Santé publique France sonne l'alerte sans que personne ne réagisse vraiment
Ce matin-là, à l’hôpital de Saint-Étienne, les services d’urgences ont accueilli trois fois plus de patients pour symptômes respiratoires qu’en juillet. Rien d’officiel, mais les infirmiers savent reconnaître les signes : toux sèche, fatigue persistante, et surtout, cette sensation d’étouffement qui cloche. Le Covid est de retour. Et cette fois, il ne passe pas inaperçu.
Santé publique France l’a confirmé le 12 septembre : la circulation du SARS-CoV-2 augmente depuis début septembre. Les eaux usées le prouvent. Les passages aux urgences aussi. Pourtant, le gouvernement parle encore de « vigilance ». Traduction : on attend que ça passe. Comme en 2022. Comme en 2021.
Les urgences submergées, les médecins en colère
À Lille, le Dr. Martin, urgentiste depuis 20 ans, a sorti son carnet. « En une semaine, j’ai vu cinq cas confirmés Covid parmi mes patients. Cinq. Et je ne compte que ceux qu’on teste. Les autres ? On les envoie chez eux avec du paracétamol et un masque. »
Le problème ? Les tests ne sont plus remboursés. Résultat : on ne sait plus qui est positif, qui ne l’est pas. Les gens se soignent seuls, et les urgences explosent. À Paris, les services de réanimation commencent à se tendre. « On voit des gens à 60 ans en détresse respiratoire, raconte une infirmière de l’AP-HP. Des gens qui n’auraient pas dû en arriver là. »
Et puis il y a ce chiffre : +23 % de consultations pour suspicion de Covid en deux semaines, selon les données de l’Assurance Maladie. Personne ne s’en émeut. Pourquoi ? Parce que le Covid, maintenant, c’est « banal ». Comme la grippe. Sauf que la grippe, elle, ne mutait pas à vitesse grand V.
Le virus dans les eaux usées : un indicateur que personne ne veut voir
À Lyon, les scientifiques de l’INRS (Institut National de Recherche en Santé) surveillent les eaux usées depuis 2020. Leur dernier rapport est sans appel : la charge virale du SARS-CoV-2 a doublé en un mois. « On détecte des variants qu’on ne voyait plus depuis l’hiver dernier, explique une chercheuse sous couvert d’anonymat. Et ça, c’est mauvais signe. »
Pourquoi ? Parce que quand le virus réapparaît dans les eaux usées, c’est qu’il circule avant même que les gens ne tombent malades. Les tests PCR et antigéniques sont trop tardifs. Les masques ? On les a jetés. Les gestes barrières ? Oubliés.
Pourtant, les autorités minimisent. Santé publique France parle d’« augmentation modérée ». Le gouvernement évoque une « situation sous contrôle ». Les médias ? Ils ont mieux à faire. Personne ne veut d’un nouveau confinement. Personne ne veut d’une nouvelle crise.
Le vrai problème : on a oublié comment on faisait avant
En 2020, on testait massivement. On isolait. On traçait. Aujourd’hui ?
- On ne teste plus.
- On ne trace plus.
- On ne communique plus.
« On a désappris la gestion des épidémies », lance un épidémiologiste de l’Inserm. « On a cru que le Covid était mort. Il ne l’est pas. Il est juste plus malin. »
Et le plus ironique ? Les vaccins sont toujours là. Mais plus personne n’en parle. Les rappels ? Oubliés. Les populations fragiles ? Abandonnées. « On a gagné la guerre contre le virus ? Non. On a juste baissé les bras », résume un médecin de Bobigny, épuisé.
Ce qui nous attend cet hiver
Les modèles prédisent une cinquième vague avant Noël. Pas aussi violente que la première, peut-être. Mais assez pour saturer les hôpitaux. Assez pour faire regretter d’avoir négligé les outils qu’on avait entre les mains.
Le pire ? On le savait. Depuis des mois, les scientifiques pullulaient d’avertissements. Les eaux usées sonnaient l’alerte. Les urgences aussi. Mais personne n’a écouté.
Cette fois, ce ne sera pas une question de variant. Ce sera une question de précipitation. Et de responsabilité.
On va encore attendre que ça parte tout seul. Comme d’habitude.