120 000 nouveaux cas par semaine sans tests, le Covid revient en silence

Les suspicions de Covid ne sont plus testées, mais les eaux usées trahissent la réalité : une vague est en route. Pourquoi la campagne de vaccination tarde-t-elle ? Et surtout, qui en paiera le prix ?

Publié le 26 septembre 2026 à 08:13
120 000 nouveaux cas par semaine sans tests, le Covid revient en silence

Le 10 octobre, les laboratoires de l’Assistance Publique, Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont reçu une alerte. Pas un pic de patients, pas une surcharge des urgences, mais un signal bien plus discret : une hausse brutale des fragments viraux dans les eaux usées. Depuis, la tendance ne faiblit pas. À Lyon, Marseille ou Lille, les mêmes courbes montent, lentes, sourdes. Le Covid est de retour. Sauf qu’on ne le voit presque plus. Parce que les tests ne sont plus systématiques. Parce que les gens ne se font plus dépister par réflexe. Parce que les autorités préfèrent surveiller les eaux usées plutôt que les nez qui coulent. Résultat : on sait qu’il y a une vague, mais on ignore encore sa taille exacte.

Pourquoi on ne teste plus personne ?

C’est simple : la France a décidé d’arrêter de dépenser des millions en tests PCR et antigéniques pour des gens asymptomatiques. Officiellement, c’est pour éviter la saturation des laboratoires et privilégier les cas graves. Officieusement, c’est parce que personne ne voulait plus en entendre parler. En 2022, on a testé 10 millions de personnes par semaine au pic. Aujourd’hui ? Moins de 500 000 tests remboursés par mois.

Pourtant, les eaux usées, elles, ne mentent pas. Depuis septembre, le réseau Sewage Surveillance (financé par l’UE et piloté par des chercheurs comme François Balloux à l’Imperial College London) cartographie la circulation du virus en temps réel. À Paris, le niveau de SARS-CoV-2 dans les eaux usées a été multiplié par 5 en un mois. À Bordeaux, c’est +40 % en trois semaines. Mais personne ne panique.

Pourquoi ? Parce que les autorités misent sur l’immunité collective. Sauf que les données de l’Institut Pasteur montrent une baisse nette des anticorps neutralisants chez les plus de 60 ans depuis l’été. Et que les variants récents, comme JN.1, échappent mieux aux vaccins. Bref, on est en train de jouer à la roulette russe avec une arme qu’on maîtrise mal.

La vaccination, ce parent pauvre de la stratégie

En 2023, la France a vacciné 12 millions de personnes contre le Covid. En 2024 ? 3 millions. Trois. Comme si le virus avait disparu. Pourtant, les États-Unis, eux, ont lancé une campagne ciblée sur les plus de 65 ans et les personnes fragiles. Résultat ? Une baisse de 40 % des hospitalisations dans cette tranche d’âge, selon les CDC.

Chez nous, rien. Pas de rappel systématique. Pas de rappel adapté aux nouveaux variants. Juste des stocks de vaccins qui traînent, comme des vieux manteaux oubliés au fond d’un placard. Le gouvernement a même annulé la commande de 10 millions de doses de Moderna prévues pour l’automne.

Pourquoi ce mépris ? Parce que les politiques ont tourné la page. Parce que les médias ont aussi. Parce que le Covid est devenu un sujet gênant : trop technique, trop polarisant, trop peu rentable en audience. Alors on fait semblant d’oublier.

Sauf que le virus, lui, n’oublie pas. Et les eaux usées, si.

Ce que les hôpitaux voient, mais ne disent pas

À l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine, les services de réanimation ont déjà reçu 15 % de patients Covid en plus depuis mi-septembre. Pas de saturation, mais une tendance. À Toulouse, le CHU a alerté début octobre sur une hausse des admissions pour formes graves, surtout chez les non-vaccinés. Pourtant, ces chiffres ne sont jamais cités dans les communiqués officiels.

Pourquoi ce silence ? Parce que reconnaître une résurgence, c’est admettre que les mesures actuelles ne suffisent pas. Que la stratégie du *

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R Galaxie Rédaction

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