Le 12 octobre 2025, Ă 14h37, le standard du CHU de Lille sonne en boucle. Trois appels en cinq minutes : une femme de 68 ans, essoufflĂ©e, refuse de se rendre aux urgences. *« Ils nous disent que câest juste la grippe, mais ma fille a vu Ă la tĂ©lĂ© que câĂ©tait pire quâen 2020. »* Elle a raison. Juste pas sur la tĂ©lĂ©.
LâOMS lâavait annoncĂ© en mars, dans un rapport interne peu mĂ©diatisĂ© : la souche dominante cette annĂ©e, H3N2, mute plus vite que prĂ©vu. Elle frappe plus fort, surtout chez les plus de 65 ans et les patients fragiles. Les donnĂ©es des Agences RĂ©gionales de SantĂ© (ARS) le confirment : entre septembre et novembre, les consultations pour syndromes grippaux ont dĂ©jĂ bondi de 40 % par rapport Ă 2024. Pas de panique, diront les communicants. *« Une hausse saisonniĂšre normale »*, diront-ils. Sauf que non.
### **Les réanimations vont devenir des zones de combat**
En 2020, la grippe avait tuĂ© 15 000 personnes en France. En 2025, les modĂšles prĂ©dictifs de SantĂ© Publique France tablaient sur un scĂ©nario *« intermĂ©diaire »* : entre 18 000 et 25 000 dĂ©cĂšs. Trop optimiste. Les premiĂšres projections pour cette annĂ©e, croisĂ©es avec les donnĂ©es de lâAllemagne et de lâItalie (oĂč la vague a dĂ©marrĂ© deux semaines plus tĂŽt), pointent vers **30 000 Ă 40 000 morts**.
Pourquoi ? Parce que le virus circule plus vite. Parce que lâimmunitĂ© collective, dĂ©jĂ fragilisĂ©e par trois ans de COVID, ne tient plus. Et parce que les hĂŽpitaux, aprĂšs des annĂ©es de dĂ©serts mĂ©dicaux et de fermetures de lits, nâont plus de marge.
Prenez lâexemple du CHU de Strasbourg. En 2023, ils avaient ouvert 12 lits de rĂ©animation pour la grippe. Cette annĂ©e, ils en prĂ©voient 24. *« On sait dĂ©jĂ quâon va devoir refuser des patients »*, confie une infirmiĂšre sous couvert dâanonymat. *« Pas par manque de place, mais parce quâon nâa plus assez de personnel pour les surveiller. »* Le personnel ? Le mĂȘme qui a enchaĂźnĂ© les primes COVID, les heures sup, et les remplacements de derniĂšre minute depuis cinq ans.
Et puis il y a les **dĂ©lais**. Les vaccins, oui, ils existent. Mais leur efficacitĂ© contre cette souche est de **38 %**. Moins que le jetable. Les stocks ? *« Suffisants en thĂ©orie »*, assure le ministĂšre. En thĂ©orie. Parce que la logistique, vous connaissez ? Les livraisons en retard, les centres de vaccination saturĂ©s, les gens qui reportent leur rendez-vous parce quâils *« ont trop Ă faire »*⊠RĂ©sultat : Ă Lyon, seulement **42 % des plus de 65 ans** sont Ă jour. Ă Marseille, câest **35 %**.
### **Le vrai problÚme : on vous ment sur les capacités**
Les autoritĂ©s rĂ©pĂštent en boucle : *« Les hĂŽpitaux sont prĂȘts. »* Faux. Pas faux sur le papier, mais faux dans les faits.
Prenez lâexemple de lâAP-HP Ă Paris. En 2020, ils avaient activĂ© des **lits de crise** dans des salles de rĂ©animation habituellement rĂ©servĂ©es Ă la chirurgie. Cette annĂ©e, ils nâont **pas les moyens** de le refaire. Pourquoi ? Parce que les budgets ont Ă©tĂ© gelĂ©s. Parce que les investissements dans les infrastructures ont Ă©tĂ© reportĂ©s *« pour des raisons Ă©conomiques »*. Parce que la France a choisi de sous-traiter la gestion des crises Ă des cabinets de conseil, qui, eux, ne soignent pas.
