En 2024, la glace à l'italienne au beurre divise TikTok

Un dessert qui part d’une idée simple, du beurre et de la glace, mais qui déclenche des débats enflammés. Entre puristes et adeptes, la guerre est lancée sur les réseaux. Pourquoi ce truc fait-il autant réagir ?

Publié le 15 septembre 2026 à 08:05
En 2024, la glace à l'italienne au beurre divise TikTok

Dominique Ansel avait déjà inventé le cronut. Ce pâtissier français, installé à New York depuis des années, a encore frappé fort. Pas avec un nouveau produit cette fois, mais avec une idée qui fait grincer des dents. Sur TikTok, sa glace à l’italienne au beurre, oui, au beurre, est devenue un symbole. Certains l’adorent. D’autres la traitent de crime culinaire. Le tout en moins de six mois. Pas mal pour un truc qui ressemble à une boule de glace avec une noix de beurre fondue dessus, non ?

Le problème, c’est le beurre.

Pas besoin d’être un expert en pâtisserie pour comprendre que la glace à l’italienne, c’est avant tout une question de texture. Traditionnellement, elle se fait avec de la crème fraîche, des jaunes d’œufs et du sucre. Le résultat ? Une douceur onctueuse, presque fondante, qui tient sans se transformer en flaque. Ansel, lui, a remplacé la crème par du beurre. Du vrai, du riche, du 82 % MG. Résultat : une glace plus dense, plus riche, mais aussi plus lourde. Certains disent « génial », d’autres « dégueulasse ».

Pourtant, le vrai débat n’est pas là. Ce qui fait rage, c’est l’idée même que ce soit une glace à l’italienne. Parce que, techniquement, ça n’en est plus une. La recette originale, elle, repose sur un mélange de crème et de jaunes. Le beurre, c’est du lourd. C’est du gras pur. Et ça change tout. Les puristes hurlent à la trahison. Les autres s’en foutent et commandent sans hésiter.

Les réseaux ont fait de ce dessert un symbole.

Sur TikTok, les vidéos qui montrent des gens en train de manger cette glace en font des tonnes. Certains la présentent comme une révolution. D’autres comme une insulte à la cuisine italienne. Les commentaires sont sans pitié : « C’est du beurre fondu sur de la glace, point. » « La meilleure glace de ma vie. » « Ansel a tué la glace à l’italienne. » Bref, tout le monde a un avis. Et personne ne reste neutre.

Pourtant, ce qui est intéressant, c’est de voir comment ce débat reflète une tendance plus large : la guerre entre tradition et innovation dans la pâtisserie.

Ansel n’est pas le premier à bousculer les codes. Il y a eu les cronuts, les cookies en forme de fraises géantes, les desserts qui coûtent 20 dollars et qui ressemblent à des bonbons pour enfants. Mais là, c’est différent. Parce que la glace à l’italienne, c’est un classique. Un truc que tout le monde connaît, que tout le monde aime. Et quand tu touches à un classique, ça fait mal.

Le chiffre qui résume tout : 12 millions de vues sur TikTok.

Selon les données de la plateforme (oui, celles qu’on voit pas mais qu’on devine), les vidéos autour de cette glace ont cumulé plus de 12 millions de vues en trois mois. Des influenceurs la testent, des chefs la moquent, des amateurs la défendent. Bref, c’est viral. Et ça divise.

Pourquoi autant de haine ? Parce que, au fond, ce n’est pas juste une glace. C’est une question d’identité. La glace à l’italienne, c’est un peu comme la pizza : tout le monde a sa recette, tout le monde a ses règles. Et quand quelqu’un vient dire « Moi, je la fais avec du beurre », ça fait grincer.

Le vrai enjeu, c’est le marketing.

Ansel ne vend pas juste une glace. Il vend une expérience. Une histoire. « La glace à l’italienne, mais en mieux. » Le problème, c’est que « en mieux » est subjectif. Pour certains, c’est une évolution. Pour d’autres, c’est une escroquerie.

Et puis, il y a le prix. Parce que oui, cette glace-là, elle ne coûte pas 5 dollars. Elle coûte entre 12 et 18 dollars le pot. Dans un monde où l’inflation fait mal, ça passe moins bien. Les gens sont prêts à payer pour du luxe, mais pas pour du beurre fondu sur de la glace. Enfin, si.

Ce que ça dit de nous.

Ce qui est fascinant avec cette histoire, c’est qu’elle révèle quelque chose sur notre rapport à la nourriture. On veut du nouveau, mais pas trop. On veut de l’innovation, mais pas au point de trahir ce qu’on connaît. On veut du beurre dans notre glace, mais pas au point de renier la recette de nos grands-mères.

C’est ça, le vrai débat. Pas la texture, pas le goût, mais l’idée que quelque chose de sacré puisse être modifié. Et que, malgré tout, des millions de gens soient prêts à payer pour ça.

La question qui reste : est-ce que ça va durer ?

Les tendances sur les réseaux sont comme les modes : elles montent vite, elles retombent tout aussi vite. La glace au beurre d’Ansel pourrait bien finir comme un feu de paille. Ou alors, elle pourrait devenir un classique. Comme le cronut, qui lui aussi avait divisé avant de s’imposer.

Une chose est sûre : Dominique Ansel a encore marqué les esprits. Et cette fois, ce n’est pas avec un nouveau produit. C’est avec une question.

La vraie question, c’est : jusqu’où peut-on aller avant que ça ne devienne trop ?

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R Galaxie Rédaction

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