La Lorraine, ce parent pauvre qui ne veut pas lâĂȘtre
Les chiffres nationaux ? On les connaĂźt. La France bat des records de contaminations, les services de rĂ©a saturent dans le Nord, en Ăle-de-France, mĂȘme en Bretagne. Mais en Lorraine ? « On est en dessous des seuils Ă©pidĂ©miologiques. » Câest ce que rĂ©pĂšte SantĂ© Publique France depuis trois semaines. « Pas dâalerte maximale. » Traduction : « On gĂšre. » Pourtant, Ă Nancy, les urgences ont dĂ©jĂ reçu 12 % de patients Covid en plus depuis dĂ©but septembre. 12 %. Pas 2 %. Pas 50 %. Juste assez pour que les infirmiĂšres rĂąlent en couloirs, assez pour que les mĂ©decins prescrivent des arrĂȘts maladie par rĂ©flexe, assez pour que les familles sâinquiĂštent. « On nous dit que câest sous contrĂŽle, mais les gens autour de moi tombent comme des mouches. » Marie, 48 ans, cadre dans une PME de Thionville, a attrapĂ© le virus il y a dix jours. « Jâai cru que câĂ©tait une grippe. RĂ©sultat : quatre jours Ă lâhĂŽpital, zĂ©ro vaccin Ă lâhorizon. » Le Dr. Vasseur hausse les Ă©paules. « Les gens croient que parce que câest âjusteâ Omicron, câest moins grave. Ils se trompent. »
Mais le vrai problĂšme, ce nâest pas le virus. Câest le timing. La campagne vaccinale dĂ©marre le 13 octobre. Soit quatre semaines aprĂšs que les premiers clusters aient Ă©tĂ© repĂ©rĂ©s dans les Hauts-de-Seine. Quatre semaines. Le temps quâil faut pour que le virus sâinstalle, mute un peu, et que les services de santĂ© soient submergĂ©s. « On vaccine aprĂšs la bataille. Toujours. » Le Dr. Vasseur crache presque le mot. « En 2020, on a couru. En 2022, on a tergiversĂ©. LĂ , on fait les deux en mĂȘme temps. »
Le vaccin arrive, mais personne ne sait comment lâutiliser
Le 13 octobre, les laboratoires Pfizer et Moderna livreront enfin les nouvelles doses adaptĂ©es aux variants actuels. « Une bonne nouvelle ? » Le Dr. Vasseur ricane. « Ouais, enfin⊠» Le problĂšme, câest que personne nâa vraiment expliquĂ© comment on allait sây prendre.
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Qui vaccine qui ? Les plus de 65 ans ? Les personnes fragiles ? Les soignants ? Les enfants ? Les autoritĂ©s tergiversent. Ă Bruxelles, lâEMA a validĂ© le vaccin pour les 12 ans et plus, mais la France traĂźne. « On attend les recommandations de la Haute AutoritĂ© de SantĂ©. » Traduction : « On verra bien. » RĂ©sultat : les cabinets libĂ©raux sont dĂ©jĂ submergĂ©s par les appels. « Je veux me faire vacciner, mais on me dit de patienter. » « Patienter ? » Le Dr. Vasseur Ă©clate de rire. « Vous voulez patienter avec quoi ? Avec un masque FFP2 qui pĂšse une tonne et lâespoir que ça passe ? »
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OĂč vaccine-t-on ? Les centres de vaccination, fermĂ©s depuis 2023, rouvrent⊠mais en dĂ©sordre. Ă Ăpinal, on manque de locaux. Ă Reims, les plannings sont saturĂ©s en deux heures. « On est en plein bordel. » Un infirmier anonyme, qui refuse de donner son nom, explique : « On nous dit de prĂ©parer 50 000 doses pour la premiĂšre semaine. Mais on nâa mĂȘme pas assez de seringues. » Un dĂ©tail ? Pas vraiment. En 2021, la France avait gaspillĂ© 2,5 millions de doses faute dâorganisation. En 2026, on recommence.
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Et aprĂšs ? Personne ne sait non plus comment on va faire pour les rappels. « On nous promet un vaccin annuel, comme la grippe. » Le Dr. Vasseur secoue la tĂȘte. « Sauf que la grippe, au moins, on la voit venir. LĂ , on est dans le flou artistique. »
Le vrai jeu : ceux qui gagnent quand les autres perdent
Pendant ce temps, les laboratoires Pharmaceutiques affichent des bĂ©nĂ©fices records. Pfizer a annoncĂ© un chiffre dâaffaires de 23 milliards de dollars pour le troisiĂšme trimestre 2026, soit +18 % sur un an. Moderna, lui, mise sur les « vaccins de nouvelle gĂ©nĂ©ration ». « Une avancĂ©e scientifique majeure. » Leur PDG, StĂ©phane Bancel, lâa rĂ©pĂ©tĂ© dans une interview Ă Les Ăchos : « Nous sommes prĂȘts Ă rĂ©pondre Ă la demande mondiale. »
PrĂȘts ? Ă Metz, les stocks arrivent en gouttes. Ă Lyon, les pharmacies reçoivent des colis Ă moitiĂ© vides. « On nous dit que câest une question de logistique. » Le Dr. Vasseur serre les poings. « La logistique, câest une excuse. Le vrai problĂšme, câest que personne ne veut assumer les coĂ»ts. »
Et puis il y a les assurances. Les contrats « Covid prolongĂ© » explosent. Les mutuelles refusent de prendre en charge les sĂ©quelles. « On nous dit que câest âexceptionnelâ. » Une patiente, Sophie, 32 ans, a fait une forme sĂ©vĂšre du virus en juillet. « Mon assurance a refusĂ© de payer ma rééducation. » Elle montre un courrier : « Risque non couvert. » « Non couvert ? » Le Dr. Vasseur relit la lettre, puis la dĂ©chire. « Bien sĂ»r que câest couvert. Câest couvert par la souffrance des autres. »
Ce quâon ne vous dira pas
Les mĂ©dias parlent de « reprise de la circulation virale ». Les politiques Ă©voquent « une vigilance accrue ». Les soignants, eux, savent une chose : on est en train de rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes erreurs.
- En 2020, on a manquĂ© de masques. RĂ©sultat : des milliers de morts Ă©vitables. En 2026 ? On manque de vaccins adaptĂ©s. MĂȘme problĂšme.
- En 2021, on a vaccinĂ© Ă la va-vite. RĂ©sultat : des effets secondaires sous-estimĂ©s. En 2026 ? On vaccine sans stratĂ©gie claire. MĂȘme recette.
- En 2022, on a dit « câest fini ». RĂ©sultat : le virus est revenu plus fort. En 2026 ? On dit « câest sous contrĂŽle ». MĂȘme piĂšge.
Le Dr. Vasseur nâa plus la force de sâĂ©nerver. « On est dans un systĂšme oĂč les erreurs se paient⊠mais jamais par ceux qui les commettent. » Il regarde par la fenĂȘtre. Dehors, un infirmier court en direction des urgences. « Allez, je vous laisse. Moi, jâai trois patients en attente. Et zĂ©ro solution. »
La vraie question, câest : jusquâĂ quand ?
JusquâĂ quand on va continuer Ă jouer Ă saute-mouton avec le virus ? JusquâĂ quand les laboratoires vont-ils encaissezr des milliards sur le dos des hĂŽpitaux saturĂ©s ? JusquâĂ quand les assurances vont-elles refuser de payer les sĂ©quelles ?
Personne ne répond. Parce que personne ne veut.
Et en attendant, le virus, lui, ne sâarrĂȘte pas.