Le budget belge peut tenir sans taxes. À une condition : arrêter de mentir sur la santé publique
En 2023, la Belgique a dépensé 13,5 milliards d’euros en soins de santé évitables. Des hospitalisations pour des problèmes de diabète mal gérés, des urgences pour des crises d’asthme parce que les patients n’avaient pas suivi leur traitement, des opérations de la hanche après des années de négligence. 13,5 milliards. C’est l’équivalent de 10% du budget fédéral. Et c’est là-dessus que François De Smet, le président de DéFi, s’appuie pour dire : « On peut boucler le budget sans taxer davantage, si on arrête de gaspiller l’argent sur des maladies qu’on aurait pu éviter. »
Le problème ? Personne ne veut y croire. Pas les partis au pouvoir, pas les syndicats, pas même les médecins. Pourtant, les chiffres sont là. Une étude de Sciensano en 2022 montre que 40% des dépenses hospitalières pourraient être réduites avec une prévention sérieuse. Alors pourquoi on continue à faire semblant ?
La santé, ce trou noir où l’argent disparaît sans qu’on pose de questions
Imaginez : vous tombez malade. Vous allez chez le médecin. Il vous prescrit un traitement. Vous ne le prenez pas. Trois mois plus tard, vous finissez aux urgences, parce que votre état s’est aggravé. Qui paie ? Pas vous, bien sûr. C’est la sécurité sociale. Qui est responsable ? Personne. Parce que personne ne vous a forcé à ignorer les ordonnances. Personne ne vous a dit : « Si vous ne suivez pas votre traitement, c’est vous qui allez payer, indirectement. »
C’est comme ça que la Belgique dépense plus de 5% de son PIB en soins évitables. Plus que la France, plus que l’Allemagne, plus que les Pays-Bas. Pourquoi ? Parce qu’on a une culture de la santé qui repose sur deux piliers : « On soigne après » et « C’est pas mon problème si vous êtes irresponsable ».
François De Smet, lui, propose de casser ce système. Pas en taxant les Belges, mais en taxant l’irresponsabilité. Comment ? En mettant en place des programmes de prévention obligatoire pour les maladies chroniques. Pas des campagnes de sensibilisation molles. Des suivi contraignants, comme on en voit dans certains pays nordiques.
Exemple : en Suède, les diabétiques ont un suivi mensuel obligatoire avec leur médecin. Résultat ? 30% de réduction des complications qui coûtent cher à l’hôpital. En Belgique ? On se contente de distribuer des flyers. Ça ne marche pas.
Le piège des partis : ils préfèrent taxer que de dire la vérité
Pourtant, le plan de DéFi est mathématiquement solide. 10 milliards d’économies sur trois ans. Zéro nouvelle taxe. Juste une refonte des priorités. Alors pourquoi on en parle si peu ?
Parce que personne ne veut admettre que le système est pourri. Les partis au pouvoir ? Ils savent très bien que si on réduit les dépenses de santé évitables, ça signifie moins de pouvoir pour les hôpitaux, moins de postes pour les syndicats, moins de subventions pour les associations. Mieux vaut taxer les citoyens que de toucher à ces équilibres.
Et les médecins ? Ils ont peur. Peur de perdre des patients, peur de devoir justifier des refus de soins, peur de passer pour des « brutes » qui privent les gens de soins. Alors ils préfèrent faire semblant de croire que la prévention, c’est une bonne idée… mais pas maintenant.
Le pire ? Les Belges sont d’accord pour payer moins d’impôts. Une enquête YouGov de 2023 montre que 68% des Belges seraient favorables à des mesures de prévention renforcées si ça permettait d’éviter des taxes. Mais personne ne leur propose vraiment.
Le vrai problème : on ne veut pas choisir entre deux maux
François De Smet, lui, il assume : « Il faut choisir. Soit on continue à dépenser n’importe comment et on taxe tout le monde, soit on investit dans la prévention et on arrête de gaspiller l’argent public. »
Le problème, c’est que choisir, ça fait mal. Parce que ça signifie :
- Dire aux Belges : « Si vous fumez, si vous buvez, si vous ne bougez pas, vous allez payer. Pas directement, mais indirectement. »
- Dire aux hôpitaux : « Vous ne pourrez plus soigner des gens qui auraient pu éviter leur maladie. »
- Dire aux médecins : « Votre rôle n’est plus juste de soigner, mais aussi d’éviter que les gens tombent malades. »
C’est politiquement incorrect. C’est socialement explosif. Alors on préfère fermer les yeux et continuer à taxer.
Mais à un moment, il faut arrêter de mentir. La Belgique dépense déjà assez pour soigner tout le monde. Le problème, c’est qu’elle dépense mal.
La solution existe. Elle s’appelle la Suède. Pourquoi ne pas l’imiter ?
En 2010, la Suède a lancé un programme national de prévention pour les maladies chroniques. Résultat ?
- Réduction de 25% des hospitalisations pour diabète en 5 ans.
- Économies de 1,2 milliard d’euros par an pour l’État.
- Pas de nouvelle taxe.
Comment ?
- Suivi obligatoire pour les patients à risque (diabète, hypertension, asthme).
- Sanctions légères mais claires pour ceux qui ne respectent pas les recommandations (amendes symboliques, mais perte d’accès à certains soins non urgents pendant un temps).
- Campagnes ciblées dans les quartiers les plus touchés, avec des incitations financières pour les médecins qui réduisent les hospitalisations évitables.
En Belgique ? On en parle depuis 20 ans. Mais on ne fait rien. Pourquoi ? Parce que personne ne veut assumer les conséquences.
François De Smet, lui, il assume. Son plan n’est pas parfait. Il y a des risques. Il y a des lobbies qui vont hurler. Mais au moins, il propose une vraie solution. Pas une énième promesse électorale.
Le budget belge peut être sauvé. À condition d’arrêter de faire semblant
La Belgique a un problème de santé publique. Ce n’est pas un problème d’argent. C’est un problème de volonté politique.
On pourrait sauver 10 milliards par an sans toucher aux impôts. Comment ? En arrêtant de laisser les gens se ruiner en soins évitables. En imposant un minimum de responsabilité à ceux qui prennent des risques pour leur santé. En arrêtant de subventionner l’irresponsabilité.
Mais pour ça, il faudrait dire des vérités qui dérangent. Il faudrait choisir entre deux maux. Et surtout… il faudrait que quelqu’un ait le courage de le faire.
François De Smet a ce courage. Les autres, non.