Le Québec a fermé ses portes aux mineurs de bitcoin
Pas de négociation. Pas de transition en douceur. Un jour, les fermes de minage tournaient à plein régime, avalant des mégawatts d’électricité à prix cassés. Le lendemain, plus rien. Hydro-Québec a appliqué la loi sans pitié : le Tarif des services électriques de 2018 interdisait désormais les activités « non conformes à une utilisation industrielle normale ». Traduction : le minage de bitcoin, énergivore et spéculatif, n’était plus le bienvenu. Les mineurs ont plié bagage. Certains sont partis au Texas, d’autres en Islande. Personne n’a vraiment protesté. Juste un secteur qui a disparu du paysage, comme si de rien n’était.
Pourtant, derrière cette décision, il y avait une logique implacable. Le Québec avait un choix : soit il devenait le Dubaï du minage, attirant des fortunes douteuses et des factures d’électricité astronomiques, soit il protégeait son réseau pour ses vrais clients. Hydro-Québec a tranché. Et aujourd’hui, on voit le résultat : pas de black-outs massifs, pas de factures qui explosent pour les citoyens, et surtout, pas de réputation de paradis pour les escrocs du web.
Mais à quel prix ?
Le Québec a perdu une manne financière. En 2017, avant le coup de frein, les fermes de minage consommaient 100 à 150 MW sur le réseau, selon les estimations d’Hydro-Québec (chiffres non officiels, mais confirmés par des sources internes). À l’époque, certains parlent de 5 à 10 millions par mois en revenus supplémentaires. Pas de quoi faire trembler les comptes de la province, mais assez pour que les lobbies s’agitent. Sauf que les lobbies, là-bas, ça ne marche pas comme ailleurs. Quand Hydro-Québec décide, c’est fait. Point.
Le vrai problème, c’est ce qui se passe maintenant.
Aujourd’hui, le Québec mise sur l’hydrogène vert, les batteries et les usines high-tech. Des secteurs utiles. Pas des machines qui tournent 24/7 pour gonfler des portefeuilles offshore. Le minage de bitcoin, c’était du low-hanging fruit : facile à installer, facile à fermer. Et surtout, sans avenir. Parce que même si le prix du bitcoin explose, personne ne veut d’une industrie qui pompe l’équivalent de trois centrales nucléaires pour des transactions qui ne servent à rien.
Pourquoi personne n’en parle plus ?
Parce que le sujet est mort. Les mineurs sont partis. Les médias ont tourné la page. Hydro-Québec a gagné son bras de fer. Et le Québec, lui, continue de vendre son électricité à prix coûtant aux vraies industries. Celles qui fabriquent des choses, pas des bulles spéculatives.
Sauf que…
Il y a un détail qui cloche. En 2023, alors que le minage de bitcoin bat des records de consommation mondiale, le Québec reste à l’écart. Pourtant, son électricité est toujours la moins chère au monde. Alors pourquoi personne ne revient ?
Parce que le message est passé.
En 2018, Hydro-Québec a envoyé un signal : « Ici, on ne veut pas de votre cirque. » Et les mineurs ont obéi. Pas par peur, mais parce qu’ils savaient qu’ils n’auraient pas gain de cause. Le Québec a choisi son camp. Et ce n’est pas celui des fortunes rapides et des factures qui grimpent.
Le vrai scoop, c’est ce qui se joue ailleurs.
Pendant que le Québec fermait ses portes, le Texas ouvrait les siennes. Résultat ? Des black-outs en cascade, des factures qui explosent pour les particuliers, et des lobbies qui courent après les subventions. Pendant ce temps, Hydro-Québec, elle, a gardé le contrôle. Pas de panique, pas de chaos. Juste une décision prise en haut lieu, et exécutée sans tremblement.
Alors, était-ce une erreur ?
Non. C’était un choix. Un choix de stabilité. Un choix de ne pas se laisser embarquer dans la course aux mégawatts inutiles. Le Québec n’a pas tué le minage de bitcoin. Il a juste refusé d’en être complice.
Et si demain, les choses changent ?
Personne ne parie là-dessus. Parce qu’au Québec, quand Hydro-Québec dit non, c’est non. Point final.
La dernière question qui reste : et si le bitcoin s’effondre ?
À ce moment-là, personne ne viendra pleurer sur le sort des mineurs. Parce que le Québec, lui, aura déjà tourné la page depuis longtemps.