En 2024, The Boring Company a secrètement bouclé un tour de table à 3 milliards de dollars. L’argent ? Il vient de fonds spéculatifs, de banques privées, et même d’un vieux partenaire de Musk, le fonds Saudi Aramco. Officiellement, c’est pour accélérer les tunnels sous Los Angeles. Officieusement, tout le monde sait que c’est une bouée de sauvetage pour Tesla. Les chiffres parlent : la société a brûlé 14 milliards en 2023, et les livraisons de voitures chutent. Pourtant, personne ne bronche. Pourquoi ? Parce que Musk a une nouvelle arme : le sous-sol des villes américaines, et l’argent qui coule à flots pour y creuser des autoroutes à 200 km/h, réservées aux véhicules autonomes. Bref, aux Teslas.
Le problème ? Personne ne sait si ça marchera.
Les tunnels de The Boring Company, c’est l’idée fixe d’un homme qui a déjà tout tenté : les batteries géantes, les hyperloops, les robots-chiens. Cette fois, il mise sur l’urbanisme. Son argument ? Les embouteillages coûtent 100 milliards de dollars par an aux États-Unis, selon le Texas A&M Transportation Institute. Ses tunnels, eux, coûteraient… 1 milliard par mile. Soit 100 fois plus cher. Mais Musk ne vend pas un produit, il vend une vision : une ville où les voitures roulent sous terre, sans pollution, sans bouchons, et où Tesla domine l’infrastructure. Comme Amazon avec les entrepôts, ou Apple avec les magasins. Sauf que là, c’est votre quotidien qui est en jeu.
Le vrai risque ? Les régulateurs ferment les yeux.
À Las Vegas, le premier tunnel de The Boring Company a ouvert en 2020. Résultat ? Un désastre : des pannes à répétition, des vitesses limitées à 50 km/h, et un service payant qui ne sert presque à personne. Pourtant, la ville a renouvelé le contrat. Pourquoi ? Parce que Musk a menacé de retirer ses investissements. Et ça marche. Les maires, les gouverneurs, les lobbies automobiles : tout le monde a peur de le contrarier. Même quand ses projets sont des gouffres financiers. En 2022, Neuralink, sa startup de puces cérébrales, a dépensé 150 millions pour implanter des électrodes chez des singes. Résultat ? Aucun essai sur l’homme. Mais les subventions continuent de couler. La méthode est simple : fais croire que tu innoves, et les États te paieront pour essayer.
Ce que personne ne dit, c’est que les tunnels ne sont qu’un prétexte.
The Boring Company, c’est d’abord une machine à cash pour Tesla. Comment ? En vendant des licences d’exploitation, en monnayant l’accès aux tunnels, et surtout en forçant les constructeurs à adapter leurs véhicules. Imaginez : demain, votre voiture ne pourra plus circuler en ville si elle n’a pas le système d’autonomie de Tesla. C’est déjà le cas pour les tunnels de Musk. Seuls les modèles compatibles avec son logiciel Hyperloop sont autorisés. Coïncidence ? Non.
Le pari le plus fou ? Croire que les gens paieront pour rouler sous terre.
En 2023, seulement 200 abonnés ont utilisé le tunnel de Las Vegas. Le prix ? 1 dollar par trajet. Soit le prix d’un café. Pourtant, Musk parle déjà d’étendre le réseau à New York, Chicago, et même Paris. Sans étude d’impact, sans concertation, sans preuve de rentabilité. Juste une promesse : « Ça va changer la ville. » Sauf que les villes, ça ne marche pas comme ça. À Détroit, où Musk a tenté de relancer l’industrie automobile, les usines ferment toujours. À Austin, où il a promis des milliers d’emplois avec Tesla, les salaires sont au plus bas. Les promesses, ça se paie en actions. Pas en réalisations.
Le vrai jeu, c’est l’argent public.
En 2021, le gouvernement américain a débloqué 1 milliard pour les infrastructures « innovantes ». The Boring Company en a obtenu une partie. Comment ? En jouant sur les mots : « infrastructure » ne signifie pas « route ». Ça signifie « projet futuriste ». Résultat, des milliards sont détournés vers des trouées dans le sol, au lieu d’être investis dans les transports en commun. Parce que les bus et les métros, ça ne fait pas rêver. Les tunnels à 200 km/h, si.
La question qui tue : et si ça échouait ?
En 2018, Musk a annoncé que The Boring Company serait rentable en 2020. C’était une blague. En 2023, il a promis des tunnels à Los Angeles d’ici 2025. Spoiler : ils ne seront pas prêts. Pourtant, les investisseurs continuent de mettre de l’argent. Pourquoi ? Parce que Musk a une réputation : il perd des milliards, mais il en gagne toujours plus. Son dernier tour de table ? 4 milliards pour X Corp (l’ancienne Twitter). Résultat ? Une plateforme en ruine, des licenciements massifs, et des actionnaires qui se serrent la ceinture. Mais personne ne se retire. Parce que quand Musk claque des doigts, les marchés suivent. Même quand il enterre des projets sous des montagnes de dettes.
Le pire ? Personne ne veut être celui qui arrête le train.
En 2022, un rapport du Sénat américain a pointé les conflits d’intérêts de Musk : ses entreprises reçoivent des subventions publiques tout en faisant pression sur les régulateurs. Réaction de Musk ? Il a racheté Twitter pour 44 milliards, puis l’a revendue en morceaux. La morale ? Quand tu es assez riche pour acheter des lois, tu n’as plus besoin de les respecter.
Alors, ces 3 milliards, c’est pour quoi faire ?
Pour creuser. Pour distraire. Pour gagner du temps. Parce que Tesla a un problème : ses voitures se vendent mal. Ses batteries coûtent une fortune. Et ses rivaux, comme BYD ou Rivian, lui mangent des parts de marché. Alors Musk joue son va-tout : il transforme les villes en laboratoires à ciel ouvert.
Le scénario le plus probable ? Un échec partiel.
Les tunnels existeront. Mais ils seront chers, lents, et réservés à une élite. Pendant ce temps, les autres devront continuer à subir les bouchons. Parce que les projets pharaoniques de Musk, ça ne sert jamais le public. Ça sert toujours ses actionnaires.
La vraie question n’est pas : « Est-ce que ça marchera ? »
C’est : « Qui paiera l’addition quand tout s’effondrera ? » Parce que quand Musk a fini de creuser, il partira. Et ce seront les contribuables qui resteront avec les tunnels, les dettes, et une ville encore plus divisée qu’avant.
La dernière ironie ? Les tunnels de Musk seront peut-être les seuls endroits où Tesla ne sera pas en retard.