles les plus douteuses. Alors les autres ? On fait avec.
Alors oui, la liste noire existe. Mais est-elle vraiment efficace ?
Conclusion : une bataille qui dépasse l’ISEG
L’ISEG n’est pas un cas isolé. C’est le symptôme d’un système qui dysfonctionne.
Soit on durcit les contrôles, mais alors il faut les moyens. Soit on laisse tomber, et alors la liste noire n’a aucun sens.
Le vrai problème, c’est qu’on n’a pas encore choisi.
Et pendant ce temps, les étudiants paient.