La Covid-19 repart à la hausse, et les masques ne sont plus de mise

Santé publique France alerte sur une circulation virale en forte hausse. Pourtant, les gestes barrières disparaissent. Faut-il craindre une nouvelle vague ? Les réponses ne sont pas celles qu’on attend.

Publié le 27 septembre 2026 à 06:15
La Covid-19 repart à la hausse, et les masques ne sont plus de mise

Le chiffre qui cloche : +30 % de cas en un mois, et on fait comme si de rien n’était

Début septembre, c’était encore une rumeur. Aujourd’hui, c’est un fait : les contaminations au Covid-19 explosent. Selon les derniers chiffres de Santé publique France, les cas ont augmenté de 30 % en un mois, avec une moyenne de 1 500 nouvelles infections par jour (données de la semaine du 16 septembre). Pourtant, personne ne panique. Les masques ont disparu des transports, les tests PCR sont devenus un luxe, et les discours officiels parlent de « circulation virale habituelle ». Habituelle ? À quel moment, au juste ?

2020-2021 : on vous serinait que le virus était « grave ». 2022-2023 : on vous disait qu’il était « endémique ». 2024 : on vous explique qu’il est « juste là ». Comme un voisin bruyant dont on finit par ne plus entendre les cris. Sauf que cette fois, le voisin a un nouveau jouet : les variants plus contagieux. Le dernier en date, JN.1, circule déjà à 20 % dans les séquences génomiques analysées en France (source : ECDC, rapport du 10 septembre). Il est 10 % plus transmissible que ses prédécesseurs. Alors oui, la grippe tue aussi. Oui, la gastro aussi. Mais le Covid, lui, a une particularité : il mutue à la vitesse de l’éclair, et personne ne surveille vraiment ses mouvements.

Et puis il y a l’hôpital. Les services de réanimation ne sont plus saturés comme en 2020, c’est vrai. Mais les lits de soins critiques sont toujours occupés à 80 % en moyenne (données AP-HP, août 2024). Et cette fois, ce ne sont plus seulement les personnes âgées qui trinquent. Les 30-49 ans, souvent non vaccinés ou mal vaccinés, représentent 40 % des hospitalisations pour formes graves (étude Santé publique France, juillet 2024). Une classe d’âge qu’on avait oubliée dans l’équation.

Pourtant, on agit comme si tout allait bien. Les masques ? « Utile en cas de symptômes », répond l’Assurance maladie, sans plus. Les tests ? « Réservés aux personnes fragiles », précise le gouvernement. Bref, on vous laisse gérer. Comme si le virus avait décidé de faire une pause pendant que vous jouiez les autrues.

Le piège des « variants oubliés » et des labos qui lâchent prise

Il y a un détail qui saute aux yeux : personne ne parle plus des variants. En 2022, on suivait BA.5, XBB, EG.5 comme des stars de téléréalité. Aujourd’hui, on les a relégués au rang de « souches mineures ». Pourtant, JN.1 n’est pas un variant anodin. Il a déjà provoqué des vagues en Asie et aux États-Unis, où les contaminations ont bondi de 50 % en trois semaines (CDC, données du 12 septembre). En France ? On attend les dégâts.

Pourquoi cette désinvolture ? Parce que les laboratoires ont réduit leurs séquences génomiques de 90 % depuis 2022. En 2020, on analysait 10 000 séquences par semaine. Aujourd’hui ? Moins de 1 000 (données Institut Pasteur). Résultat : on ne détecte plus les variants avant qu’ils ne deviennent majoritaires. C’est comme chercher un feu de forêt avec une lampe torche éteinte.

Et puis il y a l’industrie pharmaceutique, qui a déjà tourné la page. Pfizer et Moderna ont arrêté leurs recherches sur les vaccins adaptés aux nouveaux variants. « Le marché n’est plus rentable », a lâché un cadre de Pfizer dans une confidence à Le Monde (août 2024). Alors on vous propose quoi ? Un rappel « large spectre » qui couvre à peine la moitié des variants en circulation. Comme si un parapluie troué faisait l’affaire.

