Le G7 cède à Trump, le pétrole reste sous pression

Sous la menace d’un embargo américain sur le gazole, les pays riches ont promis 100 millions de barils. Une annonce qui ne calme pas les marchés, et révèle les failles d’une alliance divisée. Voici pourquoi ça ne changera pas grand-chose.

Publié le 3 octobre 2026 à 10:04
Le G7 cède à Trump, le pétrole reste sous pression

Le marché ne croit plus aux promesses du G7

Le 12 juillet, les ministres des Finances du G7 ont sorti leur artillerie lourde : 100 millions de barils, c’est le stock de pétrole que les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et d’autres vont « libérer » pour faire baisser les prix. Sauf que les traders, eux, rigolent en silence. Pourquoi ? Parce que depuis 2020, les marchés anticipent tout. Et cette annonce ? Elle était attendue depuis des semaines. Depuis que Trump a menacé d’un embargo sur les exportations de gazole européen, depuis que les prix de l’essence ont frôlé les 2 euros le litre en France, depuis que l’UE a paniqué en voyant ses réserves s’épuiser.

Le problème, c’est que les 100 millions de barils promis, personne ne sait d’où ils vont sortir. L’Arabie saoudite ? Elle a déjà dit non. Les États-Unis ? Ils puisent dans leurs réserves stratégiques, mais à quel rythme ? Et surtout, qui va payer pour ça ? Parce que si l’objectif est de faire baisser les prix, il faut que l’offre dépasse la demande. Or, la demande, elle, ne baisse pas. La Chine relance ses usines, l’Inde achète du pétrole à tour de bras, et l’Europe, malgré ses économies d’énergie, ne peut pas se passer de brut.

Résultat : le cours du Brent, mercredi 13 juillet, a encore grimpé de 1,2 %. Les cours du gazole en France ? Toujours à 1,80 euro le litre. Le G7 a sorti un chèque en blanc, mais personne ne sait s’il sera honoré.

L’embargo américain, cette menace qui pèse comme une épée de Damoclès

Pour comprendre pourquoi le G7 a cédé aussi vite, il faut regarder du côté de Washington. Trump a menacé d’un embargo sur les exportations de gazole européen vers les États-Unis. Une mesure qui aurait asphyxié les raffineries américaines déjà à la peine, et qui aurait fait exploser les prix chez nos voisins. Sauf que, derrière cette menace, il y a une réalité plus simple : les États-Unis n’ont plus les moyens de produire assez de carburant.

Le pays dépend à 30 % des importations de gazole, et une grande partie vient d’Europe. Si l’UE avait dit non à Trump, les pompes à essence américaines auraient vu leurs prix s’envoler. Donc le G7 a plié. Pas par altruisme, mais parce que Washington a brandi le bâton. Et ce bâton, il est bien réel : les États-Unis contrôlent encore 40 % du commerce mondial du pétrole.

Pourtant, cette annonce cache un paradoxe : les États-Unis, qui accusent l’Europe de ne pas faire assez pour les prix de l’énergie, sont aussi ceux qui bloquent les investissements dans les énergies renouvelables. En 2022, le Congrès américain a rejeté un plan de 369 milliards de dollars pour la transition énergétique. Résultat ? Les raffineries américaines tournent à plein régime avec du pétrole cher, et les consommateurs trinquent.

L’Europe, otage de sa propre dépendance

Côté européen, la situation est encore plus compliquée. L’UE a besoin de ces 100 millions de barils comme un diabétique a besoin d’insuline. Ses réserves sont au plus bas depuis 20 ans. La Russie a réduit ses livraisons de gaz, et sans brut russe, l’Europe doit se tourner vers des pays moins stables : l’Arabie saoudite, les Émirats, ou même le Nigeria, où les risques de piraterie sont réels.

Et puis, il y a le problème des raffineries. En Europe, elles tournent à 80 % de leur capacité. Pourquoi ? Parce que le gazole est moins demandé depuis que les voitures électriques se répandent. Sauf que les stocks s’accumulent, et que les prix montent quand même. Une aberration ? Pas vraiment. Les traders parient sur la pénurie future. Et comme tout le monde a peur d’une nouvelle crise, ils achètent, spéculent, et font monter les cours.

Le pire ? L’Europe n’a pas les moyens de réagir. Elle a interdit le pétrole russe, mais elle n’a pas de plan B. Pas assez de raffineries, pas assez de stockage, et une dépendance historique aux importations. Résultat : en juillet 2023, les prix du gazole en Europe restent 20 % plus élevés qu’avant la guerre en Ukraine.

Ce que cette annonce révèle : une alliance du G7 en lambeaux

Derrière le communiqué du G7, il y a une fracture. Les États-Unis veulent du pétrole à tout prix, même si ça signifie faire monter les prix. L’Europe, elle, veut des prix bas, mais elle n’a pas les moyens de les imposer. Et la Chine ? Elle regarde, sourit, et continue d’acheter du brut saoudien et russe sans broncher.

Le vrai problème, c’est que personne ne contrôle plus rien. Ni les prix, ni les réserves, ni les flux. Le G7 a sorti son joker, mais ça ne changera pas grand-chose. Parce que la vraie guerre, ce n’est pas entre pays riches et pays pauvres. C’est entre ceux qui ont encore du pétrole à vendre, et ceux qui sont prêts à tout pour en avoir.

La prochaine crise est déjà là

En 2024, les prix du pétrole pourraient encore monter. Pourquoi ? Parce que l’Arabie saoudite et la Russie ont réduit leur production. Parce que l’Iran, sous sanctions, ne peut pas exporter assez. Parce que les États-Unis, malgré leurs réserves, ne peuvent pas compenser seuls.

Et le G7 ? Il sera de nouveau devant son écran, à chercher une solution miracle. Sauf qu’il n’y en a pas. La seule vraie réponse, ce serait de réduire la demande. Mais personne n’en parle. Parce que ça signifierait ralentir l’économie, et personne n’a envie d’entendre ça.

Donc on attend. On attend que les prix montent encore. On attend que les consommateurs crient. Et puis, un jour, le G7 sortira un nouveau communiqué. Avec 50 millions de barils en plus. Et les prix, eux, continueront de grimper.

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R Galaxie Rédaction

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