Pourquoi Intragaz mise sur Trois-Rivières alors que le réseau est déjà à bout de souffle ?
C’est simple : parce que le site de Pointe-du-Lac, c’est le dernier maillon avant l’effondrement. Les réservoirs actuels, conçus dans les années 90, ne supportent plus la pression. Résultat ? Des travaux d’urgence pour agrandir les capacités de stockage, des canalisations à remplacer, et des groupes de compression à moderniser. Intragaz parle de « modernisation », mais sur le terrain, c’est de la survie. Le problème, c’est que ces 34 millions, c’est de l’argent qui part dans du béton et de l’acier alors que la vraie question reste en suspens : et si la demande continue de grimper ?
Prenez les chiffres de la Commission de la qualité de l’environnement (CQE). Entre 2020 et 2023, les émissions de CO₂ liées au gaz naturel ont augmenté de 12 % dans la région. Pas parce qu’on a découvert un nouveau gisement, mais parce que les industries locales et les particuliers se rabattent sur le gaz après l’explosion des prix de l’électricité. Intragaz le sait. Mais au lieu de dire « stop », l’entreprise enfonce le clou. Et les régulateurs ferment les yeux. Pourquoi ? Parce que personne ne veut entendre parler de rationnement. Pas les politiques, pas les consommateurs, pas même les écologistes, trop occupés à crier contre le pétrole.
Le vrai coût des travaux : des mois de perturbations pour les riverains
Les 34 millions, ça se traduit par des camions qui bloquent l’accès aux rues adjacentes, des nuits blanches à cause des grues, et des odeurs de bitume qui persistent jusqu’à l’été. Les habitants de Pointe-du-Lac, c’est comme ça qu’ils paient l’addition. Intragaz a prévenu : les travaux dureront au moins 18 mois. Personne ne leur a demandé leur avis. Pourtant, c’est eux qui trinquent avec les bouchons et la poussière.
Et puis il y a le détail qui cloche : ces travaux, est-ce que ça va vraiment suffire ? Les ingénieurs d’Intragaz parlent de « solutions temporaires ». Temporaires ? À une époque où les rapports du GIEC tirent la sonnette d’alarme, un gazoduc « temporaire », c’est comme un pansement sur une jambe de bois. Sauf que là, c’est toute la région qui boite.
Le business du gaz reste un business, peu importe les cris des écologistes
Intragaz n’est pas une ONG. C’est une entreprise cotée en Bourse, avec des actionnaires qui veulent des dividendes. Les 34 millions, c’est un investissement, pas une charité. Et quand on regarde les comptes, tout se tient : le gaz reste moins cher que l’électricité pour les industries, et les particuliers n’ont pas le choix. Résultat ? La demande explose, les infrastructures craquent, et on balance l’argent public par la fenêtre pour des solutions qui ne règlent rien.
Pourtant, il y a une faille. Une vraie. Le gouvernement du Québec a signé des ententes avec des partenaires européens pour importer du gaz de schiste américain. Des milliards en jeu. Mais personne ne parle des coûts cachés : la dépendance, la pollution, et ces petits villages comme Pointe-du-Lac où on enterre les problèmes sous des montagnes de ciment.
La question qui tue : et après ?
Intragaz va sortir son chéquier, les travaux vont commencer, et dans deux ans, on sera peut-être obligés de recommencer. Parce que personne ne veut toucher au vrai sujet : la transition énergétique. Le gaz, c’est du passé qui résiste. Et ces 34 millions, c’est juste un leurre pour faire taire les critiques le temps que les éoliennes et les barrages prennent le relais. Sauf que le relais, il n’est pas encore là. Et en attendant, ce sont les Trois-Rivériens qui trinquent.
Alors oui, Intragaz investit. Mais ce n’est pas un sauveur, c’est un pompier qui éteint un incendie en sachant très bien que le réservoir est déjà à moitié vide.