Un mort de plus, et toujours pas de répit en Andalousie
Le corps du quatrième patient atteint du virus du Nil occidental en Andalousie a été enterré il y a trois jours. Lui, c’était un homme de 84 ans, avec ses problèmes de santé habituels, diabète, hypertension, un cœur qui n’en pouvait plus. La Junta de Andalucía a confirmé le décès sans faire de vagues, comme d’habitude. Juste un chiffre de plus dans un tableau déjà bien rempli : 71 cas humains cette saison, dont la plupart à Séville et dans sa banlieue. Mais cette fois, c’est La Puebla del Río qui est sur la sellette. Et l’alerte reste jusqu’au 31 octobre. Pourquoi ? Parce que le moustique Culex, ce petit salopard qui transporte le virus, ne compte pas lâcher l’affaire avant l’hiver.
Pourquoi la Junta joue la montre jusqu’en octobre ?
La réponse est simple : parce que le moustique Culex ne meurt pas avec les premières fraîcheurs. Il s’accroche, pond ses œufs dans les flaques d’eau stagnante, et attend le redoux pour recommencer. Les techniciens de la Junta arpentent les rues avec leurs pièges à moustiques, leurs bombes insecticides et leurs conseils pour vider les gouttières. Mais est-ce que ça suffit ?
Prenez les chiffres : en 2023, l’Andalousie avait enregistré 122 cas humains. Cette année, on en est à 71, mais avec quatre morts, un bilan bien plus lourd que les années précédentes. Le virus circule plus qu’avant, et il frappe plus fort. Pourtant, les autorités parlent de "surveillance renforcée" et de "contrôles ciblés". Traduction : on fait ce qu’on a toujours fait, en espérant que ça passera.
Le vrai problème, c’est l’eau stagnante, et personne ne veut en parler
Vous croyez que les campagnes de prévention marchent ? Essayez de visiter un polígono industriel près de Séville après une pluie. Des bassins d’eau sale, des pneus abandonnés remplis d’eau, des canalisations qui fuient depuis des années. La Junta a bien ses équipes qui passent au détecteur thermique pour repérer les zones à risque. Mais entre le temps qu’ils ont, le nombre de points à vérifier, et le fait que beaucoup de foyers d’eau stagnante sont sur des terrains privés ou des friches, vous voyez le problème ?
Un rapport de l’Institut de Veille Sanitaire de 2022 (oui, il date un peu, mais c’est le dernier qu’on a) montrait que 68 % des foyers de moustiques en Andalousie se situaient à moins de 500 mètres d’un point d’eau artificiel, étangs de décantation, fossés d’irrigation, même les petits ruisseaux créés par les travaux publics. Et devinez quoi ? Personne ne nettoie ça systématiquement. Pourquoi ? Parce que c’est long, cher, et que politiquement, ça ne fait pas de bons titres.
Les 84 ans, les diabétiques et le reste du monde
La victime de La Puebla del Río avait 84 ans. Elle avait aussi un diabète non contrôlé, une hypertension, et probablement une immunité à zéro. Les statistiques le savent : le virus du Nil occidental tue surtout les personnes âgées, les immunodéprimés, ou ceux qui ont déjà un pied dans la tombe (littéralement). Mais cette année, il y a eu des cas graves chez des gens de moins de 50 ans. Des jeunes, en pleine santé, qui se retrouvent à l’hôpital avec une méningite ou une encéphalite. Pourquoi ? Parce que le virus mute. Parce que le moustique s’adapte. Et parce que les mesures de prévention restent les mêmes depuis 20 ans.
La Junta recommande : portez des manches longues le soir, utilisez des moustiquaires, videz les récipients d’eau. Super. Sauf que si vous habitez dans un quartier où les canalisations fuient depuis 10 ans, même avec des manches longues, vous êtes bon pour attraper le virus.
L’alerte jusqu’en octobre, et après ?
Le 31 octobre, la Junta lèvera l’alerte. Les médias passeront à autre chose. Les moustiques, eux, disparaîtront jusqu’au printemps. Mais en 2025 ? En 2026 ? Le virus du Nil occidental n’est pas près de partir. Il est là pour rester, comme la dengue ou le chikungunya ailleurs dans le monde.
Alors soit on se résigne à vivre avec, en priant pour ne pas tomber malade. Soit on se réveille enfin. Soit on arrête de faire semblant de croire que vaporiser un peu d’insecticide et vider les gouttières une fois par an, ça suffit.
Ce qu’il faudrait faire, mais qu’on ne fera pas
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Un plan d’urgence réel : pas des alertes saisonnières, mais une stratégie à long terme pour assécher les zones à risque, comme on l’a fait pour la dengue à La Réunion. Ça coûte cher ? Oui. Mais moins cher qu’un hôpital rempli de patients en réanimation.
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Des campagnes qui parlent aux gens : pas des affiches génériques, mais des messages ciblés. « Vous avez un vieux pneu dans votre jardin ? Le virus du Nil s’y reproduit. On vous aide à le jeter. » Au lieu de ça, on a des slogans lisses qui ne changent rien.
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Une vraie collaboration avec les mairies : parce que les techniciens de la Junta ne peuvent pas tout faire. Il faudrait que les villes assèchent les zones inondables, réparent les canalisations, et contrôlent les terrains abandonnés. Mais qui va payer ? Qui va prendre la responsabilité politique ?
La réalité, c’est que personne ne veut se mouiller
La Junta fait ce qu’elle peut. Les mairies font semblant. Et les citoyens, eux, continuent à vivre comme avant, en espérant ne pas tomber malades. Jusqu’à ce que le prochain 84 ans meure, et que personne ne s’étonne plus.
Parce que voyez, le vrai problème avec le virus du Nil occidental en Andalousie, ce n’est pas le moustique. C’est qu’on a tous compris depuis longtemps que les mesures en place ne suffisent pas. Mais personne n’a envie d’admettre qu’il faut changer de méthode.
Et jusqu’à ce que ça arrive, l’alerte restera rouge. Même après le 31 octobre.