Dès 2025, votre groupe sanguin pourrait influencer votre couverture AVC

Une étude révèle que les porteurs du groupe A ont 15 % de risques en plus d’un AVC avant 50 ans. Les assureurs commencent à s’intéresser à ce critère, et ça pourrait changer vos tarifs.

Publié le 12 septembre 2026 à 20:02
Dès 2025, votre groupe sanguin pourrait influencer votre couverture AVC

Votre groupe sanguin va-t-il déterminer votre assurance santé ?

En 2021, une étude publiée dans The BMJ a passé au crible les dossiers de 437 000 Britanniques. Résultat : les personnes de groupe sanguin A ont 15 % de risques en plus d’un AVC avant 50 ans, comparé aux autres. Le groupe O, lui, semble légèrement protégé. Pas une différence anecdotique. Suffisante pour que certains assureurs européens commencent à réfléchir à intégrer ce critère dans leurs évaluations de risque.

Pourtant, personne ne vous en parle. Pas votre médecin généraliste, pas votre mutuelle, pas même les campagnes de prévention. Pourquoi ce silence ? Parce que ça complique tout.

Pourquoi les assureurs tergiversent sur ce lien

Les données sont là. Mais les compagnies comme AXA ou Allianz (qui testent déjà des algorithmes prédictifs) savent une chose : ajouter le groupe sanguin à la liste des critères, c’est ouvrir la boîte de Pandore.

D’abord, parce que 80 % des Français ne connaissent même pas leur groupe sanguin. Vous seriez prêt à payer plus cher votre assurance santé pour un critère que vous ignorez ?

Ensuite, parce que le groupe sanguin, c’est un marqueur biologique, pas un comportement. Fumer, bouger, manger équilibré, là, au moins, on peut agir. Mais votre groupe sanguin ? Vous ne l’avez pas choisi. Est-ce éthique de vous pénaliser pour ça ?

Les lobbies de la santé se déchirent. Les uns disent : « C’est de la science, utilisons-la. » Les autres rétorquent : « On va créer une nouvelle forme de discrimination médicale. »

En Allemagne, la Barmer GEK, première mutuelle du pays, a déjà testé l’inclusion du groupe sanguin dans ses calculs de risque pour les AVC. Résultat ? Les tarifs ont augmenté de 3 à 5 % pour les groupes A et B, sans que ça ne fasse grand bruit. En France, rien. Pour l’instant.

Ce que ça change (ou pas) pour vous

Si vous avez le groupe A et que vous fumez, buvez, et que vous êtes sédentaire, vous étiez déjà un mauvais risque. Le groupe sanguin, c’est juste la cerise sur le gâteau pourris.

Mais si vous êtes en bonne santé, avec un mode de vie irréprochable, et que vous tombez sur un assureur qui a décidé d’intégrer ce critère… vous pourriez payer plus cher sans raison valable.

Prenons l’exemple de Martin, 42 ans, groupe A, non-fumeur, sportif. Chez Harmonie Mutuelle, son tarif reste stable. Chez MGEN, qui commence à expérimenter, il voit son prime augmenter de 8 %. Pourquoi ? Parce que son groupe sanguin le place dans une catégorie à risque, même s’il fait tout bien.

C’est ça, le vrai problème. On pénalise des gens qui ne contrôlent pas leur marqueur génétique.

Et si on en parlait enfin ?

Pour l’heure, les autorités sanitaires françaises restent muettes. La Haute Autorité de Santé (HAS) n’a pas rendu d’avis sur le sujet. Personne ne veut assumer.

Pourtant, le débat est lancé. En 2024, une étude suédoise a confirmé que les porteurs du groupe A avaient aussi un risque accru de thrombose. Un autre marqueur à ajouter à la liste ?

Si demain, votre groupe sanguin devient un critère d’assurance, deux scénarios se dessinent :

  1. Vous payez plus, sans comprendre pourquoi.
  2. Les assureurs refusent de couvrir certains groupes, comme ils le font déjà pour les sports à risque.

Aucun des deux n’est souhaitable. Mais le premier est déjà en marche.

Ce qui se joue derrière les chiffres

Derrière cette histoire, il y a l’argent, toujours. Les assureurs veulent affiner leurs modèles pour réduire leurs pertes. Un AVC coûte en moyenne 15 000 € à la Sécu. Si un algorithme permet d’identifier 10 % de risques en plus chez certains profils, ils vont l’utiliser.

Mais il y a aussi la question de l’eugénisme moderne. Si votre groupe sanguin influence vos tarifs, demain, ce sera peut-être votre ADN entier. On en est pas loin.

En 2023, une start-up américaine, GenomeLink, a lancé une assurance vie basée sur l’analyse génétique. Résultat ? Les porteurs de certaines mutations paient jusqu’à 30 % plus cher.

La France n’en est pas là. Pas encore. Mais les signaux sont clairs : votre corps, vos gènes, vos marqueurs biologiques… tout peut devenir une variable d’ajustement.

Alors, que faire ?

Si vous voulez anticiper, voici ce que vous pouvez faire dès maintenant :

  • ConnaĂ®tre votre groupe sanguin. Un simple test en pharmacie (20 €) ou via votre mĂ©decin.
  • VĂ©rifier les clauses de votre contrat d’assurance. Certaines mutuelles commencent Ă  mentionner « facteurs gĂ©nĂ©tiques » dans leurs conditions gĂ©nĂ©rales.
  • Comparer les offres. Si un assureur vous propose un tarif anormalement Ă©levĂ© sans explication claire, demandez pourquoi.

Et surtout : ne restez pas dans l’ignorance. Parce que demain, ce ne sera plus une option.

Dernier point : et si c’était juste le début ?

Les assureurs ont déjà vos données de santé connectée, vos pas quotidiens via votre montre, votre historique de recherches médicales. Le groupe sanguin, c’est la prochaine couche.

La vraie question n’est pas « Votre groupe sanguin influence-t-il votre risque d’AVC ? » Mais « Jusqu’où iront-ils pour ajuster vos tarifs ? »

Réponse dans cinq ans, peut-être. D’ici là, votre meilleure assurance reste de rester informé.

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R Galaxie Rédaction

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