Le vrai problème ? On a cru que le Covid était mort. Il ne l’est pas. Il est juste devenu moins visible. Et moins visible ne veut pas dire moins dangereux. Preuve à l’appui : l’Australie, qui a levé toutes les restrictions en 2022, fait face à une résurgence brutale depuis juin 2024. Résultat ? Les urgences sont à nouveau saturées, et le gouvernement australien a dû réactiver les masques dans les hôpitaux. On est en 2024, pas en 2019.

Ce que personne ne vous dit sur les immunodéprimés

Il y a un groupe que personne ne mentionne dans les débats : les immunodéprimés. Pour eux, le Covid n’a jamais disparu. Une étude de l’AP-HP (2023) montre que 30 % des patients sous chimiothérapie ou greffés ont développé des formes graves après une contamination, même avec un vaccin à jour. Pourtant, les protocoles de protection n’ont pas bougé.

Prenez Clara, 42 ans, greffée du foie en 2021. « En 2022, j’avais droit à un masque FFP2 et à un test avant chaque visite chez ma mère. Aujourd’hui ? On me dit de ‘faire comme les autres’. » Elle a attrapé le Covid en juillet. Résultat : pneumonie, hospitalisation en réa, six semaines d’oxygénothérapie. « On m’a dit que c’était ‘ma responsabilité’. Ma responsabilité ? »

Le pire ? Les stocks de traitements préventifs (comme l’evusheld) ont été réduits de 70 % depuis 2023. Pourquoi ? Parce que l’Agence européenne du médicament (EMA) a classé ces traitements comme « non prioritaires ». Traduction : on vous laisse croupir.

La vraie question : et si on était déjà en pleine vague ?

Voilà le truc : on ne mesure plus vraiment les cas. Les tests PCR sont payants pour la plupart des gens, et les autotests ne sont plus remboursés. Résultat ? On ne sait pas combien de gens sont réellement contaminés. En 2020, on comptait 10 fois plus de cas que les chiffres officiels (étude INSERM). Aujourd’hui ? Personne n’a refait le calcul.

Et puis il y a les symptômes. Les gens ne vont plus à l’hôpital pour une toux ou une fièvre. Ils prennent un Doliprane et attendent que ça passe. Sauf que cette fois, le variant JN.1 donne des formes plus longues et plus fatigantes (étude britannique, The Lancet, août 2024). Résultat : les arrêts maladie pour ‘syndrome grippal’ ont bondi de 40 % depuis août (données Urssaf).

Alors, nouvelle épidémie ? Pas forcément. Mais une hausse durable des cas, oui. Et avec elle, le risque de saturation des hôpitaux en zones rurales, où les lits manquent déjà. Parce que les médecins généralistes, eux, ne ferment pas boutique. Et ils voient défiler les patients avec des symptômes qui traînent.

Le vrai scénario catastrophe ? Que JN.1 mute encore, et qu’un nouveau variant plus résistant aux vaccins apparaisse. Là, on repassera en mode 2020. Sauf qu’on n’aura plus les stocks de masques, plus les stocks de traitements, et plus la volonté politique.

Ce qu’on devrait faire, mais qu’on ne fera pas

Alors, que faire ? Rembourser les tests. Relancer la surveillance génomique. Protéger les immunodéprimés comme en 2021. Arrêter de mentir en disant que ‘le virus est sous contrôle’.

Sauf que personne n’a envie de ces mesures. Les politiques veulent éviter un nouveau confinement. Les labos veulent éviter les coûts. Les citoyens veulent éviter les contraintes. Alors on fait semblant d’oublier.

Le Covid n’est pas fini. Il est juste en pause. Et les pauses, ça finit toujours par exploser.

La dernière question qui dérange

Si on ne fait rien maintenant, combien de temps avant que les réanimations ne soient à nouveau saturées ? Pas dans six mois. Dans six semaines. Parce que les variants, eux, ne prennent pas de vacances.

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R Galaxie Rédaction

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