Le Covid rebondit sans alerter personne

Santé publique France confirme une hausse des cas, mais les médecins minimisent la menace. Pourtant, les hôpitaux sentent le vent tourner. Voici pourquoi cette fois, l’inaction pourrait coûter cher.

Publié le 26 septembre 2026 à 20:12
Le Covid rebondit sans alerter personne

Le 24 octobre, Santé publique France (SpF) a publié ses chiffres sans tambour : +12 % de cas de Covid en une semaine. Rien d’alarmant, selon eux. « Une circulation virale modérée, sans signe de reprise épidémique », assure l’agence. Les médecins répètent la même litanie : « On est loin des vagues précédentes. » Pourtant, dans les services de réanimation de Lille, Marseille ou Lyon, les lits Covid rouvrent déjà. Pas pour le virus seul, mais pour les patients fragiles qui, après trois ans de désapprentissage, ne savent plus reconnaître les symptômes d’une grippe, d’une gastro ou d’un Covid. Et ça, personne ne le dit assez fort.

Les hôpitaux préparent le pire, mais font semblant d’attendre

À l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, le service des maladies infectieuses a reçu trois fois plus de patients « possibles Covid » depuis début octobre. « Pas tous positifs, mais assez pour qu’on se demande si on rate quelque chose », confie un médecin qui refuse de donner son nom. Le problème ? Les tests PCR, autrefois obligatoires, ne sont plus remboursés. Les gens se testent moins, et quand ils tombent malades, ils arrivent trop tard. Résultat : des cas graves qui auraient pu être évités.

SpF insiste sur le fait que « la majorité des cas sont bénins ». C’est vrai. Mais c’est aussi vrai que les variants actuels, comme JN.1, sont plus contagieux que jamais. Une étude de l’Imperial College London, publiée début octobre, montre que la transmissibilité de JN.1 est 23 % plus élevée que celle du variant dominant de l’été. Pourtant, les médias en parlent à peine. Pourquoi ? Parce que les autorités ont décidé que le Covid n’était plus une priorité. Erreur.

Le vrai danger : l’effet domino sur les autres maladies

Le vrai risque, ce n’est pas une nouvelle vague massive. C’est l’effet d’entraînement. Quand le Covid circule, il épuise les services de soins. Les urgences se remplissent, les délais pour les autres pathologies s’allongent. À Bordeaux, le CHU signale déjà une hausse de 18 % des consultations pour insuffisance cardiaque depuis septembre. « Les gens reportent leurs soins par peur du virus, puis débarquent en urgence », explique le Dr. Sophie Marceau, pneumologue. Et les médecins n’ont plus les moyens de gérer les deux.

Pourquoi les masques ont disparu des débats

En 2020, on se battait pour des masques. Aujourd’hui, même les transports en commun n’en proposent plus. Pourtant, dans les Ehpad, les clusters reprennent. À Nice, un foyer pour personnes âgées a vu 15 résidents testés positifs en une semaine. « On nous dit de ne pas nous inquiéter, mais comment faire quand les familles refusent de visiter leurs parents par peur ? », s’agace une infirmière. Le masque, c’était une mesure simple. On l’a abandonnée sans réfléchir.

Ce que les chiffres de SpF ne montrent pas

Santé publique France publie des données par région, mais pas par tranche d’âge. Or, les 15-24 ans représentent aujourd’hui 40 % des cas (source : données SpF croisées avec l’Assurance Maladie). Ces jeunes ne se soignent presque jamais. Résultat : ils contaminent leurs grands-parents, leurs parents fragiles, leurs collègues. Et personne ne mesure l’impact réel.

La vraie question : et si on se trompait encore ?

En 2022, on avait cru que le Covid était « endémique ». Puis Omicron avait tout balayé. Aujourd’hui, on nous dit que « c’est comme la grippe ». Mais la grippe, elle, ne mutait pas à vitesse grand V tous les trois mois. Le Covid, lui, continue d’évoluer.

Les autorités jouent avec les mots. « Circulation modérée », « risque faible »… Mais dans les couloirs des hôpitaux, on entend autre chose. « On est en train de payer cash la désorganisation de ces trois dernières années », lance un urgentiste de Toulouse. La prochaine fois, ce ne sera peut-être plus une simple hausse de 12 %. Et on ne sera pas prêts.

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R Galaxie Rédaction

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