Le pont en retard de l’E40 bloque la route et paralyse les embouteillages.

La bretelle de Sterrebeek fermera dès 18h samedi, deux heures plus tôt que prévu. Les raisons ? Des retards techniques sur le nouveau pont de Bertem, et une logistique qui patauge. Voici pourquoi vos trajets vont encore se compliquer.

Publié le 10 octobre 2026 à 10:05
Le pont en retard de l’E40 bloque la route et paralyse les embouteillages.

Pourquoi on en est là ?

Pas besoin d’être ingénieur pour comprendre : quand un pont se construit en retard, tout le reste dérape. Ici, le problème, c’est le pont de Bertem, ce gros chantier qui devait relier les deux rives de la Dyle depuis 2020. Sauf que les fondations ont pris du retard, « des sols plus complexes que prévu », explique un porte-parole de Infrabel (sans rire). Résultat : les échéances glissent, les plannings sont réécrits, et les accès provisoires deviennent des bouchons permanents. La bretelle de Sterrebeek, censée rester ouverte jusqu’à 20h, ferme maintenant à 18h. Pourquoi ? Parce qu’il faut libérer les engins avant la nuit. Parce que les ouvriers ne peuvent pas travailler sous les néons après 18h sans autorisation spéciale. Parce que quelqu’un, quelque part, a oublié de prévoir des heures supplémentaires.

Et puis il y a l’effet domino. Fermer plus tôt, c’est aussi éviter que les files d’attente ne s’étirent jusqu’à Bruxelles. Sauf que les files d’attente, justement, elles sont déjà là. Depuis des semaines. Les conducteurs qui prennent l’E40 en direction de Liège savent que, passé Ottignies, tout peut bloquer. Mais là, c’est pire : on leur coupe la route deux heures plus tôt, sans explication détaillée, sans alternative claire. « On vous redirigera vers d’autres axes », dit Infrabel. Super. Vers quels axes ? Ceux qui mènent droit dans le mur, parce que les autres routes sont déjà saturées.

Un chantier qui coûte cher, et qui ne sert à rien

Le pont de Bertem, c’est 120 millions d’euros financés par l’Union européenne, la Wallonie et la Flandre (source : rapport parlementaire 2022). Un budget qui aurait pu être mieux utilisé. Parce que ce pont, au fond, il ne résout rien. Il ne désengorge pas l’E40. Il ne supprime pas les bouchons. Il ne fait que déplacer le problème. Les conducteurs qui prennent la bretelle de Sterbeek aujourd’hui vont se retrouver coincés sur la N246, où les feux tricolores fonctionnent à la loterie. Ceux qui prennent la N247 vers Wavre vont devoir slalomer entre les camions. Et ceux qui ont la chance d’avoir une alternative ? Ils la connaissent déjà. Le vrai problème, c’est les autres.

Et puis il y a la question des responsabilités. Qui a merdé sur ce chantier ? Infrabel ? Les entreprises sous-traitantes ? La politique ? Personne ne veut l’avouer. « Des imprévus, c’est normal », répète-t-on de tous côtés. Sauf que non. Quand un pont coûte 120 millions et qu’il prend trois ans de retard, ce n’est pas « normal ». C’est de la mauvaise gestion. C’est de l’argent public jeté par les fenêtres. Et c’est surtout votre temps qui passe à la trappe.

Ce que ça change pour vous, concrètement

  • Si vous allez à Liège ce samedi après 16h30 : évitez l’E40. Prenez la E19 jusqu’à Wavre, puis la N246. Mais attention, les travaux sur le pont de Lasne (oui, encore) peuvent tout faire capoter.
  • Si vous habitez Sterrebeek ou ses alentours : les bus du TEC seront en renfort, mais ils seront bondés. Prévoyez 45 minutes de plus que d’habitude.
  • Si vous êtes un habitué des trajets E40 : vous savez déjà que rien ne change jamais. Sauf que là, c’est pire. Parce que la fermeture anticipée, c’est un aveu d’échec. Un aveu que les travaux ne sont pas maîtrisés. Un aveu que personne ne veut assumer.

Le vrai scandale ? Personne ne s’en soucie vraiment.

Les médias locaux en parleront deux jours, le temps que les camions repassent sur l’E40. Les politiques feront semblant de s’indigner, avant de filer à une autre réunion. Et vous ? Vous allez râler dans votre voiture, serrer les dents, et prier pour que le prochain bouchon ne soit pas pire que le précédent.

C’est comme ça depuis des années. On promet des améliorations, on construit des ponts, et au final, rien ne bouge. Sauf votre niveau de stress.

La prochaine fois, ce sera pire.

Parce que le pont de Bertem n’est qu’un maillon. Derrière, il y a l’E40 tout entière, qui pourrit lentement. Les travaux s’enchaînent, les budgets explosent, et les usagers ? On les oublie. Jusqu’à ce que ça devienne ingérable.

Alors oui, cette fermeture anticipée, c’est chiant. Mais c’est surtout le symptôme d’un système qui ne fonctionne pas. Et personne ne veut en parler.

La dernière ligne droite.

Samedi soir, quand vous serez coincé dans les bouchons, souvenez-vous : ce n’est pas la faute des ouvriers. C’est la faute de ceux qui ont laissé faire. Et qui laisseront encore faire.

Parce qu’à la fin, l’E40, c’est comme la Belgique : tout le monde râle, mais personne ne change rien.

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R Galaxie Rédaction

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