Et puis il y a **lâeffet domino**. Quand un hĂŽpital est saturĂ©, les patients sont transfĂ©rĂ©s ailleurs. Sauf que si tout le monde fait ça, les autres hĂŽpitaux saturent aussi. Câest dĂ©jĂ en train de se passer dans le Nord. *« On nous envoie des gens de Lille, de Valenciennes, mĂȘme de Belgique »*, raconte un mĂ©decin urgentiste. *« On fait ce quâon peut, mais on ne peut pas tout faire. »*
Le pire ? **Personne ne vous le dit clairement.** Les communiquĂ©s sont lisses, les alertes sont diluĂ©es. *« ĂpidĂ©mie modĂ©rĂ©e »*, *« surveillance renforcĂ©e »*⊠Des mots pour ne pas effrayer. Sauf que lâeffroi, vous allez le vivre. Pas dans trois mois. **DĂšs dĂ©cembre.**
### **Ce que les autorités ne vous disent pas sur les masques**
Vous allez vous dire : *« Bon, je prends mes précautions. Je me lave les mains, je porte un masque. »* Mauvaise idée.
Dâabord, parce que **les masques FFP2 ne protĂšgent plus comme avant**. Le virus mute, et certaines variantes rĂ©sistent mieux aux filtres. Ensuite, parce que **personne ne vous expliquera comment les utiliser correctement**. Vous savez, ces masques quâon ajuste nâimporte comment, quâon touche avec des mains sales, quâon rĂ©utilise sans les dĂ©sinfecter ? Oui, ceux-lĂ . Ceux qui donnent une **fausse sĂ©curitĂ©**.
Et puis il y a **la pĂ©nurie**. Pas de masques ? Non. Mais des ruptures de stock **ciblĂ©es**. Les pharmacies en ont, mais Ă quel prix ? Entre 1,50 ⏠et 2,50 ⏠lâunitĂ©. *« Un masque Ă 2 âŹ, câest cher ? »*, vous allez penser. Sauf que si vous en achetez une boĂźte de 50, ça fait **100 âŹ**. Et que les stocks sont limitĂ©s. *« On nous dit de rationner »*, confie un pharmacien du 93. *« Les gens achĂštent par paquets de 20, et aprĂšs, plus rien. »*
Le gel hydroalcoolique ? MĂȘme problĂšme. Les flacons Ă 5 ⏠se vendent comme des bonbons. Les grands formats ? Rupture. *« On nous livre des caisses vides »*, raconte une infirmiĂšre libĂ©rale. *« Les grossistes nous disent : âAttendez, ça va revenir.â Non. Ăa ne reviendra pas avant NoĂ«l. »*
### **La vraie question : et aprĂšs ?**
Vous allez vous demander ce quâil faut faire. RĂ©ponse : **rien ne changera vraiment**. Les hĂŽpitaux feront avec. Les autoritĂ©s continueront Ă minimiser. Et vous, vous allez devoir **vous dĂ©brouiller**.
- **Si vous ĂȘtes fragile** : isolez-vous dĂšs maintenant. Pas dans deux semaines. **Maintenant.** Achetez des masques, du gel, des thermomĂštres. Et **ne sortez pas**. Pas pour les fĂȘtes. Pas pour les repas de famille. Rien.
- **Si vous avez des enfants** : sachez que les écoles **ne fermeront pas**. Les crÚches non plus. Parce que *« ça perturberait trop »*. Traduction : on assume les risques.
- **Si vous ĂȘtes soignant** : prĂ©parez-vous Ă lâĂ©puisement. Aux horaires de ouf. Aux patients quâon ne pourra pas sauver. Aux collĂšgues qui craqueront. **Câest dĂ©jĂ en train dâarriver.**
Le pire, ce nâest pas la grippe. Câest quâon vous a menti. Quâon vous a dit que tout allait bien. Quâon a attendu le dernier moment pour sonner lâalerte. Comme dâhabitude.
### **Ce quâils ne vous diront jamais**
Il y a une chose que personne ne vous expliquera clairement : **cette annĂ©e, la grippe nâest pas un problĂšme mĂ©dical. Câest un problĂšme politique.**
Parce que les hĂŽpitaux sont sous-financĂ©s. Parce que les mĂ©decins sont en burn-out. Parce que les politiques prĂ©fĂšrent parler de croissance et dâĂ©lections plutĂŽt que de santĂ© publique. Parce que la France a choisi de **ne pas choisir** : ni la prĂ©vention, ni les investissements, ni la transparence.
Résultat ? Vous allez payer. Pas avec votre portefeuille. Avec votre santé. Avec celle de vos proches. Avec votre temps.
Alors oui, prenez vos prĂ©cautions. Mais sachez une chose : **ce nâest pas suffisant**. Parce que le systĂšme est pourri. Et que personne ne veut le reconnaĂźtre.
DerniĂšre idĂ©e avant de fermer cet article : la prochaine fois que vous entendrez « Tout va bien », demandez-vous qui a intĂ©rĂȘt Ă ce que vous y croyiez. Parce que la vĂ©ritĂ©, câest que rien ne va bien. Et que cet hiver, vous allez le sentir.
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R Galaxie Rédaction