Le métro qui s'arrête, les poubelles qui puent déjà avant midi
Ce lundi 12 octobre, vous allez encore perdre votre temps. Pas parce que vous êtes nul en organisation, mais parce que le système a décidé de vous punir une fois de plus. Les transports en commun ? À l’arrêt dans 90 % des villes. La SNCF a prévenu : « Des perturbations majeures sont à prévoir sur tous les réseaux ». Traduction : oubliez votre trajet habituel. Les RER, les métros, les bus, tout sera en mode « planche à pain ». Même les Vélib’ seront moins disponibles, parce que les stations ne seront pas ravitaillées. Et les taxis ? Ils seront plus chers, bien sûr. Toujours plus chers.
Mais le pire, c’est peut-être la collecte des déchets. À Paris, la Ville a annoncé que « 80 % des poubelles ne seront pas ramassées ». 80 %. Vous avez bien lu. Résultat : dès demain, les ordures vont commencer à déborder dans les rues. Les rats vont se réjouir. Les odeurs aussi. Et les services de nettoyage d’urgence ? Ils seront déjà en grève, ou en train de faire la grève avec les autres. Bref, votre trottoir sentira le fromage oublié au soleil.
Et si vous pensiez que les administrations seraient plus clémentes ? Détrompez-vous. Les guichets de la Sécurité sociale, des impôts, des Pôle Emploi, tout sera fermé ou ouvert avec une file d’attente digne d’un concert des Rolling Stones. Vous voulez un rendez-vous ? Bonne chance. Vous voulez un remboursement ? Prenez un café et installez-vous.
Pourquoi on en est là ?
Parce que personne ne veut vraiment régler le problème. Les syndicats jouent les durs, le gouvernement fait semblant de négocier, et les usagers ? Ils trinquent. La dernière fois, en juin, les grèves avaient coûté 1,2 milliard d’euros à l’économie française, selon l’INSEE. Mais personne ne semble s’en soucier. Pourquoi ? Parce que ça arrange tout le monde.
Les syndicats ont besoin de faire monter la pression pour obtenir des augmentations. Le gouvernement a besoin de montrer qu’il est ferme face aux revendications. Et les Français ? Ils s’habituent. Ils prennent leur voiture, ils reportent leurs démarches, ils râlent un peu sur Twitter, et puis… c’est reparti pour un tour.
Sauf que cette fois, il y a un détail qui cloche. La colère monte, mais elle ne se transforme pas en action. Pourquoi ? Parce que les gens ont l’impression que ça ne sert à rien. Et ils ont raison.
Ce qui change vraiment cette fois-ci
D’habitude, les grèves durent une journée. Là, certaines pourraient s’étendre sur plusieurs jours. La SNCF a prévenu : « Des mouvements de grève pourraient se prolonger ». Traduction : préparez-vous à une semaine de galère.
Et puis, il y a le côté « domino ». Si les transports sont bloqués, les livraisons aussi. Les supermarchés pourraient manquer de certains produits. Les pharmacies ? Certaines seront fermées. Les hôpitaux ? Ils fonctionneront au ralenti, parce que le personnel soignant est aussi en grève dans beaucoup d’endroits.
Mais le vrai problème, c’est l’accumulation. Vous avez déjà vos factures d’électricité qui explosent, votre pouvoir d’achat qui fond comme un glaçon en enfer, et maintenant, vous devez aussi gérer vos poubelles qui débordent et vos trajets qui deviennent des odyssées. C’est ça, la France en 2023 : un pays où tout est cher, tout est lent, et tout est en grève.
Les administrations qui vous ignorent
Vous aviez un rendez-vous à la CAF ? Trop tard. Vous vouliez envoyer un dossier à la préfecture ? Oubliez. Les services publics sont en mode « survie ». Et les usagers ? Ils sont livrés à eux-mêmes.
Prenez l’exemple de la Mairie de Lyon. Elle a annoncé que « seuls les services urgents seront assurés ». Traduction : si votre chat est mort et que vous voulez l’incinérer, vous pouvez passer. Si vous voulez juste un duplicata de votre carte d’identité, débrouillez-vous.
Et les impôts ? La DGFiP (oui, c’est bien leur nom) a prévenu : « Les délais de traitement seront allongés ». Vous voulez déclarer vos revenus ? Bonne chance. Vous voulez un remboursement ? Prenez un livre et attendez.
Le pire, c’est que tout le monde sait que ça va empirer. Les grèves se multiplient, les revendications aussi. Et le gouvernement ? Il tergiverse. Il sort des plans, il les retire, il promet des réformes… mais rien ne change vraiment.
Pourquoi les Français ne se rebellent pas ?
Parce qu’ils ont compris une chose : ça ne sert à rien. Les grèves, ça fait du bruit, ça bloque les transports, ça fait râler sur les réseaux sociaux… mais au final, rien ne change. Les salaires ne montent pas, les prix non plus. Les services publics restent à la ramasse.
Alors on s’habitue. On prend sa voiture, on fait des détours, on râle un peu, et puis… on attend la prochaine fois.
Ce qui se joue derrière les barricades
Derrière les grèves, il y a une vraie question : qui paiera la note ?
Les syndicats veulent plus d’argent. Le gouvernement veut réduire les dépenses. Les Français ? Ils veulent juste que les choses fonctionnent. Mais personne ne semble prêt à faire les sacrifices nécessaires.
Prenez l’exemple des retraites. Tout le monde parle de réforme, mais personne ne veut vraiment toucher aux privilèges. Les fonctionnaires veulent garder leurs avantages, les privés veulent leurs augmentations, et les retraités veulent leurs pensions. Résultat : le système est en train de craquer, mais personne ne veut en assumer les conséquences.
Et puis, il y a le côté « génération ». Les jeunes, eux, ils ne grèvent pas. Ils ont compris que le système ne leur offrira rien. Alors ils partent. Ils quittent la France, ils montent leurs boîtes, ils se débrouillent. Les autres ? Ils restent, ils râlent, et ils attendent.
Alors, que faire ?
Rien. Sauf si vous voulez vraiment changer les choses. Mais pour ça, il faudrait que les gens se mettent d’accord. Que les syndicats arrêtent de jouer les durs. Que le gouvernement arrête de tergiverser. Et que les Français arrêtent de se plaindre sans rien faire.
Sauf que… personne n’a envie de faire le premier pas.
La prochaine fois, ce sera pire
Si les grèves continuent comme ça, la prochaine fois, ce ne seront pas juste les transports qui seront bloqués. Ce seront les hôpitaux, les écoles, les usines. Parce que le système est en train de s’essouffler.
Et vous, vous serez toujours là. À attendre. À râler. À vous dire que ça ne servira à rien.
Mais peut-être que cette fois, vous aurez tort.
Parce que si on ne fait rien maintenant, la prochaine fois, il n’y aura plus rien à sauver.