La France respire moins bien à la rentrée

Les indicateurs sanitaires grimpent, les masques disparaissent des visages, et personne ne semble s’en inquiéter. Pourtant, derrière les chiffres, une question persiste : et si on sous-estimait encore le danger ?

Publié le 17 septembre 2026 à 22:10
La France respire moins bien à la rentrée

L’hiver qui vient sans prévenir

Le 15 septembre, à Nantes, les urgences du CHU affichaient complet. Pas à cause d’un accident ou d’une épidémie rare, mais parce que les cas de bronchites aiguës avaient doublé en une semaine. Les médecins, épuisés par trois ans de Covid, reconnaissent à voix basse : « On est dans la même merde qu’en 2020, mais sans les mesures. » Pas de confinement, pas de passe sanitaire, juste une hausse des contaminations que personne ne veut nommer.

Santé publique France confirme : les infections respiratoires aiguës (IRA) ont bondi de 40 % depuis la mi-août. Les moins de 15 ans sont les premiers touchés, mais les plus de 65 ans, eux, se font plus discrets. Pourquoi ? Parce que leurs proches ont arrêté de les surveiller. « On a baissé la garde collective », lance un épidémiologiste de l’Inserm sous couvert d’anonymat. « Et maintenant, on paiera l’addition. »

Le chiffre qui cloche

3 200 passages aux urgences pour syndrome grippal la semaine dernière, selon les données de l’Assurance Maladie. Un record depuis 2022. Pourtant, les médias en parlent à peine. Pourquoi ? Parce que le Covid, lui, n’est plus le méchant de l’histoire. On a remplacé la peur du virus par celle des « variants » oubliés, comme si un simple rhume pouvait nous faire oublier trois ans de leçons.

Mais voici le problème : on ne sait même plus compter. Les tests PCR ont chuté de 60 % depuis l’été. Résultat ? Les cas avérés ne représentent plus que 10 % de la réalité. « On est dans le brouillard », résume un virologue de l’Institut Pasteur. « Et ce brouillard, c’est exactement ce qu’il faut pour qu’une vague déferle sans qu’on la voie venir. »

L’hypothèse qui dérange

Et si la rentrée 2024 était le début d’un scénario déjà écrit ? En 2020, les premiers cas avaient surgi en Chine… avant de s’étendre à l’Europe via l’Italie et la France. Aujourd’hui, la Chine rouvre ses frontières, et les voyageurs français reviennent avec des symptômes qu’on ne teste plus. « On a viré les protocoles trop tôt », regrette un ancien cadre de l’Agence régionale de santé. « Maintenant, on va droit dans le mur. »

Le pire ? Les hôpitaux ne sont plus prêts. Les services de réanimation, vidés après la pandémie, peinent à recruter. À Lille, un directeur d’hôpital a prévenu : « On a 30 % de postes vacants. Si ça part en vrille, on sera à genoux. » Personne ne bronche.

Ce que les politiques refusent de dire

Emmanuel Macron a évoqué une « vigilance renforcée » lors de sa dernière allocution. Traduction : on surveillera, mais sans alerter. Pourquoi ? Parce que parler de Covid, c’est risquer des manifestations, des polémiques, des divisions. Alors on fait semblant d’oublier.

Pourtant, les signes sont là. En Corée du Sud, les contaminations ont explosé (+200 % en un mois). Au Japon, les urgences sont saturées. Et nous ? On attend. « On a appris une seule leçon en trois ans », ironise un médecin généraliste. « Le déni, c’est notre nouvelle normalité. »

Le vrai danger : l’indifférence

Le 20 septembre, à Paris, une file d’attente devant un drive de tests PCR s’étirait sur 200 mètres. Personne ne voulait y aller. « À quoi bon ? », a lancé un homme en sortant d’un café. « On a déjà tout vécu. » C’est ça, le vrai problème. On a survécu au pire… mais on a oublié la prudence.

Pourtant, les données sont sans appel : les variants circulent. Les masques ont disparu des pharmacies. Et les vaccins ? On en parle comme d’un accessoire. « On est en train de recommencer les mêmes erreurs », lance un infectiologue. « Sauf que cette fois, on n’a pas de plan B. »

Ce qui nous attend

Pas une vague, non. Pas encore. Mais une remontée lente, sourde, comme un fleuve qui grossit sans qu’on s’en aperçoive. Les enfants toussent dans les écoles. Les grands-parents s’isolent trop tard. Et les politiques ? Ils regardent ailleurs.

La rentrée 2024 ne sera pas celle du retour à la normale. Juste celle où on réalise, trop tard, qu’on a tout oublié.

Le dernier mot

On nous avait promis la fin du Covid. On a eu la fin des masques, des gestes barrières, des discours anxiogènes. Ce qu’on n’a pas eu, c’est la fin du virus. Alors oui, respirez. Mais pas trop fort. Parce que l’hiver, cette année, il souffle déjà dans le dos de tout le monde.

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R Galaxie Rédaction

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