Le podium suisse s’effondre, Hashimoto reste une machine à gagner
Noé Seifert a atterri à la 10e place du concours général messieurs aux Mondiaux de Rotterdam. Florian Langenegger, lui, a fini 16e. Deux résultats qui sonnent comme un échec, surtout après le titre de Seifert en 2022. Pourtant, personne ne s’en émeut vraiment. La Suisse n’est plus une puissance en gymnastique, et ça, c’est un fait. Daiki Hashimoto, lui, a confirmé ce que tout le monde savait déjà : il est intouchable. Quatre titres mondiaux d’affilée, un record intemporel. Le Japon, encore une fois, a écrasé la compétition sans sourciller.
Pourquoi la Suisse ne rebondit pas ?
Il y a dix ans, la Suisse était une référence. Seifert, alors un adolescent, avait déjà tout pour devenir un champion. Aujourd’hui, le pays peine à garder ses talents. Les infrastructures ? Vétustes. Les moyens ? Limités. Le système ? Trop rigide. Résultat : les gymnastes suisses partent ailleurs pour progresser. Seifert lui-même a passé des années en formation aux États-Unis. Pourtant, malgré ces efforts, les résultats restent en dessous des attentes.
Et puis, il y a Hashimoto. Un monstre de régularité. À 26 ans, il domine toujours comme un jeune de 20 ans. Ses concurrents ? Ils courent après lui, sans jamais le rattraper. La FIG (Fédération Internationale de Gymnastique) classe le Japon comme la nation la plus forte depuis des années. Preuve : aux Mondiaux 2023, le Japon avait remporté trois médailles d’or sur quatre en concours général. Cette année, même scénario. Hashimoto n’est pas qu’un gymnaste, c’est une institution.
La Suisse a-t-elle encore une chance ?
Peut-être. Mais il faudrait un vrai virage. Plus d’investissements, une meilleure préparation mentale, et surtout, une stratégie claire. Aujourd’hui, le pays mise sur des talents individuels, sans véritable système. Résultat : quand Seifert ou Langenegger chutent, personne ne les remplace. Le Japon, lui, a une machine bien huilée. Des centres d’entraînement de pointe, des coachs expérimentés, et une culture qui valorise le sacrifice.
Et puis, il y a cette question qui dérange : la Suisse veut-elle vraiment rester dans le jeu ? Les budgets sont serrés, les priorités changent. La gymnastique n’est plus une discipline phare. Alors que le Japon y consacre des ressources colossales, la Suisse, elle, se contente de petits moyens. En 2023, la fédération suisse a reçu seulement 1,2 million de francs suisses de subventions publiques (source : rapport annuel Swiss Olympic). À côté des 50 millions investis par le Japon pour ses athlètes, c’est dérisoire.
Hashimoto, lui, n’a pas ce problème.
Il a tout : le talent, la discipline, et un pays derrière lui. Quand il monte sur le podium, ce n’est pas une surprise, c’est une évidence. La Suisse, elle, doit se demander si elle a encore les moyens de jouer dans la même cour. Pour l’instant, la réponse est non.
Le vrai problème, c’est que personne ne semble s’en soucier.
Les médias parlent de Hashimoto, de ses sauts parfaits, de sa polyvalence. Personne ne parle des gymnastes qui disparaissent, des infrastructures qui pourrissent, des rêves qui s’effritent. Pourtant, c’est ça, la vraie histoire de ces Mondiaux : une domination sans faille d’un côté, et un déclin silencieux de l’autre.
Et ça, c’est bien plus triste qu’un simple podium vide.