En 2023, un rapport interne de Goldman Sachs estimait que l’IA pourrait automatiser 300 millions d’emplois d’ici 2030. Pas dans dix ans. Dans sept. Et Gates, lui, parle de la plupart des tâches. Traduction : pas juste les usines ou les caisses, mais les infirmières qui remplissent des dossiers, les avocats qui trient des contrats, les profs qui corrigent des copies. Même les patrons, un jour, devront justifier leurs décisions devant un algorithme qui aura déjà tout simulé. Le problème ? Personne ne sait comment on paiera les gens pour faire ce que les machines feront mieux, moins cher, et sans se plaindre.
Gates, lui, joue les optimistes. « Dans dix ans, l’IA sera partout, et ce sera une bonne chose », a-t-il lâché lors d’une interview à The Verge. Traduction : « On va tous devenir des managers de robots, et c’est génial ». Sauf que les managers, justement, c’est ce qui risque de disparaître en premier. Parce qu’un algorithme peut évaluer des performances sans fatigue, sans ego, et sans demander d’augmentation. Et si demain, votre boss était un chatbot ?
Les pays qui parient sur la formation… et ceux qui ferment les yeux
La Finlande a déjà testé un système où les chômeurs touchent des allocations uniquement s’ils suivent une formation en IA. Résultat : le taux de chômage des 25-34 ans a baissé de 12 % en deux ans. Mais la Finlande, c’est un pays de 5,5 millions d’habitants avec un budget formation à la hauteur. Vous, vous êtes où ? En France, le gouvernement a lancé « France 2030 » avec 54 milliards d’euros pour la transition écologique… et 300 millions pour la formation professionnelle à l’IA. Soit l’équivalent d’un mois de SMIC pour 100 000 personnes. Ça fait rire.
Aux États-Unis, c’est pire. Les États les plus riches, comme la Californie, subventionnent les licences en data science dans les universités publiques. Les autres ? Ils ferment les yeux. Résultat : en 2022, 60 % des demandeurs d’emploi américains n’avaient aucune compétence en tech, selon le Bureau of Labor Statistics. Et l’IA, justement, elle n’a pas besoin de compétences. Elle a besoin de données.
Le piège des « nouveaux métiers »
Tout le monde vous sort la même rengaine : « L’IA va créer des emplois qu’on ne connaît pas encore ! ». Connerie.
En 2016, McKinsey avait listé 120 « nouveaux métiers » liés à la transition énergétique. Aujourd’hui ? 80 % ont disparu ou été absorbés par des postes existants. Les « spécialistes en énergies renouvelables » sont devenus des « ingénieurs maintenance ». Les « community managers éco-responsables » ? Des « assistants marketing » avec un badge vert. L’IA, ce ne sera pas différent.
Prenez les prompt engineers, ces gens qui « optimisent » les requêtes pour les IA. En 2024, LinkedIn comptait 15 000 offres pour ce poste. En 2025 ? Les entreprises ont réalisé que leurs stagiaires en alternance s’en sortaient aussi bien. Résultat : les salaires ont chuté de 40 %, et les postes se sont transformés en « assistants IA », un titre pompeux pour un boulot de merde.
Ce que personne ne dit sur la santé et l’éducation
Là où Gates a raison, c’est sur la santé. Un médecin généraliste passe 30 % de son temps à remplir des dossiers administratifs, selon une étude de l’American Medical Association. L’IA pourrait lui rendre 15 heures par semaine. Sauf que les hôpitaux n’ont pas les moyens d’acheter ces outils. En 2023, 60 % des cliniques américaines utilisaient encore des logiciels des années 2000. Parce que moderniser, ça coûte cher.
Et l’éducation ? Les profs passent 6 heures par semaine à corriger des copies. Une IA le fait en 30 minutes. Sauf que les parents veulent toujours un humain derrière leur gosse. Résultat : les établissements qui automatisent la correction voient leurs inscriptions chuter de 20 %. Parce que le diplôme, ça se vend avec une signature, pas avec un PDF.
Le vrai problème : qui va payer ?
Gates et les autres vous parlent d’ « économie de la connaissance ». Traduction : les riches vont garder leurs jobs, et les autres devront se débrouiller.
En 2022, les PDG des GAFAM ont touché 1,5 milliard de dollars chacun en moyenne. Leur salaire ? 0,00001 % de ce que leurs entreprises économisent en automatisant. Pendant ce temps, un infirmier en France gagne 1 800 € net par mois. L’IA va lui faire perdre 50 % de son temps sur les tâches répétitives. Sauf que son salaire, lui, ne bougera pas. Parce que personne ne veut payer plus cher un boulot fait à moitié par une machine.
La conclusion qui dérange
Dans dix ans, vous aurez peut-être un job. Mais il ressemblera à celui d’un stagiaire surqualifié.
Les gouvernements parlent de « revenus universels ». Rêvez. Les entreprises parlent de « reconversion ». Menteurs.
La seule certitude ? Ceux qui contrôlent les données contrôleront les emplois. Et Gates, lui, il a déjà tout : Microsoft, ses parts dans OpenAI, ses brevets sur les algorithmes médicaux. Le reste du monde, il s’en fout.
Alors oui, l’IA va tout changer. Sauf votre vie.