Les pétroliers roulent, l’essence reste chère

Les exportations du Golfe ont repris leur niveau d’avant-guerre, mais le plein coûte toujours une fortune. La raison ? Le détroit d’Ormuz joue les goulots d’étranglement, et les assurances explosent. Résultat : le pétrole circule, mais l’essence manque encore.

Publié le 6 octobre 2026 à 10:06
Les pétroliers roulent, l’essence reste chère

Le détroit d’Ormuz, ce point de non-retour où tout coince encore

Le 19 avril, un pétrolier saoudien a été visé par des drones près du détroit d’Ormuz. Pas de dégâts majeurs, mais un rappel brutal : la guerre froide entre l’Iran et les États-Unis ne date pas d’hier. Pourtant, les chiffres officiels rassurent. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations de pétrole du Golfe, hors Iran, ont retrouvé leur niveau d’avant l’invasion de l’Ukraine. 19,5 millions de barils par jour en mars 2024, contre 19,3 millions en février 2022.

Sauf que pour vous, ce détail ne change rien. Le litre d’essence reste à 1,75 € en moyenne en France, soit 30 % plus cher qu’avant la guerre. Alors pourquoi cette dissonance ? Parce que le pétrole, oui, circule. Mais pas comme avant. Et surtout, pas sans payer le prix fort.

Les assurances, ce nouveau malin génie des prix

Les attaques contre les tankers dans le détroit d’Ormuz, c’est comme un jeu de dominos qui ne tombe jamais tout à fait. En 2023, 12 incidents majeurs ont été recensés par la Marine américaine dans la région, contre 5 en 2022. Des chiffres qui semblent faibles, mais qui suffisent à faire monter les primes d’assurance en flèche. Un tanker traversant l’Ormuz aujourd’hui peut voir sa prime d’assurance doubler, selon les courtiers spécialisés comme UK P&I Club, le plus grand club d’assurance maritime au monde.

Résultat ? Les compagnies pétrolières répercutent. Pas sur le baril brut, non, ça, les marchés s’en fichent. Mais sur le transport. Et quand le transport coûte plus cher que le pétrole lui-même, c’est toute la chaîne qui se grippe. Un baril qui part du Koweït à 80 dollars peut coûter 85 dollars à livrer.

Vous ne voyez pas la différence ? Les raffineries, elles, la voient. Et elles la facturent.

Le pétrole arrive, mais les raffineries font la sourde oreille

En théorie, si le pétrole entre, l’essence doit suivre. Sauf que les raffineries européennes, déjà à la ramasse après des années d’investissements minimes, ne tournent pas à plein régime. Pourquoi ? Parce qu’elles misent encore sur le diesel et le gazole, bien plus rentables que l’essence. En Europe, la marge sur le gazole est 20 % supérieure à celle de l’essence, selon les données de Platts, l’agence de cotation des matières premières.

Autrement dit : même si le pétrole afflue, les raffineries ne transforment pas assez en essence. Et quand elles le font, c’est au prix coûtant. La France importe aujourd’hui 60 % de son essence, contre 40 % avant 2020. Mais ces importations ? Elles viennent souvent de raffineries américaines ou indiennes, qui priorisent les marchés asiatiques, bien plus lucratifs.

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R Galaxie Rédaction

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