La cybercriminalité explose en région verviétoise

Les faits de cybercriminalité ont progressé de 14 % en un an dans les communes francophones de l'arrondissement verviétois, selon les données policières. Les autorités locales et les experts s'interrogent sur les causes et les solutions à ce phénomène croissant.

Publié le 1 novembre 2026 à 08:05
La cybercriminalité explose en région verviétoise

Un fléau en croissance exponentielle dans les communes verviétoises

La cybercriminalité s’impose comme une réalité préoccupante en région verviétoise, avec une hausse marquée des infractions enregistrées en 2025.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large, où la digitalisation accélérée des services publics et privés a élargi les opportunités pour les auteurs d’infractions. Les cyberattaques, les fraudes en ligne et les usurpations d’identité touchent désormais des cibles variées, des particuliers aux entreprises locales, en passant par les administrations communales. La question se pose : comment expliquer cette accélération, et quels moyens mobiliser pour y répondre ?


Qui décide des réponses, et selon quelles règles ?

En matière de cybercriminalité, la compétence revient principalement à la police fédérale, chargée des enquêtes, et aux parquets locaux, qui instruisent les dossiers. Cependant, la lutte contre ce phénomène dépasse le cadre judiciaire : elle implique aussi les autorités communales, responsables de la sensibilisation des citoyens, et les entreprises locales, souvent premières cibles des cybercriminels. Les communes disposent de budgets limités pour financer des campagnes de prévention ou des formations, tandis que les entreprises doivent investir dans des systèmes de sécurité coûteux.

Pourtant, l’application de ces règles reste inégale, en raison des délais d’enquête souvent longs et des ressources limitées allouées aux services compétents.


Qui paie le coût de cette criminalité croissante ?

Les victimes de cybercriminalité sont multiples : les particuliers, dont les données personnelles sont volées ou dont les comptes bancaires sont détournés ; les entreprises, confrontées à des pertes financières directes (fraudes, ransomware) ou à un préjudice d’image ; et les collectivités locales, qui supportent le coût des investigations policières et des mesures de protection. Selon des estimations générales (non quantifiées dans les sources disponibles), une cyberattaque réussie peut coûter jusqu’à plusieurs centaines d’euros à une entreprise locale, sans compter le temps perdu en récupération.

Les communes, quant à elles, doivent aussi faire face à une augmentation des demandes d’assistance de la part des citoyens, tandis que leurs budgets dédiés à la cybersécurité restent modestes. La question du financement de ces mesures se pose avec acuité : faut-il compter sur des subventions régionales, comme le propose une partie des élus, ou sur une taxation spécifique des entreprises les plus exposées ?


Qui en bénéficie, et qui en supporte les conséquences ?

Les cybercriminels tirent profit de cette situation, en exploitant des failles techniques ou humaines pour commettre des fraudes. Leur activité, souvent transnationale, leur permet d’échapper plus facilement aux poursuites, même si les autorités belges renforcent leur coopération avec Eurojust et Interpol. À l’inverse, les victimes, qu’elles soient individuelles ou collectives, subissent les conséquences directes : perte d’argent, atteinte à la réputation, ou même paralysie d’activités pour les petites entreprises.

Côté institutionnel, certains acteurs pourraient indirectement bénéficier de cette tendance. Les fournisseurs de solutions de cybersécurité voient par exemple leurs ventes augmenter, tandis que les assureurs ajustent leurs contrats pour couvrir ces risques émergents. Cependant, ces gains restent limités face à l’ampleur des préjudices subis par les citoyens et les entreprises locales.


Les communes face à un défi de prévention

La prévention constitue l’un des leviers les plus efficaces pour lutter contre la cybercriminalité. Pourtant, son déploiement se heurte à plusieurs obstacles. Les campagnes de sensibilisation, menées par les communes ou les zones de police, peinent à toucher l’ensemble de la population, notamment les personnes âgées, souvent moins familières avec les outils numériques mais aussi ciblées par les arnaques. Par ailleurs, la formation des employés municipaux aux bonnes pratiques reste inégale, alors que les collectivités sont elles-mêmes des cibles potentielles.

Certaines initiatives locales montrent nevertheless des pistes prometteuses. À Welkenraedt, par exemple, une collaboration entre la zone de police et les commerçants a permis de mettre en place des ateliers de cybersécurité pour les petites entreprises. Ces actions, bien que coûteuses, pourraient inspirer d’autres communes si elles étaient soutenues financièrement.


Un désaccord persistant sur les priorités

Malgré une prise de conscience croissante, les acteurs locaux restent divisés sur les priorités à adopter. D’un côté, les élus et les responsables policiers insistent sur la nécessité de renforcer les moyens humains et techniques des zones de police, afin d’accélérer les enquêtes et de démanteler les réseaux criminels. De l’autre, les experts en cybersécurité estiment que la prévention doit être généralisée, avec des budgets dédiés et une coordination renforcée entre les niveaux de pouvoir.

Un point de convergence existe cependant : la cybercriminalité ne peut être combattue sans une mobilisation collective, associant citoyens, entreprises et institutions. Mais les moyens pour y parvenir restent à définir, et le temps presse.


Quelles questions restent sans réponse ?

Plusieurs interrogations persistent, faute de données ou de consensus. Pourquoi certaines communes, comme Verviers, voient-elles une baisse de la criminalité classique tout en enregistrant une hausse des cyberdélits ? Cette dynamique pourrait-elle s’expliquer par un déplacement des modes opératoires des criminels, ou par une meilleure détection des infractions numériques ?

Par ailleurs, comment concilier la lutte contre la cybercriminalité avec le respect de la vie privée, alors que les outils de surveillance les plus efficaces soulèvent des questions éthiques ? Enfin, quelle place accorder aux victimes dans la réponse pénale, alors que leur parole est souvent essentielle pour identifier les auteurs ?

Ces questions illustrent la complexité d’un phénomène qui dépasse le cadre strictement policier. Elles appellent à une réflexion plus large, impliquant tous les acteurs du territoire verviétois.

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R Galaxie Rédaction

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