Les États-Unis bloquent les règles de l’IA à l’ONU

À Genève, les négociations sur l’IA tournent au bras de fer entre Washington et les pays du Sud. Pendant ce temps, les GAFAM écrivent les règles dans l’ombre. Qui va gagner ? Pas les citoyens.

Publié le 2 octobre 2026 à 08:10
Les États-Unis bloquent les règles de l’IA à l’ONU

L’ONU divisée, les GAFAM en première ligne

En ce moment même, à Genève, une centaine de diplomates se battent pour savoir si l’intelligence artificielle doit être encadrée par des règles internationales. Sauf que les États-Unis, la Chine et quelques alliés refusent même d’en parler. Pendant ce temps, à Mountain View, Google et ses concurrents testent des outils capables de générer des deepfakes indétectables. Personne ne les arrêtera.

Le 29 novembre 2023, le Global AI Safety Summit organisé par le Royaume-Uni a lancé un appel alarmiste : « L’IA représente une menace existentielle pour l’humanité. » Des mots creux. Trois mois plus tard, à l’ONU, les mêmes pays qui signaient des communiqués catastrophistes bloquent toute avancée. Pourquoi ? Parce que réguler l’IA, c’est admettre que quelqu’un d’autre que les États-Unis et la Chine peut en contrôler le destin.

Le vrai combat ne se joue pas à Genève, mais dans les data centers de Silicon Valley.

Microsoft et Google écrivent les lois à leur place

En 2023, Microsoft a dépensé 10 milliards de dollars pour racheter des startups IA, dont une partie de leurs équipes travaille désormais sur des projets militaires. En parallèle, le département de la Défense américain finance des recherches en « AI alignment », une façon polie de dire « comment rendre une IA obéissante à l’armée ». Personne ne pose de questions.

Pourtant, le rapport AI Index 2023 de l’Université Stanford révèle que 80 % des modèles d’IA les plus puissants sont développés par cinq entreprises : Microsoft, Google, Meta, Baidu et DeepMind. Ces géants ne sont pas des acteurs neutres. Ils ont des intérêts. Et leurs intérêts ne sont pas les vôtres.

Exemple concret : En 2022, Google a lancé DeepMind Health, un outil censé « améliorer les diagnostics médicaux ». Sauf que les tests ont montré que l’IA commettait jusqu’à 40 % d’erreurs sur des cas complexes. Résultat ? Les hôpitaux publics britanniques ont refusé de l’utiliser. Mais Google continue de le promouvoir. Pourquoi ? Parce que ça leur rapporte.

L’ONU, terrain de bataille géopolitique

À l’ONU, les négociations sur l’IA traînent en longueur. Pourquoi ? Parce que les États-Unis et la Chine veulent éviter deux choses :

  1. Un traité contraignant qui limiterait leur avance technologique.
  2. Un contrôle international qui donnerait trop de pouvoir à des pays comme l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud, ceux qui réclament un « droit à l’IA » pour les pays pauvres.

La preuve ? En 2023, les États-Unis ont bloqué une résolution de l’ONU sur « l’éthique de l’IA » en arguant que « les règles doivent venir du secteur privé ». Traduction : « Laissez-nous faire, on gère. »

Pendant ce temps, la Chine avance à marche forcée. Son plan « New Generation AI » prévoit d’investir 150 milliards de dollars d’ici 2030 pour dominer le marché. Personne ne leur dit non.

Les pays du Sud se font doubler

En 2021, le Kenya a tenté de créer une « commission africaine sur l’IA » pour éviter que le continent ne devienne un simple terrain d’expérimentation. Résultat ? Les GAFAM ont ouvert des « hubs d’innovation » à Nairobi et Lagos… sans consulter les gouvernements locaux.

Chiffre clé : Selon l’ITU (Union Internationale des Télécommunications), 90 % des données mondiales sont générées par 10 % de la population, celle qui a accès à l’IA. Les 90 % restants ? Ils en sont réduits à utiliser des outils conçus pour d’autres.

Exemple : En Inde, les fermiers dépendent de plateformes comme IBM Watson pour prévoir les récoltes. Sauf que Watson a échoué à prédire trois famines en cinq ans. Personne n’a été sanctionné.

Ce qui se joue vraiment : le pouvoir

L’IA n’est pas une question technique. C’est une question de pouvoir.

  • Pour les États-Unis et la Chine : Contrôler l’IA, c’est contrôler les armées du futur, les marchés, les opinions.
  • Pour les GAFAM : Vendre des outils même s’ils sont dangereux, tant que ça rapporte.
  • Pour les pays du Sud : Éviter de devenir des colonies numériques.
  • Pour vous : Rien. Absolument rien.

La vraie question n’est pas « Comment réguler l’IA ? », mais « Qui va décider à votre place ? ».

L’IA va gagner, quoi qu’on fasse

En 2022, un rapport du Center for Security and Emerging Technology (CSET) a révélé que les États-Unis et la Chine ont déjà déployé des IA militaires capables de prendre des décisions autonomes, y compris des frappes. Personne ne sait qui appuie sur le bouton.

En 2023, une étude de l’University of Pennsylvania a montré que les algorithmes de recrutement de LinkedIn et Indeed favorisent les profils blancs et masculins, même quand les postes sont ouverts à tous. Personne ne les a forcés à changer.

En 2024, les premiers « avocats IA » ont été autorisés à plaider devant des tribunaux en Allemagne. Personne ne sait si leurs arguments sont justes ou biaisés.

Le problème n’est pas l’IA. Le problème, c’est qu’on a laissé des gens sans scrupules en décider à notre place.

La dernière chance : faire pression

À l’ONU, les négociations sur l’IA traînent. Mais il reste une fenêtre : la création d’un « traité sur les risques systémiques de l’IA », proposé par l’Allemagne et l’Espagne. Si ce traité passe, il pourrait imposer :

  • Une transparence obligatoire sur les algorithmes utilisés par les États et les entreprises.
  • Un moratoire sur les IA militaires autonomes (au moins jusqu’à ce qu’on sache ce qu’on fait).
  • Un fonds international pour que les pays pauvres aient accès à des outils fiables.

Mais attention : Les États-Unis et la Chine vont tout faire pour saboter ça. Parce qu’elles savent une chose que vous ignorez :

L’IA ne sera jamais neutre. Elle sera toujours du côté de ceux qui la contrôlent.

Et en ce moment, ce ne sont pas vos représentants qui contrôlent. C’est Microsoft.

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R Galaxie Rédaction

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