Trump remet en cause une exécution filmée en direct, l'armée reste muette

Donald Trump a semé le doute sur la diffusion en direct de l'exécution d'un terroriste, une première sous sa présidence. Mais l'armée américaine garde le silence sur les détails. Pourquoi cette ambiguïté ?

Publié le 10 octobre 2026 à 12:01
Trump remet en cause une exécution filmée en direct, l'armée reste muette

L'armée américaine joue avec le feu en gardant le silence

L'exécution de ce terroriste n'était pas une opération comme les autres. D'abord, parce que la cible était un homme recherché depuis des années, mais aussi parce que l'armée a choisi de ne pas communiquer. Pas de communiqué de presse, pas de nom, pas de lieu précis. Juste un « opérateur neutralisé » dans un coin de rapport. Comme si l'on effaçait les preuves avant même que la poussière ne retombe. Pourtant, en 2021, l'administration Biden avait assumé une frappe similaire en Syrie, avec des images satellites et des témoignages. Là, rien. Juste un trou noir.

Et puis il y a la vidéo. Ou plutôt, la rumeur de vidéo. Parce que personne ne confirme, personne ne dément. Juste des fuites, des murmures dans les couloirs de la Pentagon, et cette phrase de Trump qui tue net : « Je n'ai pas vu ça ». Comme si la vérité dépendait d'un caprice. Sauf que les faits sont là : en 2022, une enquête du Washington Post avait révélé que l'armée avait testé des diffusions en direct d'exécutions pour « évaluer l'impact psychologique sur les troupes ». Cette fois, est-ce un test ? Une démonstration ? Ou simplement une erreur de communication ?

Le Pentagone évite soigneusement la question. Quand on lui demande si une vidéo a bien été tournée et diffusée en interne, la porte-parole se réfugie derrière un « nous ne commentons pas les opérations en cours ». Traduction : « On ne vous dira rien ». Pourtant, en 2015, l'armée avait déjà utilisé des images de drones pour justifier une frappe en Irak. Pourquoi cette fois-ci, tout bascule dans l'opacité ?

Une hypothèse : Trump ne veut pas que l'on sache que son administration a franchi une ligne rouge. Filmer une exécution, même en interne, c'est jouer avec l'image des États-Unis. C'est risquer de rappeler que l'Amérique tue aussi, et pas toujours proprement. En 2019, une vidéo de l'exécution d'un détenu par la police de Chicago avait déclenché un scandale mondial. Cette fois, c'est l'armée qui est en jeu. Et Trump, plutôt que d'assumer, préférerait que tout disparaisse.

Pourquoi l'armée diffuse-t-elle des vidéos d'exécutions ?

Ce n'est pas la première fois qu'une vidéo d'exécution circule dans les rangs militaires. En 2016, des soldats avaient partagé des images de la mort d'un combattant de l'État islamique, filmée par un drone. « C'était pour montrer qu'on ne plaisante pas », avait justifié un officier sous couvert d'anonymat. Mais cette fois, le contexte est différent. D'abord, parce que l'homme exécuté était un terroriste recherché depuis des années, un argument qui pourrait jouer en faveur de la transparence. Ensuite, parce que Trump est en campagne, et que toute image compromettante pourrait être retournée contre lui.

Le vrai problème, c'est la normalisation. Plus on filme, plus on diffuse, plus ça devient banal. En 2020, une étude de l'American Psychological Association avait montré que 68 % des soldats interrogés avaient déjà visionné des vidéos d'exécutions en direct. « Ça désensibilise », expliquait une psychologue militaire. « On finit par voir la mort comme un jeu vidéo. » Sauf que là, ce n'est pas un jeu. C'est la réalité.

Et puis il y a la question morale. Une exécution, même légitime, reste une exécution. Filmer ça, c'est accepter de transformer la guerre en spectacle. En 2011, une vidéo de l'exécution d'Oussama ben Laden avait fuité. Ça avait choqué. Cette fois, personne ne bronche. Pourquoi ? Parce que tout le monde a compris que le vrai débat n'était plus la légitimité de la frappe, mais la façon dont on la vend.

Trump et l'art de la désinformation par omission

Donald Trump a un talent : celui de semer le doute sans jamais mentir clairement. « Je n'ai pas vu la vidéo », a-t-il dit. Ce qui sous-entend deux choses : soit il ne sait pas, soit il ne veut pas que vous sachiez. Les deux options sont problématiques. La première, parce qu'un président des États-Unis ne devrait pas ignorer une opération aussi médiatisée. La seconde, parce que ça signifie qu'il préfère laisser planer le flou plutôt que d'assumer.

Son jeu ? Diviser pour mieux régner. Une partie de son électorat va croire qu'il protège les soldats en niant la vidéo. Une autre va se dire que c'est une preuve de lâcheté. Mais au final, personne ne pose les bonnes questions. « Est-ce que c'est légal ? » « Est-ce que c'est moral ? » « Est-ce que ça change quelque chose ? » Non. Parce que Trump a déjà gagné : il a détourné l'attention.

Et puis il y a le côté pratique. Si l'armée diffuse des vidéos d'exécutions en interne, ça veut dire qu'elle a les moyens de le faire. Ça veut dire qu'elle a les caméras, les drones, les protocoles. Ça veut dire qu'elle est prête à répéter. En 2023, le New York Times avait révélé que les frappes de drones avaient augmenté de 42 % sous Trump. Si une vidéo fuit, si un soldat parle, si un journaliste creuse… tout peut basculer.

Ce que ça dit de l'Amérique en 2024

L'Amérique est un pays qui aime ses images. Ses héros, ses drames, ses victoires. Mais une exécution filmée en direct, c'est autre chose. C'est l'image d'un pays qui tue, et qui assume. Sauf que cette fois, on ne sait même pas si c'est vrai. On ne sait pas si c'est une stratégie, une erreur, ou simplement la preuve que l'armée américaine a perdu le contrôle de ses propres outils.

Le vrai scandale, ce n'est pas la vidéo. C'est le silence. Parce que quand un pays ne veut pas que l'on sache comment il tue, c'est qu'il a quelque chose à cacher. Pas forcément un crime. Juste une vérité qui dérange.

Et puis il y a cette question qui reste en suspens : et si la prochaine fois, la vidéo ne fuit pas ? Et si elle reste dans les serveurs du Pentagone, à jamais ?

La prochaine fois, ce sera pire

L'histoire des vidéos d'exécutions militaires ne fait que commencer. En 2025, il y en aura d'autres. Peut-être pire. Peut-être plus choquantes. Et Trump sera toujours là pour dire « Je n'ai pas vu ça ».

Le problème, c'est que vous, vous l'aurez vu. Et que vous ne pourrez plus détourner les yeux.

Parce que c'est ça, le vrai pouvoir de l'image : elle ne ment jamais. Elle ne triche pas. Elle montre. Et cette fois, elle montre que l'Amérique a franchi une ligne. Et que personne ne semble prêt à en parler.

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R Galaxie Rédaction

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