Le CHUM a isolé un cas suspect hier. Personne n’en parle, mais c’est un test sérieux pour le Québec.
Pas de panique. Pas de quarantaine. Pas de titre en gros caractères. Juste un communiqué sec, signé par le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), qui annonce qu’un patient présentant des symptômes « compatibles avec le virus Ebola » a été pris en charge hier. Et puis, silence. Comme si ça ne concernait personne.
Pourtant, la RDC, à quelques milliers de kilomètres, enterre toujours ses morts. 4 000, selon les derniers chiffres de l’OMS. Une épidémie qui dure depuis mai, et qui ne fait pas la une des journaux québécois. Alors que là, à deux pas de chez vous, un cas suspect est isolé. Pourquoi cette différence de traitement ?
Parce que l’Ebola, au Québec, ça ne tue pas.
En RDC, le virus circule dans des zones de guerre, avec des hôpitaux en ruines et des populations qui fuient. Ici, un patient est admis dans un centre ultra-moderne, entouré d’experts. Les protocoles existent. Les équipements aussi. Le CHUM a même un laboratoire de niveau 4, le plus haut niveau de biosécurité. Assez pour gérer Ebola, grippe aviaire, ou même des agents pathogènes encore inconnus.
Mais ça ne veut pas dire que c’est sans risque. Un faux pas, et ça part en vrille.
Le vrai problème, ce n’est pas le virus. C’est la parano.
En 2014, pendant l’épidémie en Afrique de l’Ouest, des gens ont été internés pour rien. Des aéroports ont fermé. Des frontières, aussi. Résultat : la peur a fait plus de dégâts que le virus lui-même. Aujourd’hui, on a appris la leçon ? Pas sûr.
Le CHUM a réagi vite. Trop vite, peut-être. Un cas suspect, et déjà on isole. On teste. On attend les résultats. Mais si c’était positif ? Qui va gérer la communication ? Les médias vont-ils crier au scandale ? Les politiques vont-ils proposer des mesures drastiques ?
Personne ne sait.
Parce qu’on n’a jamais eu à gérer ça. Jamais.
L’Ebola au Québec, c’est comme un feu dans un immeuble neuf. Les pompiers sont là, les extincteurs aussi. Mais si le feu prend, tout le monde va paniquer.
Ce qui se joue ici, ce n’est pas juste un cas suspect. C’est un test.
Un test pour voir si le système tient. Si les hôpitaux sont prêts. Si les autorités savent communiquer sans semer la terreur. Et surtout, si on peut éviter de répéter les erreurs du passé.
Le CHUM a un atout : son labo de niveau 4.
C’est là que tout se décide. Si le patient est positif, les échantillons seront analysés en 24 à 48 heures. Mais après ?
La vraie question, c’est ce qui se passe après le diagnostic. Parce qu’un cas confirmé, même isolé, ça change tout. Ça fait peur.
Et la peur, au Québec, elle a une fâcheuse tendance à déraper. En 2003, avec le SRAS, on a vu ça.
Les gens portaient des masques dans la rue. Les entreprises fermaient leurs portes. Les écoles envoyaient les élèves chez eux. Tout pour rien.
Aujourd’hui, on est mieux préparés. Mais est-ce qu’on l’est assez ?
Le vrai danger, ce n’est pas le virus. C’est la réaction qu’il va provoquer.
Parce qu’un cas d’Ebola à Montréal, ça n’a rien à voir avec une épidémie en RDC. Là-bas, c’est la guerre. Ici, c’est la psychose.
Et la psychose, elle ne tue pas moins que le virus.
## Ce que le CHUM ne dit pas sur ses protocoles
Le communiqué du CHUM est clair : « Le patient a été pris en charge dans un isolement approprié. » Très bien. Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est comment.
Est-ce qu’ils ont activé le protocole Ebola ? Est-ce qu’ils ont contacté Santé Canada ? Est-ce qu’ils ont prévenu les autres hôpitaux de la région ?
Personne ne le sait.
Parce que les protocoles, au Québec, c’est comme les manuels de sécurité dans les avions : on les suit sans en parler. Jusqu’à ce que ça dérape.
Et là, on sera tous au courant. Trop tard.
Le CHUM a un labo de niveau 4. Mais est-ce que c’est assez ?
Un labo de niveau 4, ça coûte cher. Très cher. Et ça ne sert à rien si personne ne sait l’utiliser.
En 2014, pendant l’épidémie en Afrique de l’Ouest, plusieurs pays ont dépensé des millions pour se préparer. Résultat ? Des laboratoires vides, des experts en chômage, et des populations toujours aussi anxieuses.
Le Québec a-t-il évité ce piège ?
On ne sait pas. Parce que personne ne veut en parler. Et c’est là que le bât blesse.
Si un cas est confirmé, qui va décider quoi faire ?
Le CHUM ? Santé Canada ? La ville de Montréal ? Personne ne sait.
Parce qu’il n’y a pas de plan clair. Pas de responsable désigné. Pas de stratégie de communication préétablie. Juste des protocoles écrits quelque part, dans un dossier poussiéreux.
Et si le pire arrive ?
Si le patient est positif, il faudra isoler tout le monde autour de lui. Les infirmières. Les médecins. Les visiteurs.
Est-ce que le CHUM a prévu ça ? Est-ce qu’ils ont des chambres d’isolement en quantité suffisante ? Personne ne le dit.
Le vrai problème, ce n’est pas l’Ebola. C’est l’opacité.
On sait que le CHUM a un labo de niveau 4. On sait qu’ils ont pris un patient suspect en charge. Mais après ?
Qui décide ? Qui communique ? Qui paie la note ?
Personne ne répond.
## Pourquoi la RDC fait les gros titres, pas Montréal
En RDC, 4 000 morts. Des villages entiers rayés de la carte.
Ici, un cas suspect. Un patient isolé.
Pourquoi cette différence ? Parce que l’Ebola, au Québec, ça ne fait pas peur. Pas encore.
Mais ça devrait.
Parce que si un cas est confirmé, tout va basculer.
Les médias vont hurler. Les politiques vont proposer des mesures radicales. Les gens vont paniquer. Et après ?
Personne ne sait.
Le vrai danger, ce n’est pas le virus. C’est l’absence de plan.
En RDC, ils gèrent l’épidémie comme ils peuvent. Ici, on n’a même pas de plan.
Et c’est ça, le vrai scandale.
## Ce que personne ne veut admettre : on n’est pas prêts
Le CHUM a un labo de niveau 4. Bravo.
Mais un labo, ça ne suffit pas. Il faut des gens. Des protocoles. De l’argent.
Et surtout, il faut une stratégie.
Parce qu’un cas d’Ebola à Montréal, ce n’est pas qu’un cas. C’est un test.
Un test pour voir si le système tient. Si les hôpitaux sont prêts. Si les autorités savent communiquer sans semer la terreur.
Et surtout, si on peut éviter de répéter les erreurs du passé.
Le CHUM a réagi vite. Trop vite, peut-être.
Parce que maintenant, tout le monde attend. Les résultats du test. La confirmation. La panique.
Et si c’était positif ?
Personne ne sait. Personne ne veut le dire.
Mais une chose est sûre : on n’est pas prêts.