À partir d'octobre, le G7 lâche 100 millions de barils pour calmer les marchés

Face à l’inflation et aux pressions de Trump, le G7 libère des réserves stratégiques. Mais ça suffira-t-il ? Et pourquoi les États-Unis jouent-ils les arbitres malgré tout ?

Publié le 3 octobre 2026 à 20:04
À partir d'octobre, le G7 lâche 100 millions de barils pour calmer les marchés

Le 2 juillet, à Berlin, les ministres du G7 ont signé un accord : 100 millions de barils de pétrole et de produits raffinés vont être injectés sur les marchés d’ici quatre mois. Un volume équivalent à la production quotidienne de l’Arabie Saoudite. Officiellement, c’est pour éviter une nouvelle flambée des prix. Officieusement, c’est parce que Donald Trump a menacé de faire dérailler les élections de mi-mandat si le coût de l’essence restait trop élevé pour les Américains. Le G7 a cédé. Encore une fois.

Un coup de poker qui sent le désespoir

Les réserves stratégiques, c’est l’arme nucléaire des pays riches : on ne les touche pas, sauf en cas de crise majeure. Là, on y va pour une panique boursière. Pourquoi ? Parce que depuis l’invasion de l’Ukraine, les prix ont grimpé de 50 % en un an. Les ménages serrent les dents, les gouvernements s’inquiètent, et les marchés, eux, flairent le krach. Sauf que.

Le G7 libère des stocks, oui. Mais personne ne sait qui va les vendre, ni à quel prix. Les États-Unis ont promis 30 millions de barils, l’UE 15 millions, le Japon 5 millions… Des chiffres qui clignotent. D’abord, parce que ces réserves ne sont pas toutes liquides. Ensuite, parce que les pays du Golfe, qui détiennent 60 % des réserves mondiales, ne bougent pas d’un pouce. L’Arabie Saoudite et ses alliés gardent le silence. Ils savent très bien que le G7 ne peut pas faire la loi seul.

Trump, l’homme qui fait trembler les marchés

Sans lui, cet accord n’aurait peut-être jamais vu le jour. Donald Trump a menacé de saboter l’économie mondiale si les prix ne baissaient pas. Pas par altruisme, bien sûr : parce que l’essence chère, c’est mauvais pour ses électeurs. En 2008, il avait déjà accusé les Chinois de manipuler le pétrole pour nuire à l’Amérique. Cette fois, il vise l’OPEP+ et la Russie. Résultat : les ministres du G7 ont couru après lui comme des poulets sans tête.

Problème : les États-Unis ne contrôlent plus les marchés comme avant. La Chine achète, vend, spéculer sans complexe. Les fonds souverains aussi. Le G7, lui, n’a plus les moyens de ses ambitions.

Et si ça ne marchait pas ?

Les analystes de Goldman Sachs estiment que 100 millions de barils, ça ne fera baisser les prix que de 2 à 3 %. Une goutte d’eau. Surtout si la demande reste forte. La Chine relance sa croissance, l’Inde importe toujours plus, et les pays occidentaux peinent à réduire leur dépendance. Bref, le pétrole reste un pari.

Alors, à quoi bon ? À éviter un effondrement des cours qui ferait plus de mal que de bien. Parce que si les prix s’écroulent, ce sont les producteurs qui trinquent. Et parmi eux, il y a des alliés du G7, comme le Canada ou le Royaume-Uni. Un équilibre de merde, en somme.

Le vrai jeu : qui paiera la note ?

Les États-Unis, bien sûr. Ils ont déjà puisé dans leurs réserves stratégiques en 2021 pour la même raison. Cette fois, ils comptent sur l’UE et le Japon pour suivre. Mais l’Allemagne, par exemple, a déjà réduit ses stocks à cause de la guerre en Ukraine. Elle n’a plus grand-chose à lâcher.

Alors qui va racheter tout ça ? Les fonds spéculatifs ? Les pays émergents ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que le G7 joue avec des cartes pourries.

Et si ça ne suffit pas ? Alors on repassera commande. Parce que la vraie crise, ce n’est pas le pétrole. C’est l’incapacité des pays riches à s’entendre sur quoi que ce soit.

La prochaine fois, ce sera pire.

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R Galaxie Rédaction

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