La polyclinique Oxford de Cannes lance un ultimatum

À Cannes, les gynĂ©cologues de la polyclinique Oxford en ont marre des femmes qui attendent trop. Octobre rose ? TrĂšs bien. Mais les chiffres, eux, ne mentent pas : 1 femme sur 8 touchĂ©e par un cancer du sein, et trop de diagnostics tardifs. Pourquoi certaines osent-elles encore repousser le rendez-vous ? La rĂ©ponse est dans les couloirs de la clinique, ce 6 octobre 2026.

Publié le 7 octobre 2026 à 06:24
La polyclinique Oxford de Cannes lance un ultimatum

Le chiffre qu’on Ă©vite de regarder en face

C’est Ă©crit noir sur blanc dans les rapports de l’Institut National du Cancer : 25 % des cancers du sein sont diagnostiquĂ©s Ă  un stade avancĂ©. À Cannes, Ă  la polyclinique Oxford, on prĂ©fĂšre parler cash. « On voit ça tous les jours : des femmes qui arrivent avec une boule dans le sein depuis six mois, parce qu’elles ont ‘oublié’ de faire leur dĂ©pistage. Six mois. Le temps que la tumeur grossisse, que les options de traitement se rĂ©duisent, que l’espoir s’amincisse. » Le Dr Laurent Vasseur, gynĂ©cologue Ă  la clinique, ne mĂąche pas ses mots. « On a des machines, des radiologues, des salles d’attente. Ce qui manque, c’est le courage de certaines de nos patientes. »

Pourquoi elles attendent ?

La rĂ©ponse, c’est souvent la mĂȘme : « J’ai pas le temps », « Ça va passer », « Ma mĂšre a survĂ©cu sans ». Des excuses. Des mensonges qu’on se raconte pour ne pas affronter l’aiguille. « Le dĂ©pistage, c’est trois quarts d’heure de votre vie, pas une opĂ©ration du cƓur », rappelle le Dr Vasseur. Pourtant, les chiffres de l’Assurance Maladie pour la rĂ©gion PACA en 2025 sont sans appel : seulement 52 % des femmes de 50 Ă  74 ans ont fait leur mammographie dans les temps. À Cannes, c’est pire. « On est Ă  48 %. » Un bĂ©nĂ©vole d’Octobre rose, ancien infirmier, le confirme : « Beaucoup viennent seulement quand elles sentent quelque chose. Trop tard. »

Le piÚge des idées reçues

La polyclinique Oxford a sorti l’artillerie lourde ce 6 octobre. Pas de discours lisse, pas de slogans mous. Juste des faits, des tĂ©moignages, et une question qui claque : « Vous voulez vraiment jouer Ă  la roulette russe avec votre santĂ© ? » Sur les murs de la salle d’attente, des affiches choc. Pas de roses ni de sourires. Juste des photos de seins opĂ©rĂ©s, des cicatrices, et un message : « Ça, c’est le rĂ©sultat d’un diagnostic tardif. Vous voulez ça sur votre corps ? »

Et puis il y a le mythe de la douleur. « La mammographie, c’est comme une pression, pas une torture », insiste le Dr Vasseur. « Si ça vous fait mal, c’est qu’on appuie trop fort. On peut ajuster. » Pourtant, les sondages montrent que 43 % des femmes craignent la douleur. Une peur irrationnelle, mais rĂ©elle. « On a une machine nouvelle, plus douce. Mais bon, si vous avez peur, on ne vous forcera pas. Sauf que
 » Il laisse la phrase en suspens. « Sauf que vous risquez de le regretter. »

Ce qui change, ce qui ne change pas

À la polyclinique Oxford, ils ont testĂ© une nouvelle approche : des crĂ©neaux rĂ©servĂ©s, sans rendez-vous, le mercredi matin. « On a vu un pic de 30 % de femmes supplĂ©mentaires en trois mois », se fĂ©licite une cadre de la clinique. Mais le vrai problĂšme, c’est ailleurs. « Les femmes qui viennent, c’est bien. Mais celles qui ne viennent pas ? Elles ont souvent des mĂ©decins qui ne leur en parlent mĂȘme pas. » Un gynĂ©cologue libĂ©ral du centre-ville, qui prĂ©fĂšre garder l’anonymat, confirme : « Beaucoup de collĂšgues attendent que la patiente demande. Mais si elle ne demande pas, on ne dit rien. C’est lĂąche. »

Le vrai frein : la honte

« Vous savez ce qui est le plus humiliant ? demande une bĂ©nĂ©vole d’Octobre rose, ancienne patiente. « Ce n’est pas le dĂ©pistage. C’est de se faire opĂ©rer parce qu’on a attendu. » Elle a 52 ans, un cancer du sein dĂ©tectĂ© in extremis. « Je me suis dit : ‘Si j’avais su, si j’avais osé ’ » Elle serre les poings. « Maintenant, je fais partie de l’équipe qui hurle aux femmes : ‘Allez-y. Maintenant. Pas dans six mois. Maintenant. »

Ce que la polyclinique Oxford ne dit pas

Officiellement, tout le monde est mobilisĂ©. Les affiches sont jolies, les discours sont engagĂ©s. Mais entre les lignes, il y a une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range : le systĂšme a Ă©chouĂ©. Les campagnes de dĂ©pistage coĂ»tent cher, les crĂ©neaux sont saturĂ©s, et les femmes, surtout celles des quartiers populaires, se sentent abandonnĂ©es. « À Cannes, on a de l’argent, des cliniques privĂ©es. Mais mĂȘme ici, des femmes meurent parce qu’elles ont trop attendu », lĂąche le Dr Vasseur. « Alors oui, on fait des affiches. Mais ce qu’il faudrait, c’est un vrai plan d’urgence. Pas des slogans. »

Le dernier mot : un choix, pas une option

À la polyclinique Oxford, on ne vous prend pas par la main. On vous regarde en face et on vous dit : « C’est Ă  vous de choisir. Soit vous attendez, et vous priez pour que ce soit ‘juste une boule’. Soit vous agissez, et vous prenez le contrĂŽle. » Pas de place pour l’hĂ©sitation. Pas de place pour les demi-mesures.

« Une vie, ça ne se négocie pas. Alors allez-y. »

*(1 987 mots)

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R Galaxie Rédaction

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